« Le grand ! » Daniel Gindraux, 2002, roman policier, chapitre 3.

CHAPITRE 3

A Chambéry, quand le train ralentit, Marius se releva. La fille le recopia. Elle rangea ses magazines dans son sac. Quand le train s'arrêta, le couple descendit sur les quais.
- On fait quoi maintenant ?
Jeanne osa s'adresser au grand homme. Mais celui-ci ne baissa pas sa tête.
- Ben je crois qu'on va se laisser !
- Ah oui !
- Ben oui !
Certes un peu triste, elle tenta de lui prendre la main, mais il refusa gentiment.
- Passes-moi tes coordonnées, je te téléphonerai.
Nous ne dirons pas que la fille en était presque à pleurer, mais elle en était très proche. Elle sortit néanmoins un papier et un stylo de son sac, y inscrit son nom, et le lui transmit.
En ramassant le papier, Marius continua à regarder au loin, du côté de la gare.
- Bien ! Je vais te laisser maintenant ! J'ai une course à faire.
- Oui !
- Et oui !
Comme la fille ne voulait pas s’en aller, Marius reprit gentiment …
- Allez ! Va-t-en ! J'ai ton adresse. Je te téléphonerai.
Mais la fille hésitait toujours …
- Allez va-t-en ! Je te dis !
Encore une hésitation. Un relent d'amertume. Marius se remit à marcher. Quelques pas qui laissèrent la fille en reste. Elle ne pouvait plus rien prononcer. Vint ensuite des pas plus fermes afin de prendre de la distance.
Une démarche assidue, prétentieuse, et arrivé proche de l'escalier, il se retourna. La fille le suivait, mais elle ne le regardait plus, alors il s'enfonça dans l’embouchure …
Certes, la fille en était presque à pleurer, mais Marius n'eut aucun regret. Il la regarda jusqu'à ce qu'elle disparaisse, longea le sous-vois jusqu’au prochain quai, remonta, et à nouveau sur les quais, il baissa sa tête sur une femme se situant à un mètre de lui.
- Bonjour Madame ! Excusez-moi ! Vous savez où va ce train ?
La femme l'attendait. Elle l’avait aperçu. Elle regardait les rails, Marius regardait de l'autre côté. Une femme de quarante ans, très distinguée, une valise à ses pieds, et quarante centimètres de moins que lui.
Elle leva sa tête.
- Il va à Paris !
Paris ! Marius se redressa.
- A Paris ?
- Oui !
- Et c'est le T.G.V. ?
- Oui !
Il sourit gracieusement.
- Ben alors, allons à Paris tous les deux ! En amoureux !
La femme en avait vu d'autres, mais face à cette masse si impressionnante, elle ne put s'empêcher de sourire.
Marius, en remarquant la petite flamme éblouir son cœur, se posta franchement au-dessus d’elle et reprit.
- Moi c'est Marius !
- Moi je m'appelle Jenny !
Ils se serrèrent la main …
Vinrent plusieurs questions-réponses sans importances. Le temps de bavarder. De raconter leurs vies. Vivre.
Cinq minutes plus tard, le train arrivait à quai.
Quand les portes s'ouvrirent, la femme souleva sa valise. Elle comptait le laisser, mais Marius prit les devants et empoigna sa valise.
- Laissez ! Je vais la porter.
La femme fut un peu gênée. Elle désira lui dire non, mais elle n'osa pas.
- Ben merci !
- Marius !
- Pardon ?
- Merci Marius !
Un second sourire de la femme …

Une minute plus tard le couple pénétrait dans le wagon. La femme chercha sa place réservée, et quand il la vit s'arrêter, Marius rangea sa valise au-dessus de sa tête.
Une générosité obligeant Jenny à avoir un peu honte d'elle. Elle le regardait faire sans rien oser lui reprocher.
Comme elle avait réservé, elle s'assit ensuite au bord de la fenêtre. Une prouesse en espérant autre chose que de le revoir. Mais ce ne fut pas le cas, Marius enleva sa veste, la déposa au-dessus de sa tête, et s'assit à côté d'elle.
- Je ne vous dérange au moins pas ?
La femme se sentait prise au piège.
- Non pas du tout ! Au contraire !

**

A midi Fasi quittait son poste de travaille. Il revint chez lui à pied. L’immeuble était cossu, habité par des gens bien. Fasi habitait au dernier étage. L’étage des chambres de bonnes. Des chambres transformées en petits appartements pour célibataire.
Il commença par consulter sa boite à lettre. Sa mère n’avait pas écrit. Il marcha ensuite vers l’ascenseur. Une femme attendait. Ils se saluèrent. L’usage de la maison. La fille venait d’emménager juste à côté de son appartement. Il ne la connaissait pas encore. Ce jour devait être le grand jour.
Dans l’ascenseur, Fasi pouvait la regarder de face. Une jolie fille ! Elle était brune, de grandeur moyenne. Elle semblait aussi sourire à volonté.
Un peu gargarisé par la beauté imminente, Fasi n’osait pas prendre la parole. Cette fille lui disait quelque chose. Il l’avait déjà vu quelque part. Il ne s’en souvenait plus. Elle était certes trop petite pour être mannequin, mais son intuition lui faisait penser à une jeune actrice de seconds rôles ou de séries.
Il n’osait pas lui demander.
L’ascenseur arriva à son terme, au dernier étage. Les deux êtres sortirent. La fille marcha jusqu’à sa porte d’appartement. Elle enfonça sa clef dans la serrure. Fasi devait faire pareil juste à côté, alors la fille intervint.
- Je m’appelle Eléonore ! Je suis votre nouvelle voisine de palier.
- Enchanté ! Je m’appelle Fasi.
La fille ouvrait sa porte.
- Excusez-moi mademoiselle ! Mais je crois que je vous ai reconnu.
- Oui ! Et vous m’avez trouvé comment ? Bien ?
L’homme devenait timide. Son état d’esprit ressurgit. Normalement il ne causait jamais aux femmes, mis à part à ses collègues. Mais ce jour-là, la fille entreprit la manœuvre, donc Fasi n’avait pas le choix.
- Oui ! Je vous ai trouvé très bien. Très séduisante !
- Bandante j’espère ?
Fasi devint de plus en plus gêné. Vraiment timide.
- Oui !
- Et vous avez loué ou acheté une cassette ?
Fasi venait d’un milieu modeste, mais malgré tout, personne n’osait s’attaquer à lui en s’avançant avec ce genre de propos. L’homme était comme tout le monde, ses petites faiblesses le rendaient humain.
- J’en ai regardé une, il y a longtemps.
- C’est bien ! Bonsoir alors !
- Bonsoir !
Ils se quittèrent.
Fasi devait préparer son petit-déjeuner. Son frigo et sa télévision l’attendaient. En principe il se déchaussait, mais il fonça sans attendre vers son armoire de salon. Il consulta ses cassettes vidéo. L’homme avait tout classé. Au milieu de la pile, il retira son exemplaire. Un film.
Quelques minutes plus tard il regardait le film. Il avança la pellicule rapidement jusqu’au point critique. La scène débutait. Deux hommes déshabillaient Eléonore. Le décor semblait rustique, un salon d’appartement.

**

Quand le contrôleur passa dans les rangs, Marius le paya. Un petit discours superlatif afin de lui faire comprendre qu'il n'avait pas eu le temps d'acheter son ticket à la gare.
Il quémanda aussi pour réserver cette place précise jusqu'à Paris. Elle était libre, alors il paya …
Dix minutes plus tard, la femme s'excusa. Elle comptait prendre son déjeuner au bar, et comme ses affaires étaient au-dessus d'elle, il l'autorisa …
Seul, il ferma les yeux et s'endormit. La femme le réveilla alors que le train était arrêté. Nous étions arrivés à Lyon.
Petite souplesse pour la laisser passer, et les deux êtres se remirent à discuter. Elle lui expliqua sa jeunesse, son mariage et son divorce. Une heure de plaidoirie, et l'homme s'endormit à nouveau. La femme le laissa dans ses songes, et près de Paris, alors que la plupart des passagers s'étaient déjà levés et attendaient l'arrêt définitif, elle le réveilla.
Marius ne rêvait pas, mais la secousse tressaillit sa raison. Il se frotta les yeux, et en se rendant compte qu'on était arrivé, il s'exprima :
- C'est la première fois que je monte à Paris !
- Oui !
La femme voulait se défaire de ce jeune homme, mais sa forte présence l'oppressait.
- Et vous ?
- Ben je vous l'ai dit, j'habite à Paris.
- Un appartement ?
- Oui !
Marius figeait ses yeux sur la dame.
- Ben offrez-moi la nuit ! … Je n'ai pas encore d'hôtel.
Certes offusquée, et aussi serrée dans son coin, elle devint indubitablement timide. Car que lui répondre ? Tenter ou l'éviter ? Vivre et l'inviter ? Ou refuser et s'enfuir ? Une décision était à prendre, car l'homme reflétait un charme vraiment intéressant.
- Ben … je ne sais pas !
Marius la regardait toujours.
Le train venait de s’arrêter et les passagers commençaient à bouger. Elle hésita encore un peu, et il reprit.
- Faites-moi plaisir. Dites oui !
Encore une hésitation, des yeux de chats, quelques rides, et une taille de guêpe.
- Ben … si vous insistez !
Comme la femme avait baissé ses yeux en répondant, Marius s'approcha gentiment de ses lèvres et l'embrassa …

Cinq minutes plus tard ils traversèrent le hall de la gare de Lyon. Un grand hall d'une grande ville !
Dehors, ils montèrent dans un taxi. Sur le siège arrière, la femme se rapprocha de Marius pendant qu'il regardait comment la ville était faite.
Une avenue, et la Seine. Un émerveillement ! L'église Notre-Dame au loin. Les ponts, et bientôt Montparnasse …
Enfoncés dans les embouteillages, Marius la serra contre son thorax. Elle ne disait rien. Refusait d'y répondre. Un nouveau couple, uni, et Paris.
Au quartier de Montparnasse, le taxi bifurqua vers le sud. Des embouteillages, et quelques minutes plus tard, il tourna dans une petite rue. Un quartier paraissant calme. La voiture longea ensuite la rue sur deux cent mètres, et s'arrêta en face d'un immeuble ressemblant à Paris.

Pendant que Marius allait chercher la valise dans le coffre, elle paya. Ils se retrouvèrent sur la rue, et en face de la maison. Un petit couple heureux. Elle l'embrassa pendant que le taxi s’éloignait, et ils pénétrèrent dans le vestibule.
Une maison de classe moyenne, pour des gens moyens.
Devant les boîtes à lettres, elle le laissa et recueillit son courrier. Elle l'invita ensuite à prendre l'ascenseur. Ils montèrent jusqu'au cinquième. Elle ouvrit la porte et lui présenta son appartement. Un grand salon comme base de recherche, une cuisine et deux chambres à coucher.
Comme elle avait beaucoup à faire, elle le laissa s'installer. Marius en profita pour explorer un peu les accommodations du salon. Il s'assit sur le grand fauteuil central. La télévision était disposée en face de lui, alors il ramassa la télécommande et commença à zapper …

Elle revint dix minutes plus tard avec une bouteille de champagne. Marius s'apprêtait à s'endormir. Elle l'embrassa. Elle ouvrit la bouteille, et il burent chacun un verre en se regardant dans les yeux.
Au second verre, ils se rapprochèrent un peu plus. Ils s'embrassèrent. Deux corps s'agrippant, se cherchant et s'empoignant. La télévision diffusait des clips. La chaleur grippait. L'ambiance rêvée …
Vint le troisième verre. Là, Marius lui enleva la chemise et lui caressa les jambes. La femme se laissait faire. Elle commençait à le faire bander. De petites touches capricieuses. Des attouchements. Des mains cherchant les parties du corps les plus intéressantes.
Le troisième verre terminé, ils les déposèrent sur la table, et Marius lui enleva son slip. Il la coucha sur le fauteuil, et ils commencèrent à réellement s'embrasser …

**

L’après-midi Fasi pensa à Eléonore. L’homme n’avait jamais eu réellement de petites copines. Sa voisine tournait dans des films pornographiques. Elle était mignonne et elle semblait appréciable. Hier il la prenait en témoin dans une scène de film. Il témoigna aussi le fait qu’une femme puisse entreprendre beaucoup de choses dans un lit.
A la pause de quatre heure, il retrouvait Claire et Berger vers l’automate à boisson. Fasi avait prit ses habitudes auprès de ces deux jeunes filles. Au préambule elles comptaient l’éviter, mais avec le temps elles durent s’y résoudre. Fasi n’était certes pas méchant, mais son état civil indiquait clairement son envie de dénicher une âme esseulée parmi ces dames.
On comptait plusieurs couples au sein de l’entreprise.
Claire était blonde et Berger était brune. Elles approchaient la trentaine. Elles sortaient en boites relativement souvent. Claire vivait avec un ami et Berger changeait souvent d’amoureux. Elles avaient invité Fasi une seule fois en boites de nuit. Ce soir-là Fasi n’avait pas insisté, mais la soirée annuelle d’entreprise, cette année là, ne se ressoudait pas un échec. Les employées quittèrent rapidement le restaurant et un énorme concours de circonstances obligea les deux femmes à inviter Fasi à aller voir ailleurs.
Quand Fasi se servait d’un café, les deux femmes entamaient leur discussion. Depuis le temps elles avaient prit le pli et causaient de tous même en la présence de Fasi.
Claire …
- Tu sais ce qu’il a osé me dire ! Les femmes doivent servir les hommes. Donc au lit il ne s’emmerde pas. Il décide des positions et il décide quand on change.
- Oui ! Et il te prend par derrière aussi ?
- En plus il aime cela !
- Alors c’est comme le mien hier soir ! J’ai rencontré le type dans un club latino. Je l’invite chez moi, nous buvons un verre et nous passons dans ma chambre. Il me déshabille, je me couche. Et qu’est ce qu’il me demande ? De me prendre directement par derrière. Gonflé le type !
- Oui ! Gonflé le type !
Fasi les écoutait passivement. Il se sentait souvent seul ! Claire voulait le faire participer.
- Enfin ! Ces hommes ! De plus en plus gonflés !
Elle se retournait vers Fasi.
- Toi, tu as de la chance de vivre seul. Tu es libre. Nous, avec nos hommes !

**

Deux heures après, Jenny se relevait. Elle retourna à la cuisine pendant que Marius se consolait avec la télévision.
Quand elle revint, il s'était endormi. Alors elle le laissa, et certes ne tenta pas de la réveiller …

Marius dormit durant six heures, quand il se réveilla, nous étions au milieu de la nuit. La télévision diffusait des histoires Naturelles. Il devait être quatre heure du matin, peut-être cinq. Derrière la fenêtre, les néons éclairaient la route. Un silence feutré, pas un bruit, la nuit.
Jenny avait laissé la lampe de chevet allumée. Elle éclairait la chambre. Une ambiance feutrée afin de garder la suspicion de l'amour au sein des meubles.
Comme elle n'était pas là, Marius se retourna vers la cuisine, mais la lumière était éteinte. Elle n'était pas à la cuisine, et comme il comptait savoir où elle se trouvait, il se leva et marcha jusqu'à la chambre. Là, la lumière était éteinte, mais il aperçut son corps dans le lit. Elle dormait.
Au départ, il ne comptait pas la réveiller, mais il s'approcha néanmoins. Il vint s'asseoir à côté d'elle et s’éprit à la regarder. Elle dormait comme un enfant. Elle devait rêver.
Marius était en slip, il hésitait à vouloir recommencer. Une réticence envers un acte qu'il avait des centaines de fois pratiquée. Un acte prospère pour sa personne, car beaucoup de filles en ce monde désiraient le pratiquer avec lui. Sa grandeur, deux mètres zéro deux, ses muscles et son visage angélique.
La femme ne bougeait pas. Elle semblait satisfaite. Satisfaite d'avoir bien baisé. Un beau jeune homme. Le rêve !
Comme son visage était proche de lui, il approcha sa main et la caressa. Une larme de magnificence. Un besoin de pudeur.
En ressentant ces caresses couvrir sa peau, elle mugit un peu. Quelques prouesses dans le cœur. De la dentelle, et à force, gentiment, elle ouvrit ses yeux vers lui.
- T'as l'air de bien dormir.
Marius parlait à mi-voix.
- Il est quelle heure ?
- L'heure de m'en aller.
- Oui … ?
Elle ne comptait pas se réveiller.
- Et tu comptes aller où ?
Marius la regardait toujours sagement, et comme il ne comptait pas lui répondre, il reprit en changeant de sujet.
- Tu sais que tu as de la chance. Ils nous ont vus ensemble dans le train et le chauffeur du taxi nous a aussi vus.
- Ah ! Et pourquoi ? T’as honte de moi ?
- Non pas du tout ! Je te le dis juste, tu as de chance. C'est tout !
Marius avait enlevé sa main de ces joues et se relevait. La femme comptait toujours dormir.
- Tu sais ! A mon âge, avoir honte. Ce problème n'a pas beaucoup d'importance.
- Pour moi non plus !
Marius était debout.
- Mais je te dis juste, tu as de la chance. Tu as bien baisé, et c'est tant mieux pour toi !
- Ah bon !
Marius marchait vers la porte.
- Oui tu as de chance ! Je te le dis franchement.
- Ah !
La femme tentait de s’endormir. Pour ne pas faire d'esclandre, Marius sortit de la pièce. Il retourna vers ses affaires et s'habilla.
Quelques minutes plus tard, sa dégaine était à nouveau prête. Afin de ne rien oublier, il contrôla autours de lui. Des gestes prompts, sûrs et rapides. Mais il n’oubliait jamais rien.
Une minute plus tard il marchait jusqu'à la porte et sortait de l'appartement.
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# Posté le vendredi 13 octobre 2006 14:01

« Le grand ! » Daniel Gindraux, 2002, roman policier, chapitre 2.

« Le grand ! »    Daniel Gindraux, 2002, roman policier, chapitre 2.
CHAPITRE 2

Le matin … enfin le matin, quatre heures après. Vers dix heure, les deux êtres prirent leur douche ensemble. De petits frétillements, de petits attouchements. Ils en ressortaient vingt minutes plus tard.
En s'habillant, la fille, qui ne savait toujours pas à qui elle avait vraiment à faire, intervint.
- Tu as envie qu'on se revoie ?
Marius avait presque finit de s'habiller …
- Donnes - moi ton adresse et ton numéro de téléphone. Je t'appellerai !
La fille était assise sur le lit. Elle enfilait sa robe. Elle sortit ensuite un bout de papier et un stylo de son sac à main. Elle inscrit ses coordonnés, et le lui tendit.
Marius s'approcha et ramassa le billet. Il lut l'adresse, et enfila le bout de papier dans son porte-monnaie.

Cinq minutes plus tard, les deux êtres retrouvèrent le hall d'entrée. Vanessa rendit la clef. Ils sortirent, et face au jour et à l’encontre d’une température qui avait légèrement augmenté, Marius se retourna vers la fille.
- Ben voilà ! Il me semble que l'on s'est tout dit !
La fille avait peut-être vingt ans. Un petit charme discret. Elle se tenait le col afin de ne pas attraper froid.
- Oui je crois aussi ! Mais j'espère vraiment te revoir un jour !
Afin de ne pas renouer, Marius évita de l'embrasser.
- On se reverra ! … Fais-moi confiance !
Dès ses mots dits, il commença à s'éloigner. Sur les dix premiers mètres, il la regardait toujours, puis il se retourna complètement. Une démarche toujours limpide. Une nouvelle aventure. L'avenue l’emmenait. La gare n'était qu'à trois cents mètres, et son envie était bien d'aller faire un tour du côté des rails de chemin de fer.

**

Fasi naissait vingt-six ans auparavant. A l’âge de vingt et un ans, la société lui décernait un diplôme de commerce. A l’âge de vingt-deux ans il quittait son cocon familial. A la gare de Narbonne, sa mère pleura son départ. Fasi montait à Paris afin de vivre sa vie. Une société spécialisée dans le commerce international acceptait de l’engager. La société était basée dans le quartier de la défense. Elle louait cinq étages dans une tour et employait deux-cent personnes.
Fasi commençait en tant que consultant. Après quatre ans de bons et loyaux services, il travaillait toujours en tant que consultant. Il ne s’en plaignait pas, il avait déniché un appartement de deux pièces aux Ternes, proche de son travail, et depuis le temps, il avait réussi à prendre ses marques dans les couloirs de la société. Quelques bedeaux devenaient ses amis. Fasi tentait aussi d’assouvir ses passions. Le bowling devenait son sport favori. Un célibataire comme tant d’autres.
Ce matin il se réveillait. Il se doucha et s’habilla. Vingt minutes plus tard il sortait de l’immeuble. Il ingurgita son café dans le bar du coin de la rue. Le parton le connaissait. Ce petit môme à l’allure de fonctionnaire avait prit ses habitudes. Il commandait son café, buvait, payait et se retirait. Son bureau l’attendait à neuf heures précises et Fasi n’était jamais arrivé en retard.

**

Il entra dans le hall de la gare et fonça directement au buffet. Un petit café servi bien chaud. Un regard capricieux. Quelques femmes déambulant sur les quais, qu'il pouvait apercevoir derrière les vitres, et le reste se résolvait à une attente.
Le serveur, devant lui, ne semblait pas trop pressé. Quelques tasses à nettoyer. La routine …
L'ambiance, elle, dans ce bar ouvert, paraissait couverte d'un interminable silence. Marius passa des quais au hall. Des passants, encore des passants, et des gens patientant l’arrivée des trains.
Remuant sa cuillère dans sa tasse, et après avoir baisé pendant quatre heures, rien ne lui disait. De l'amertume dans son cœur … Mais à force de visionner, il lâcha subitement sa cuillère. Celle-ci retomba sans conséquences dans la tasse, et comme une fille venait de lui taper à l’œil, il redressa son dos.
La fille était un peu grassouillette. Elle regardait le panneau d'affichage et cherchait l'heure de départ de son train.
En l'apercevant rechercher son chemin, Marius n'hésita pas et sortit du bar. La fille venait de reprendre sa route vers le passage menant aux quais.
En déambulant rapidement, Marius la suivit. Il l'aperçut tourner vers le sous-voie pendant qu'il arrivait au pied de la descente … Toujours décidé, il continua, pénétra dans le sous-voie pendant qu'elle en était à l'embouchure des marches menant au quai deux et trois. Un petit trottinement afin de ne pas courir. Une approche relative, et quand elle arriva au pied du passage menant aux quais quatre et cinq, il l'intercepta.
- Salut !
La fille se retourna et fut directement impressionnée par sa grandeur.
- Je vous demande pardon ! … Vous désirez ?
- Je te dis juste salut !
La fille devait mesurer bien quarante centimètres de moins que l'homme. Un éblouissement ou une certaine crainte, on ne saurait dire, mais il fut certain qu'elle s'enthousiasma bien rapidement.
- Bonjour ! Mais, excusez-moi, il ne me semble pas vous connaître.
- Ça ne fait rien ! Moi c'est Marius. Il faut un commencement à tout, vous savez !
Certes son train pouvait attendre, car face au sourire de l'homme, elle arrêta de jouer la femme pressée.
- Oui c'est vrai ! Vous avez raison. Il faut un début à tout. Moi c'est Jeanne !
La fille souriait, et afin de se rallier à la cause, elle lui tendit la main. Marius la serra, et la dégagea capricieusement.
- Où allez-vous comme ça ?
- A Chambéry !
- Oui ! … Ben çà tombe bien, j'y vais aussi !
La fille souriait toujours.
- Aussi ! Ben montons alors, le train va partir dans deux minutes !
Et les deux êtres grimpèrent l'escalier …

En haut, devant le train, la fille observa rapidement de quoi il avait l'air. Un coup d’œil rapide sans vraiment s'arrêter, et elle reprit.
- Je te propose de monter à l'arrière du train, il y aura moins de monde !
Vingt personnes déambulaient sur le quai et le train était presque vide. La gare n'était pas très grande : une petite gare, grise comme le temps et comme la température. Huit degrés, pas plus …
- Il n'y a pas de problème !
Sans vraiment le regarder, elle continua vers l'arrière. Une petite fille de vingt-deux ans, de grandeur moyenne et abritant une épaisseur un peu trop charnelle, mais encore valable pour une nuit … enfin, pour celle de Marius !
Le train devait bien avoir quarante ans d'existence. Vieux ! Sale ! Mais encore valable pour les trajets de courtes distances.
En s'efforçant de suivre l'entêtement atypique de cette jeune fille, Marius la lâcha de bien un mètre. Une position agréable car il put observer ses fesses papillonner à chacun des ses pas. De la graisse certes ! Pour Marius. Mais une envie visible à vouloir maigrir … et à ce niveau là, aussi un entêtement !
Dans sa longue marche, elle longea trois wagons tout en observant à l'intérieur. Elle soulevait les pointes de ses pieds afin de mieux voir, et ce petit caprice fit sourire Marius, car avec quarante centimètres de plus qu'elle, l'apercevoir en train de gagner cinq centimètres à chaque wagon, le poussait à ressentir sa personne comme supérieure aux autres.
Elle arriva ensuite au quatrième et dernier wagon, elle le longea aussi, et arrivée à la dernière porte, elle l'ouvrit et pénétra. Marius la suivit, et dans le couloir, la fille s'exclama.
- Chouette ! C'est un train à cabines ! ... J'adore ce genre de wagon !
Le couloir était vide, seuls Jeanne et Marius étaient montés dans ce wagon, et les cabines sentaient le vieux. Des lattes de bois en décoration, des sièges en plastique dur, et une carte de la France imprimée vingt ans auparavant sur la paroi arrière.
Comme son entêtement n'avait pas diminué, elle s'approcha de la première cabine et ouvrit la porte. Elle alla ensuite s'installer contre la fenêtre. Marius la suivit. Il referma la porte derrière lui et vint s'asseoir en face d'elle.
- Tu aimes les magazines ?
La fille l'immergea directement dans son atmosphère.
- Oui bien sûr !
Deux magazines étaient enfilés dans son sac à main. Elle les prit et lui en donna un.
Sur le magazine que Marius reçut, quatre jeunes hommes appartenant à un « Boys Bande » étaient affichés. Quatre beaux visages … Il tourna rapidement les pages, et à la cinquième, plusieurs photographies de jeunes filles étaient exposées. De jolies blondes, de jolies brunes, et en l'apercevant s'attarder, Jeanne reprit.
- Elles sont belles !
- Oui … mais je préfère le vif !
La fille semblait plus étourdie par sa corpulence que par son magazine …
- Tu préfères le vif ! Quel vif ?
Avouons qu'en s'asseyant, Marius colla directement ses genoux contre les siens. Un attouchement sensible, car elle remarqua que quelque chose allait se passer.
Un visage que les experts en la matière pouvaient qualifier cela de moyen.
- Le tien de vif !
- Le mien ?
- Ben oui !
La fille ne comprenait toujours pas, et Marius, dans sa destinée, approcha ensuite sa bouche gentiment vers la sienne. Un baiser fécond d'une trentaine de secondes, et comme le train démarrait, il recula ses lèvres, se leva, et alla fermer les rideaux.

**

Sur le chemin de Chambéry, le train n'avançait pas vite. Des rames bruyantes. De petites bousculades dans les couloirs.
Le contrôleur, qui en avait terminé avec ses clients, marchait jusqu'au dernier wagon. Plusieurs regards sur les têtes afin d'être sûr de n'avoir oublié personne, et entre le dernier et l'avant dernier wagon, son collègue l'attendait. Une émotion évidente face à l'exploit.
- Je me suis abstenu de contrôler la dernière cabine !
- Ah oui ! Et pourquoi ?
- Ben … va vérifier toi-même !
Le contrôleur, qui avait directement compris la chose, regarda son collègue durant quelques secondes, et le laissa.
Il marcha gentiment jusqu'à la dernière cabine. Il ralentit auprès du rideau tiré, et concentra son globe à observer entre l'interstice des deux toiles. Une figure vague, et il vit ensuite le corps d'un homme en train de s'agiter.
Marius avait soulevé les jambes de Jeanne. Il était debout, elle était assise, presque couchée, et il tentait de pénétrer au plus profond.

# Posté le samedi 07 octobre 2006 01:55

« Le grand ! » Daniel Gindraux, 2002, roman policier, chapitre 1.

« Le grand ! »    Daniel Gindraux, 2002, roman policier, chapitre 1.
CHAPITRE 1

Six heure du matin. Aux pieds des montagnes et au pied de l'Isère, les matins froids de Grenoble exposaient l'exploitation ouvrière à même ses murs. Des immeubles alignés, des gens froids, mal réveillés, et des avenues grippées par l'ennui. La réelle ambiance irrespirable. Des bâtisses à dormir debout. Des habitants autant intéressants que l'Isère. Du gèle au beau, de l'usine à la maison, la transition de l'homme mal endormi ou mal réveillé, la gueule de bois, la gueule dans le cul ou les deux. Un retard ou une attente, une fille qui ne vient pas et qui ne viendra pas. Le malséant, peut-être la haine ou l'homme arpentant un équilibre psychologique trop faible pour intervenir dans ses idéaux ou dans sa recherche. L'homme en attente, cherchant, fouillant, attendant la matière lui tomber dessus comme une obligation inexprimable. Un sentiment aigu. Un serpent visitant ses intestins. La haine. La rage de ne plus pouvoir vivre normalement. Un mal de tête que l'on aurait pu éviter. Ou la mort. La terrible battue écrasant tous les êtres sur son passage. Une chasse impossible entre l'équilibre d'une vie et la soif d'une destinée. L'histoire sans fin ou l'histoire d'un homme terriblement souffrant et vexé par l'irresponsabilité de ses congénères. La matrice effroyable, destructrice. Le mot inconvenant, dépravant l'être humain, car face à une mort certaine, celui-ci ne peut s'adjurer qu'à un essor de conscience. Une dignité inutile, laissée pour compte et offerte à qui veut. Un corps délaissé, vendu à l'anonymat, et un destin que les plus grandes ambitions de ce monde ne peuvent se parjurer à finir un jour qu'en poussière.

**

Devant l'hôtel des Trois Suisses, Marius patientait. La température ambiante plafonnait à cinq dégrées, pas plus. Un froid tenace obligeait toutes les personnes à s'agripper à leurs vestes, à marcher rapidement et à regarder droit devant eux. Un vent persistant rabaissait aussi le moindre sursis de chaleur. Tournoyant entre les murs et pénétrant dans les fibres de vestes mal assorties pour la saison. Une image grisante. Des voitures cherchant passages au plus court de leurs destinations. Des magasins fermés, des bus presque vides et des troquets en attente. Un dix mars encore dans la congélation de l'hiver et n'arpentant visiblement pas le printemps comme il devrait normalement le prouver.
Ses mains enfouies dans les poches de sa veste, Marius ressemblait à un badaud attendant le jour afin de pouvoir dormir. Des cheveux tirés en arrière, des jeans autant droits que ses longues jambes et le regard d'un homme astreint à l'inquiétude. Un désaveu pour sa demeure, un orgueil renié, et certes une haine. L'inimitié d'une attente interdite pour son honneur d'homme s'étant depuis toujours avisé de ne jamais croupir dehors pour une femme.
Il avait marché depuis le centre à pied et attendait depuis dix minutes. Ses mains tremblaient de plus en plus. Son regard avait beau chercher la forme qui devait normalement arriver, mais rien ne semblait venir. Pas un visage, pas une jeune fille ressemblant à son envie. Que des passants se dépêchant, s'appliquant à marcher rapidement. Une brume bleuâtre à l'est, derrière les montagnes, à savoir le jour. Mais sûrement pas une destiné habitée par une femme aux longs cheveux jaunes. Pas de rêve à cette heure-ci et pas de quoi traîner dans les rues afin d’apercevoir cette lueur qui pourrait éventuellement se faufiler parmi les choses.

Certes sa patience avait beaucoup de limites, il regarda l'heure sur sa montre encore une fois. La troisième. Un rapport rapide, et comme la porte de l'hôtel était ouverte, il interdit à sa main de pénétrer dans sa poche, et se retourna. Quelques pas, une porte vitrée se payant tous les autocollants désignant les certificats de qualité de service, et dès sa présence à l'intérieur, une chaleur indicible vint s'accrocher à ses joues. Un hall simplement vêtu, deux chaises, un escalier, un ascenseur, une réception en bois laqué, et un homme derrière, mal réveillé et attendant le prochain client. Un homme dont le jeune âge indiquait qu'il ne faisait pas encore partie du mobilier.
- Bonjour monsieur !
L'homme se présenta normalement. Marius s'approchait.
- Bonjour ! Est-ce que vous pourriez m'indiquer la chambre de Vanessa ?
Le jeune homme, visiblement un étudiant, face à cette demande inopinée et surtout face à la grandeur de l'homme, se retint un peu.
- Je vous demande pardon ?
- La chambre de Vanessa s'il vous plaît !
Toujours offusqué …
- La chambre de Vanessa ! Et vous êtes ?
- Ben son mari !
- Ah d'accord ! Pardonnez–moi !
Comme la liste des arrivées se situait sous ses yeux, il baissa sa tête. Il suivit les noms pendant que Marius gardait le silence. Quelques secondes, et l’homme reprit.
- Ah voilà ! Vanessa, la chambre 108, au premier étage !
Marius offrait toujours un regard contrariant.
- Et elle est déjà rentrée ?
En remarquant le nom de Vanessa sur sa liste, l'homme se soulagea de ne pas avoir à faire à un parvenu. Alors il se retourna sur le tableau rempli de clefs. Une recherche assidue, et revint …
- Oui ! La clef n'est pas là !
- Bien, merci !
Et avant que l'homme ne puisse en rajouter, Marius se retourna vers l'escalier. Une ambition douteuse qui laissa le jeune en désarroi. Ne rien dire afin de ne pas le vexer … Quelques secondes plus tard, Marius montait les premières marches. Des pas saccadés, et au premier étage, il suivit les numéros de chambres indiqués sur les portes. Une démarche fluviale, animée par son énervement. Trois portes, et devant la chambre 108, il s'arrêta et frappa sans attendre.
Le couloir était vide et calme, seul Marius pouvait s'entendre. Mais deux coups qui obligèrent ce respect à disparaître.
« Boum », une seconde fois. Afin de réveiller ceux qui dormaient derrière.
Encore quelques secondes, et la porte s'ouvrit … Apparut une fille à moitié endormie. Elle portait une robe de chambre, et sa forme indiquait clairement que rien, mis à part son corps, ne se trouvait dessous.
En apercevant l'homme, elle s'offusqua autant fébrilement que le réceptionniste.
- Vous désirez ?
Avouons que la fille était très belle, et Marius fût même surpris.
- Ben voilà ! Je suis là ! Et avec tout mon corps et toute ma tête.
Derrière la fille, la lampe de chevet éclairait la chambre. Un lit défait et un homme dans le lit.
- Mais je ne vous connais pas vous !
Marius regardait par-dessus l'épaule de la fille afin d'apercevoir l'homme.
- Ben voyons Vanessa ! Tu ne vas me dire que tu ne t'intéresses pas à ma personne ?
- Comment ça ! … Et comment connaissez-vous mon prénom ?
La fille semblait avoir peur. D'une main elle tenait la porte et de l'autre elle empoignait son col afin de ne pas montrer son corps.
- Bien sûr que tu me connais Vanessa ! Tu ne vas pas me dire que tu n'es pas attirée par mon corps, ma grandeur, ma prestance et mon charme ?
- Mais …
Comme l’inconnu paraissait douteux, elle se retourna vers son homme. Celui-ci sortit du lit. En la voyant s'écarter légèrement, Marius en profita pour entrer. Une bousculade capricieuse qui surprit la fille. La puissance face à l'être faible, et passé le pas de la porte, l'homme, qui se dépêchait d'enfiler son slip, intervint.
- Vous êtes qui vous ?
L'homme devait avoir passé cinquante ans, et son slip semblait laborieux à enfiler.
- Vanessa ! Tu ne vas pas me dire que tu baises avec ça ?
Vanessa n'osa pas répondre, il faut dire que sa prestance l'impressionnait. L'homme, son slip enfin enfilé, se leva.
- Monsieur ! Je ne vous connais pas et je ne veux pas d'histoires. Si c'est le vœu de Vanessa, je m'en vais.
Vanessa, très embarrassée …
- Mais attendez là ! Je ne le connais pas ce type !
L'ambiance devint horripilante. Il était visible que Marius ne connaissait pas le couple.
- Moi ça m'est égal ! Je ne veux pas non plus d'histoires ! Je viens juste finir la nuit avec Vanessa. Et c'est tout !
Vanessa …
- Mais attendez là ! Je ne le connais pas ce type !
L'homme, qui semblait avoir compris l'affaire, s'approcha de la chaise, ses habits y étaient disposés. Il commença directement à s'habiller.
- Je m'en vais ! Il n'y a pas de problème !
Vanessa …
- Mais, attends Gérard ! Mets-le dehors ! Je ne le connais pas ce type !
Gérard …
- Ca va, je m'en vais ! … Je n'ai pas envie de chercher des histoires.
- Comment ça pas d'histoires ?
Gérard en était à ses pantalons.
- Oh ça va ! Je m'en vais sans bruit et il n'y aura pas d'histoires.
Vanessa, qui avait lâché la porte et s'approchait du lit.
- Comment ça tu t'en vas ? Un homme entre et tu penses que je le connais. Tu te fous de moi ?
L'homme regardait la grandeur de Marius. Il en était lui-même étonné. Il avait baisé toute la nuit et ne cherchait pas d'histoires.
- J'enfile mes chaussures et je m'en vais !
- Comment ça tu t'en vas ? Pauvre type ! Tu te fous de moi ?
Marius les regardait sans rien dire. L'homme se dépêchait. Il contrôla autours de lui s'il n'avait rien oublié, et s'approcha des deux jeunes gens.
- Voilà ! Je suis prêt. Je m'en vais !
A présent entre les deux jeunes gens, il ne s'arrêta pas et continua jusqu'au pas de la porte.
- Mais ce n’est pas vrai ! Pauvre type ! Je te dis que je ne le connais pas !
Gérard ne l'écoutait plus. Il traversa le pas et referma sans attendre la porte derrière lui.
Une attitude méprisable qui fit mugir la fille, quand le claquement survint.
- Pauvre type ! Mais ce n'est pas vrai ! Ça veut dire quoi cette histoire?
Débarrassé de sa présence, un calme exaspérant intervint. La fille regardait toujours la porte. Elle avait de la peine à y croire. Tout c'était passé tellement vite.
- Rien ! … Il ne s'est rien passé ! Je suis là maintenant.
Face à l'annonce de Marius, la fille se retourna.
- Oh vous ça va ! … Et pis sortez maintenant. Je ne vous connais pas !
Mais Marius souriait toujours …
- Allez sortez monsieur ! … Je ne vous connais pas !
En l'apercevant le regarder, les joues de Marius s'écartèrent afin de laisser échapper son plus beau charme.
- Allez sortez monsieur ! … S'il vous plaît !
Mais Marius souriait toujours …
- Bien, alors je vais appeler la réception !
Et dès ces mots dits, elle contourna le lit et s'approcha du téléphone. Il était posé sur la table de nuit.
Derrière, Marius la suivait.
Une main sur le répondeur, une autre sur les touches, et Marius vint se coller derrière elle.
- Allez sortez maintenant ! … Monsieur !
- Marius !
Comme le corps de l'homme vint se coller aux plies de sa robe, la fille s'offusqua. Une hésitation entre la peur et l'envie. Une main ténébreuse sur les touches. Marius qui vint la couvrir de ses grands bras, et soudainement, la fille reposa le répondeur. Une hésitation stridente. Deux corps prêts à s'affronter, et en apercevant le déchirement psychologique de la fille, Marius la couvrit de toute sa prestance.
- Viens ! On baise ! Je suis persuadé de battre l'autre.
A cet instant, a fille semblait avoir perdu toute conscience. Elle ne disait rien, n’osait pas encore interpréter son envie, son dévouement et son enthousiasme.
Alors en remarquant cette opportunité, Marius la retourna, il l'embrassa, la dévêtit sans oser exprimer de sensations. La fille nue, il la coucha sur le lit.
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# Posté le vendredi 29 septembre 2006 18:34

Le grand !

Le grand !
Un roman policier pour format poche écrit en 2002 et constitué de 8 chapitres. L’histoire confond la vie de deux êtres dans un contexte contemporain et réel. Une histoire plaisante et rapidement lue.

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# Posté le vendredi 29 septembre 2006 12:54

Les romans.

Les romans.
Liste des romans, l’intégrale sur la net :

Massabèra (1994) 13 chapitres roman policier
Génération2000 (1998) 8 chapitres essai
Columbarium (2000) 17 chapitres roman policier
Bell Fast (2001) 10 chapitres roman policier

Les romans à venir:

Le grand (2002) 8 chapitres roman policier
Franck Kaska (2003) 8 chapitres roman policier
React2100 (2006) 42 chapitres science fiction



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# Posté le vendredi 15 septembre 2006 16:25