Bell Fast , roman (chapitre 5) Daniel Gindraux , 2001

Bell Fast , roman (chapitre 5) Daniel Gindraux , 2001
CHAPITRE 5

Jeff, après le vol New - York Londres, la correspondance Londres Belfast, sortit - bagages en mains - de l' espace réservé à la réception des valises .
Dans le hall, l' animation était très animée . Beaucoup d' allées et venues . Des attentes, des retards, et en longeant les premières pancartes tenues par les représentants des agences et des hôtels, il aperçut son nom . Alexander l' attendait . Une gabardine afin de se protéger de la pluie et un nom écrit au stylo sur un bout de
carton .
La pancarte lui étant destinée, Jeff s' approcha de l' homme . Deux regards de policiers se rencontrant pour la première fois, une poignée de mains, et Alexander s' annonçait .
- T' as fait bon voyage ?
Certes un peu fatiguée par le décalage horaire, Jeff joua néanmoins l' homme sûr de lui .
- Oui très bien ! J' ai mal mangé, le film était mauvais, mais autrement pas de problème .
En jouant l’ innocent par rapport à ce qui se passait ici, Patrick lui sourit gentiment, et il l’ invita ensuite à le suivre en lui proposant de porter sa valise .
- Et tu es au courant des nouvelles ?
Quelques secondes plus tard les deux hommes marchaient côte à côte, et Jeff avait plus tendance à regarder autours de lui que son interlocuteur, mais il répondit .
- Oui la fille ! Comme c' est bien dommage !
Puis une fin de phrase qui força sa tête à revenir sur lui .
- ... Et t' es sur l' affaire ?
La sortie automatique, qui ne se situait pas bien loin, les invitait, et le pouvoir perfide de Patrick de devoir répondre .
- Oui oui bien entendu ! ... Mais tu sais ; Belfast est une petite ville, et malgré tous nos problèmes l' affaire se transforme gentiment en l' affaire du siècle ici .
En traversant le perron, Jeff l’écoutait toujours . Ce meurtre, pour lui, semblait une affaire fréquente ; même pour une police comme celle de Belfast, et en recevant les premières gouttes de pluie sur sa tête, il continua .
- Comment çà ? Quelle affaire du siècle ?
Patrick, qui l' avait laissé passer devant avant de répondre, lui demanda de le suivre car il comptait visiblement s' exprimer sans aucun voisinage . Ils marchèrent une dizaine de mètres en direction du parking, et il reprit .
- Je parle de l' affaire du siècle ici, car une seconde victime vient d' être retrouvée morte dans un village ; à une cinquantaine de kilomètres de Belfast .

Jeff s' attendait toujours à tout, et ce n' était pas les cambriolages fréquents perpétrés dans son quartier natal qui le mettaient de mauvaise humeur le matin, mais bien les photos de filles égorgées . Des yeux ouverts regardant l' appareil et des bouches déjà blanches . Un élément pictural qui, certes, lui revenait assez souvent ; à savoir le souvenir d' une prairie sauvage non loin de Sherbrooke, au Québec . Lui et ses parents pique-niquaient ; un déjeuner sur l' herbe ; et en terminant son sandwich, il se leva et alla shooter dans son ballon de foot un peu plus loin . Il n' avait que huit ans . Ses parents le regardaient s' essayant à jongler et à exercer ses sens … Vint un tir un peu trop fort qui envoya le ballon dans la forêt . Le ballon ricocha sur un arbre et s' écrasa dans un buisson . Et sans perdre son entrain, il se précipita, et à la lisière il s' enfonça dans la forêt . Il fit quelques mètres en courant, et subitement il trébucha . Une chute un peu douloureuse, et en se relevant il se retourna afin de voir quelle branche l' avait piqué, et là son cœur tressaillit subitement, car ce n' était pas une branche, mais des jambes . Les jambes d' un corps allongé . Celui d' une fille . Une petite fille de la même taille que lui . Et devant sa personne, il n' osa plus s' exprimer . Une douleur terrible envenima sa conscience . Une bouche en désarroi, et en se déplaçant de quelques centimètres afin d' apercevoir son visage, il aperçus son sang coulé de sa bouche . Un visage terrifiant . Le visage d' un mort ; les yeux ouverts et regardant le sol à tout jamais .

En marchant, comme Jeff ne lui répondit pas tout de suite, Alaxander se retourna vers son visage .
- Alors ...
- Non ... Je me remémorais de mauvaises histoires ... Et pour le second meurtre, t' as des détails ?
Dans leurs délibérations, les deux hommes arrivèrent devant l' appareil à tickets . Alexander introduisit sa carte à l' intérieur, et en attendant que le montant s' inscrive, il reprit .
- J' ai téléphoné ce matin à un collègue . D' après les informations qu' il a réussi à recueillir, tout porte à croire que c' est le même homme qui a perpétré les deux meurtres . Même force, même étranglement, et comme pour le premier meurtre, aucun témoin n' a encore été signalé .
En causant il paya, enfila son porte - monnaie dans sa veste, et se retourna face à Jeff .
- On va aller voir ce qui se passe sur place, on verra bien .

***

« 18 Janvier 1992 : Ce matin j' ai repris le travail . Les toilettes afin de bien commencer ma journée, et face à la première lunette, j' ai repensé à mon week-end . Avec cette histoire d' avoir fermé tous les pubs, je me suis rendu compte qu' ils ont brisé mon samedi soir . Car il est évident qu' on se serait à nouveau rencontré au Manhattan . Donc une soirée de ratée, et du même coup mon week-end complet ... »

***

Au village, Alexander présenta Jeff à deux de ses collègues . Une collaboration latente derrière l' un des deux pubs et devant les poubelles où la fille fut retrouvée . Une police qui avait bouclé le quartier, une bonne dizaine de voitures, une bonne vingtaine d' officiels, et un froid persistant qui obligeait les hommes à laisser leurs mains dans leurs vestes .
- Il y a du nouveau ?
Alexander posa cette question à l’ homme qu’ il fréquentait presque tous les jours .
- Pas grand chose pour l' instant . Elle est morte autour des cinq heure du soir . Une fille du village . Elle se promenait souvent seule . Le pub était fermé, et va savoir ce qu' elle y faisait derrière . Tout porte à croire qu' elle s' était cachée là afin de fumer une cigarette . Il faut dire qu' elle n' avait que quatorze ans .
Durant cette brève conversation, Jeff s' était un peu éloigné, et en s' approchant de l' endroit il n' intercepta plus les voix . Les traces, elles se profilaient sous un tas de sac à poubelles d’ où émanait une odeur effroyable . Une petite arrière - cour où rien ne semblait vivre . Des vitres trop petites ou cloisonnées, un long mur s' opposant à la bâtisse, et au bord de la route, deux chiens patientant dans le froid . Sûrement alertés par l' odeur .
Trois hommes s' adonnaient à fouiller les décombres et à repousser les sacs . Jeff ne s' approcha pas trop ; juste de quoi afin de se donner une idée d' ensemble . Et en regardant ces hommes travailler, Alexander revint à ses côtés .
- Comme c' est triste ! ... La première maison habitée se situe à moins de trente mètres, et la famille n' était pas là . Un manque de pot pas possible, car la cuisine donne sur la cour, et la femme entend tous les moindres bruits provenants de là .
Sur cette affirmation, Jeff ne lui répondit pas et se retourna sur la maison en question . La première bâtisse d' une lignée de six maisons accolées . La fenêtre de la cuisine au rez - de - chaussée, et derrière plusieurs têtes se distinguaient . Les habitants du lieu regardaient la scène .
Jeff observa ces gens un court instant, et reprit .
- C' est vrai qu' avec l' inclinaison du mur qui rejoint le coin de la maison, ils ont tout loisir de voir cour ... Et il n' y a qu' eux ! La rangée d' arbustes gêne leurs voisins .
Alexander regardait les gens, mais l’ accent new – yorkais de Jeff le captivait plus .
- C' est vrai que c' est dommage .

Trente minutes plus tard ils retournaient à la voiture . Un petit tour d' horizon pour Jeff, encore des présentations, et ils repartirent .
Arrivé au centre de Belfast, Alexander lui présenta les immeubles administratifs qu' ils croisèrent, et sur la fameuse place, il se rangea, et en sortant il s' exprima .
- Manhattan !
Certes pas du tout impressionné par le peu d' immeubles qui l’ entouraient, Jeff, qui avait rejoint le trottoir, enfila sa veste . Une petite ressemblance et vraiment très peu d' Amérique .
- C' est vrai que vous avez les mêmes publicités sur l' écran .
Alexander soupira …
- Ouè enfin, c' est surtout à cause du club portant ce nom ... A cent mètres dans la rue, là - bas .
Et il leva son doigt contre l' endroit . Jeff se retourna sans grandes expressions, et Alexander, un peu la mine allègre, l 'invita à le suivre .
Ils prirent en sens inverse, marchèrent sur cinquante mètres, et les deux hommes pénétrèrent dans un pub .
A l' intérieur, une ambiance totalement irlandaise l' accueillit . Le pub était à moitié plein, et tous les hommes tenaient une bière noire dans leurs mains . Une brume, un réchauffement certain, et en s' approchant du comptoir, Alexander tourna son visage vers lui et l' interrogea .
- Une guinness ?

***

Patrick rentra de son travail à son heure habituelle . Chez lui il alluma la télévision, mit son training et chauffa une boîte de beans . Son dîner cuit, il s' installa au salon et commença à manger en regardant la série "Top modèles" . Quelques coups de cuillères, une petite dispute entre l' acteur principal et son père, et soudainement le téléphone retentit .
Comme Il n' aimait pas à être dérangé pendant sa série, il laissa plusieurs coups retentir, mais comme la voix semblait ne plus vouloir s' arrêter, il déposa finalement sa cuillère, se leva et alla décrocher .
- Allô !
Il répondit directement ; comme s' il s' attendait à un nouveau coup de téléphone anonyme .
- Allô ! Oui c' est moi ; Ellie .
La petite voix qui lui répondit le réveilla et refroidit même son dos .
- Ah, bonjour Ellie ! Comment tu vas ?
- Je vais bien . Mais ce sont les nouvelles qui me font peur . Elles ne me donnent vraiment pas envie de sortir .
- Les nouvelles ! Ah oui c' est vrai . Un second meurtre . Comme c' est triste .
Un discours un peu plus superlatif ...
- Et toi : tu es allé travailler aujourd' hui ?
- Oui bien sûr, comme d' habitude ... Et toi ?
- Moi non ... Je préfère me considérer malade en attendant que cette histoire se termine .
- Je te comprends ...
Encore plus superlatif ...
- Et pour ce soir : t' as quelque chose de prévu ?
- Non rien de spécial, je comptais regarder la télévision .
Encore plus ...
- Ben ... comme je m' ennuie un peu, tu peux passer chez moi . On bavardera un peu et on regardera la télévision ensemble .
Une affirmation qui, à cet instant, refroidit réellement le dos à Patrick …
- Ben ... ben oui ; il n' y a pas de problème . Je me prépare et je viens . Je serai chez toi dans vingt minutes .
- Ouè merci de ta part ... alors je t' attends .
- Ouè il n' y pas de problème ...
- Bien ... alors à tout à l' heure ...
- Ouè à tout à l' heure ...
La fille parlait gentiment et Patrick voulait faire de même . Elle raccrochât, et du même coup, une flèche vint se piquer sur les côtes à Patrick . Une pointe tellement aiguisée qu’ il oublia immédiatement sa série .

***

« 18 Janvier 1992 ( suite 1 ) : Bien entendu que je savais où elle habitait . Devant sa porte je sonnai, et même pas dix secondes après, elle ouvrit . Habillée d' une chemise de nuit blanche, elle m' embrassa et me laissa entrer . Au salon elle me fit asseoir sur le grand fauteuil - devant le télé -, et partit à la cuisine . Une minute plus tard elle revint avec deux bières . Elle m' en tendit une et s' assit ensuite à côté de moi ... »

***

La fille but une gorgée, posa la bouteille sur la table, et s' installa sur le fauteuil en repliant ses jambes contre elle . Patrick, lui, tenait ses jambes et son dos très droit ; la position neutre selon l' "ergonomic training" qu' il reçut en entrant chez I.B.M.
- Tu es de quel signe ?
- Vierge ... et toi .
- Taureau !
Taureau et vierge ; d’ où un petit rire de Patrick quand il reposa sa bouteille sur la table ...
- C' est marrant çà . Un homme vierge et une femme taureau .
- Oui c' est vrai ! Enfin, on ne choisit pas notre mois .
- Oui, en fait, si j' ai bien compris, on divise la population par douze .
- C' est exact !
En s' exprimant, elle s' étira afin de reprendre sa bouteille de sa main droite, et comme sa position n' était pas très stable, sa main gauche agrippa la chemise à Patrick .
Elle avala ensuite une gorgée et reposa la bouteille de la même manière .
- Et t' es né à Belfast ?
- Non à Liverpool . Mes parents habitent là - bas .
- Et ils font quoi ?
- Mon père est ouvrier d' usine et ma mère aussi .
- Comme toi alors !
- Oui !
- Et pourquoi t' es ici et pas là - bas ?
- On a une maison dans le quartier . On est revenu quand j' avais cinq ans et l' année passée mon père a perdu son travail . Alors ils sont repartis .
- Ah d' accord ... et t' as des frères et soeurs ?
- Non !
En l' écoutant, elle s' engagea à nouveau à reprendre sa bière, mais cette fois - ci elle s' agrippa plus fermement .
La bouteille en main, alors que Patrick se contentait de regarder la télévision, elle tenta de l' emmener .
- Et autrement t' as déjà fait l' amour ?
Evidement cette question le condensa . Une histoire au sens péjoratif afin d' étaler la sauce .
- Euh ... à vrai dire non ... mais je sais comment on doit s' y prendre .
- Comme tout le monde alors . Ou comme toutes les vierges .
- Un peu oui .
Sa voix, dans sa dernière affirmation, se brisa . La fille elle, le ressentit, et vint caresser son cou avec sa main gauche .
- Et t' as envie d' essayer ?
- Euh ... je ne sais pas ... oui .
- Alors on peut toujours essayer . Tu verras que c' est un acte très facile .
En répondant, elle approcha sa bouche sur la sienne . Très lentement . Un petit baiser ; et un second . Vint un troisième … Une perspective presque insoutenable pour Patrick, mais afin d’ assumer il tourna néanmoins son buste plus clairement sur elle . Une prise de position plus futile ; et au quatrième baiser, leurs deux bouches restèrent un long moment collées l' une à l' autre ...

***

« 18 Janvier 1992 ( suite 2 ) : Nous nous sommes embrassés durant un long moment . Je me suis ensuite mis à la caresser . Des gestes doux qui me tétanisèrent, et dans notre fougue, nous nous sommes mis plus à l' aise . Elle se baissa et je posai mon corps sur le sien . Mon pénis lui, se durcit et vint se frotter sur sa partie inférieure . Des gestes tendres afin d' animer nos envies . Beaucoup de petits baisés, des cajoleries, et dix minutes plus tard, durant un léger relâchement, elle profita pour se dégager et se leva . Sa main gauche m’ empoignant, elle m' ordonna ensuite de la suivre, et nous montèrent dans sa chambre .
Devant son lit, déjà préparé, elle m' invita à me déshabiller . J' exécutais, et en slip, elle m' ordonna de la suivre . Des draps en soie qui crispèrent ma main, ses mains me frottant toujours, et confortablement installés, nous nous embrassions à nouveau . Des caresses et des caresses . Elle enleva ensuite le haut de sa chemise . Deux minutes plus tard elle retira le bas, et les deux nus, nous nous miment gentiment à nous habituer à nous toucher . Elle mon pénis et moi sa touffe et ses seins . Une allégresse qui dura bien vingt minutes, et soudainement, avec sa main, elle tira mon pénis contre sa touffe, et l' inséra dans son vagin . »

***

Il est évident que la fille prit plaisir . Patrick se donna de tous ses muscles . Des crispations et des relâchements afin d' inviter Ellie à jouir le plus possible et le plus longtemps possible . Des changements de positions toutes les cinq minutes et un pénis qui ne se relâcha pas . Les remuements du corps à Ellie qui brisèrent ses veines . De petits cris à chaque pénétration profonde . Une jouissance certaine pour les deux êtres, et après trois heures, le couple s' estompa . Ils en profitèrent pour se reposer et dormir même un peu .
Dix minutes plus tard, pendant que Patrick n' en revenait toujours pas, elle se leva, s' habilla et quitta la chambre . Lui se reposa encore un moment, et dix minutes plus tard, il descendit au rez - de - chaussée . Devant la cuisine, il rejoint la fille qui préparait le dîner . Un petit baiser, et elle lui annonça .
- Maintenant il faut que tu t' en ailles . Mes parents vont arriver .
Ils venaient de baiser, et Patrick n’ avait rien à redire, alors elle l' emmena vers la sortie . Elle ouvrit ensuite la porte, et en le laissant s' en aller, elle reprit .
- Je te téléphonerai .

***

"18 Janvier 1992 ( suite 3 ) : Chez moi, ma dernière envie a été de me branler . Mon pénis était tout rouge . Des lobes de sang qui m' emmenèrent à comprendre que l' amour était plus fort que la branlette ."

***

Toujours en chemise de nuit, Ellie chauffa une boite de beans . La nourriture cuite, elle l' étala sur une assiette et alla s' installer au salon . Le film du soir avait déjà commencé ; "Taxi driver" ; un film qu' elle avait déjà vu . Des coups de cuillères entre chaque scène, et soudainement, de derrière, une main vint se coller sur son épaule . Une poigne inflexible et sûr, et comme elle s' y attendait, elle ne se retourna pas .
- Alors ... t' as aimé ?
L' homme, qui semblait regarder film, ne lui répondit pas . Il colla ensuite sa seconde main sur sa seconde épaule .
- Réponds ! ... Je t'en prie .
Mais l' homme ne lui répondit toujours pas ...
- T' as pas aimé alors ... Mais je te signale que c' est toi qui l' a voulu ; pas moi .
Encore quelques secondes, et la voix de l' homme intervint .
- Je ne t' ai rien dit . T' as fait ce que je voulais que tu fasses ; c' est bien !
Ces deux mains l’ oppressaient . La fille déposa alors sa cuillère et rapprocha sa tête sur l' une d’ elles.
- Et maintenant, c' est à mon tour de te faire jouir . On va y aller maintenant ... Viens .
Envenimé par cette puissance, l' homme retira alors ses mains et la fille se leva sans attendre . Debout, en face du grand Duncan, elle rabaissa son visage en signe de soumission . Lui, ramena sa personne contre son corps, et la fille l' enveloppa . Ils grimpèrent ensuite au premier, et dans la chambre, en face du lit encore tout défait, Duncan se déshabilla . Ils retira sa chemise et ses pantalons pendant qu' elle le regardait faire ; tout émue de voir son maître se préparer . Une affection stridente qui l' obligeait à se faire toute petite et à ne rien dire sans son consentement .
En slip, il la prit par la main et l' emmena se coucher dans le lit . En place, ils se regardèrent quelques instants, et l' homme se mit à la caresser pendant qu' elle le laissait faire . Quelques attouchements très précis, et l' homme lui retira le haut . Il vint ensuite se poser sur son corps, et avec une main, il lui retira le bas . La femme, durant ses émoluments, tentait de lui assurer sa dévotion . Encore quelques caresses, et les deux complètements nus, il l' invita à écarter ses jambes ; ce qu' elle fit . Des mouvements très prompts afin de montrer qui commandait . Une prise de pouvoir indéniable sur une femme qui tentait d' éviter toute erreur, et comme l' homme tentait de bander correctement, elle l' aida en lui caressant le pénis . Quelques frottements brusques afin de se mettre à l' aise, et lui - même retira la main d' Ellie, et pénétra .
Crispé, Duncan tendit alors tous ses muscles . Il était bien plus grand qu' elle, et en commençant à s' agiter, sa tête se profilait bien plus en avant que celle de la fille . Une concentration qui l' obligeait à regarder contre le mur d' en face, et ainsi pour ne plus apercevoir la fille sous son coup . Une trentaine de mouvements appliquées . La transpiration de l' homme commençant à saillir, et soudainement, après un souffle brusque, il se retira . Il releva son corps, la regarda, et intervint .
- T' aimes pas ?
La fille, qui avait très peur, osa lui répondre doucement .
- Mais si j' aime . Viens ... C' est bien ! On continue ...
L' homme avait reposé ses fesses sur ses talons et la regardait piètrement .
- Non t' aime pas ! Je le ressens .
- Mais si j' aime ! ... Viens .
En toutes noblesses elle tenta de venir le toucher avec une main . Lui, la repoussa directement . Un geste brusque afin de lui faire comprendre que cette solution était bien trop facile . Encore un regard ; très nerveux, et Duncan se retira . Il sortit du lit, ramassa son slip, se leva, et en l' enfilant, il reprit .
- J' aime pas quand t' aimes pas . Tu dois m' aimer . Ta vie m' est destinée, et tu le sais .
- Mais si j' aime ... Viens ... On vient à peine de commencer .
Nerveux, l' homme ne l' écoutait pas . Il marcha jusqu' à la porte, ramassa ses affaires, et reprit presque en criant .
- J' aime pas quand t' aime pas ! ... Tu comprends !
Plus doucement ...
- T' as pas d' issue . Tu dois m' aimer . Aimer que moi . Ne voir que moi . Faire l' amour qu' avec moi . Souffrir . Te soumettre . Pleurer en me suppliant . Te coucher à mes pieds . T' excuser sans arrêt . Quémander afin que je ne te batte pas . Mettre ta ceinture de chasteté que tu devras porter pendant mon absence . Rester à la cuisine pendant que je regarderai la télévision . Sortir que quand je te le demanderai . T' as compris !
La fille, apeurée par ses propos, n' osait pas lui répondre ...
- Maintenant je m' en vais . Mais je reviendrai et tu devras être là à m' attendre . T' as pas d' autre issue .
L’ homme jouait certes, et dès sa dernière phrase dite, il la regarda piètrement pendant quelques secondes . Il se retourna ensuite sur la porte, traversa la pas, et partit .
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# Posté le samedi 25 mars 2006 04:18

Bell Fast , roman (chapitre 4) Daniel Gindraux , 2001

CHAPITRE 4

C' est derrière une pizzeria que la femme fût retrouvée morte .
Le camion des éboueurs en informa directement le commissariat de quartier, et dix minutes plus tard, donc à six heure, la première voiture de police arriva sur les lieux . Vingt minutes plus tard, la section de criminologie inspectait le corps, et en l' introduisant dans l' ambulance, le médecin légiste informa les inspecteurs d' un viol répugnant . Plusieurs coups de poings au niveau du ventre et de la tête, et une mort par étranglement . Un meurtre prémédité, et indubitablement perpétré par un sadique .
Dans la matinée les premiers voisins furent interrogés . Le quartier fût quadrillé par une centaine de gendarmes, et même quatre camionnettes de sécurité furent disposées sur la route afin d' éviter toute émeute .
Un quartier à tendance plutôt calme, et quand les premières personnes sortirent de chez elles, le bouche à oreille entraîna un regroupement assez conséquent auprès des barrières . Les médias bien entendus . Mais aucun indice d' émeutes ; juste beaucoup d' interrogations, et aussi des pleures car une jeune fille venait de perdre la vie le matin même .

***

« 16 Janvier 1992 ( suite 2 ) : La fille je la connaissais de vue . Une petite du quartier . Elle a été assassinée sans que personne n' ai rien vu ... Un sadique ! Et comme j' habite à cinquante mètres, j' ai eu quelques frémissements à l’idée de voir venir plusieurs voisins me demander si ce n' était par hasard pas moi l' assassin . Mais personne n' est venu ! … A midi, en rentrant de ma tournée, mon voisin, qui regardait la scène depuis sa porte, me regarda bizarrement . En ouvrant ma porte, je ne le saluai comme d' habitude pas, et rentrai comme si de rien n' était, car il était évident pour moi que cette fille ne comptait pas ; j' en avais une autre en tête, et il n’ y avait qu’ elle qui comptait maintenant .»

***

Le soir une assemblée spéciale regroupa les différentes sections de la police . Un représentant de la police du quartier, un de la ville, plusieurs agents spéciaux, trois inspecteurs de la criminelle, et aussi plusieurs officiels .
En exposant chacun leurs faits, les premières conclusions se précisèrent sur les empreintes inexistantes et les témoins inexistants . Le second point concerna la fille ; qui, comme à son habitude, rentrait tous les soirs seule . Un chemin qu' elle connaissait et des copains qui la laissèrent en sortir du Manhattan . Donc aucune preuve concrète .
En passant à la section politique, aucune affirmation ne vint . La preuve du sadique s' affirma alors comme la seule raison explicite de ce meurtre, et en ce qui concernait les deux camps, la collaboration se justifiait, afin de retrouver l' homme au plus vite . Une fille était morte et aucune preuve politique n' était à justifier .

L' assemblée avait pris demeure dans la mairie de Belfast . Une longue table ; le commissaire principal pour animer la discussion, et pour la partie criminelle, Alexander fut convoqué afin d' expliquer les connections entre la police nationale et les polices étrangères . Un homme pour sa part assez jeune, de grandeur moyenne, les cheveux roux, et la mine de l' inspecteur en la possession d’ un travail intéressant .
Assis au bout de la table, il s' efforça de noter les détails les plus intéressantes racontées par les différentes parties, et vers la fin de la séance il prit la parole un court instant :
- Messieurs bonsoir ... En ce qui concerne Scotland Yard, deux inspecteurs doivent se déplacer demain de Londres . Ils vont nous aider à identifier les détails que nous aurions éventuellement oubliés, et ils correspondront avec les offices de Londres ... En ce qui me concerne, lundi j' accueillerai un agent du F.B.I., que nous devions de tout façon recevoir . Et vu les circonstances il m' accompagnera durant l' enquête .
Alors qu’il causait, toutes les têtes le regardaient . Des hommes stricts et sereins ; un code d' honneur pour une position à justifier, et en entendant le mot F.B.I., quelques regards s' échangèrent . Le genre « on répond quoi ? », « on ordonne quoi ? » . Quelques secondes de réflexion, et juste avant de passer à la suite, le commissaire principal quémanda .
- Qui est - ce cet agent ?
Alexander, certes petit face à ces messieurs, ne s’ offusqua pas .
- Un jeune agent en criminologie envoyé ici pour deux semaines . Juste pour une visite de courtoisie afin de respecter les échanges internationaux .
Face à cette réponse, ayant connaissance de ces échanges entre les différentes polices, le commissaire esquissa un geste de compréhension auprès de tous ; le style « c' est bon, il n' y a pas de problème » ; et afin de ne pas perdre de temps il passa à la suite .

***

« 17 Janvier 1992 : Je ne suis pas sorti le samedi, car, vu les circonstances, tous les clubs sont restés fermés . J' ai regardé la télévision, et au matin je me suis levé très tôt . J' ai pris le bus jusqu' au centre, et le car jusqu' au village de ma grand - mère ( la mère de mon père ), qui se situe à cinquante kilomètres au Nord de Belfast . Un petit village de campagne où rien n' est à visiter . Une cinquantaine de maisons, des beuglements de vaches, l' église et les deux pubs .
Le bus s' est arrêté devant la station service, et vingt minutes plus tard je sonnai chez elle . Elle me reçut avec joie, nous mangeâmes, et l' après - midi, comme il pleuvait des cordes, nous sommes restés au salon à discuter . J' en profitai alors pour lui parler de mon travail, un peu des mauvaises nouvelles de la ville, et aussi de mes parents habitant à Liverpool . Une conversation qui dura bien trois heures ; les tasses de thé en main ; et en fin d' après - midi je me forçai d' en terminer … En remettant ma veste elle me dit au revoir, et dehors, presque soulagé de cette journée obligatoire, je la quittai en la saluant de la main jusqu' au croisement . »
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# Posté le mardi 21 mars 2006 14:48

Bell Fast , roman (chapitre 3) Daniel Gindraux , 2001

Bell Fast , roman (chapitre 3) Daniel Gindraux , 2001
CHAPITRE 3

Sur la place ; Manhattan ; une pluie fine obligeait les gens à marcher rapidement . Une nuit froide mais une nuit chaude dans les pubs . Beaucoup de voitures, de cris bien sûr ; et dans sa foulée, Ellie n' osait sous aucun prétexte, s' arrêter . Elle n' aimait visiblement pas le froid ; et afin de changer un peu de look, elle portait des jeans assez moulants ; de longs tubes qui ne manquaient néanmoins pas d’ exposer ses jambes . Une veste en nylon, et un prétexte énorme, à savoir revoir le chaud au plus vite .
Après la place, elle affronta la rue . De petits pas rapides mais aucune course commanditée, et en arrivant devant le club Manhattan, elle se faufila afin de rejoindre les videurs au plus vite . La connaissant, ceux - ci la laissèrent passer devant tous les autres . Dans le hall elle enleva sa veste et la remit à la fille du vestiaire . Un petit baiser en guise de salutations, et elle fit de même avec la caissière, qui elle lui fit remarquer qu' elle avait plutôt choisi la mode pulls cols roulés ce soir - là . Une remarque identique de la part de la fille accueillant les clients . Un bavardage de quelques lignes avec la caissière, et elle grimpa ensuite l' escalier .
En haut elle croisa une copine qu' elle embrassa ; quelques mots ; et elle attaqua la grande salle, qui était pleine à craquer . Une foule énorme s' y amassait, et au centre presque les mêmes filles que le samedi d' avant . Des danses du ventre afin de suivre une musique dont le tempo s' adonnait à une danse autant conforme que possible, et sur les côtés, une centaine d' hommes s' amassaient afin de toutes les observer et boire sans compter . Des célibataires et de petits groupes biens lancés pour affronter une fille à trois, ou se confronter à un autre groupe de trois ; et là à savoir pour d’ habituelles échauffourées .
Après l' entrée elle ne se précipita pas et marcha gentiment contre le bar du fond, en soulevant sa tête afin de trouver la personne qu' elle recherchait . Un petit nez pointu et un menton racorni levé afin de gagner quelques centimètres . Souvent les deux talons en l' air, et en avançant gentiment dans la foule, plusieurs hommes se mirent maladroitement à la mâter . Des regards indiscrets et même des doigts allongés ; mais en marchant, avec l' habitude, elle ne s' en préoccupa pas, et en arrivant à mi - course, devant les marches menant à la piste, elle s' arrêta .
Aux pieds des premières demoiselles dansant et les surpassant de deux têtes, en plusieurs mouvements de la tête, elle dévisagea l' horizon . Des lumières vinrent se frotter à sa vue, la danse, l' ambiance, et beaucoup de mouvements dans le fond ; mais toujours personne . A peu près trente secondes, et afin de ne pas traîner, elle reprit sa marche . Le mouvement de la tête en l' air afin de trouver son destin . Beaucoup de monde pour ne rien imaginer . Encore quelques pas ; et en arrivant proche du bar, elle tenta de dévisager toutes les personnes buvant ou cherchant à commander . Une exubérance taciturne pour descendre trois marches sans vraiment faire attention à elle, et en bas, alors qu' elle en était toujours à mâter le bar, entre deux corps se ballottant, elle aperçut subitement son homme ; une petite tête ne cherchant à faire de mal à personne . Qu' une tête comme toutes les autres, mais une tête certes bien plus moche ...

***

« 16 Janvier 1992 : A une heure du matin, j' en étais à mon cinquième gintonic ; je regardais la piste, et du coup la fille est apparue . Une blondeur parfaite ; des yeux ensevelissants ; un petit pull ne laissant apparaître que le bout de ses seins, et des jeans sous de très longes jambes . Donc un petit caprice, une petite méduse, et une dont je ne pus dire ce qu' elle cherchait vraiment, car, alors qu' elle était en train de passer devant moi, me voyant, elle s' arrêta subitement et se mit à me regarder droit dans les yeux . Le genre que vous connaissez ; la femme qui cherche et qui, soudainement décide que ce sera vous . La même fille qui m' a rendu ridicule, et une peur qui me prit subitement, car en l' apercevant m' apercevoir, elle fixa ses yeux sur les miens, et en ne m' étonnant pas moi - même, j' ai directement pensé devoir me faire ridiculiser une seconde fois .
En face de moi, ses yeux contre les miens, elle me fit mouche , et de plus en plus . Car avouons - le, son arrêt m' était destiné . Un simple arrêt et elle resta ensuite quelques secondes à me mâter . Un geste incompréhensible certes, et se mit ensuite gentiment à s' approcher ; des petits pas, gentils . Une souplesse fugace afin de ne pas détourner l' attention, et pour un regard, qui se mit lui aussi à s' approcher . Une petite bouche car grand menton et un petit nez car nez fin, et une allure qui dura ; se laissa mugir, tandis que moi, je me suis mis à patienter en ne pensant à rien . Même à respirer, à me réconforter dans mes émois . Encore quelques secondes, et elle s' arrêta à moins de cinquante centimètres de mes choux ; un visage aux intentions précaires et avec l’ envie de me connaître plus à fond . »

***

- Bonsoir ! Pour m' excuser du week - end passé, je peux t' offrir un verre ?
En causant la fille jouait la timide . Les deux yeux baissés et les mains collés contre ses hanches . Le genre vraiment je m' excuse ; je n' ai pas fait exprès ; on m' y a poussé .
- Euh ! ... Non ! ... C' est plutôt moi qui compte vous l' offrir .
En des termes très réciproques, c' est ce que le petit Patrick répondit . Le mordant aux lèvres . La honte du fou face à la beauté parfaite, et certes pour une femme en démesure de sa personne, car face à sa requête, elle continua à jouer les biens - entendus .
- Non ! ... Je te l' offre . Je préfère . J' ai commis la faute, pas toi .
La fille accentua le terme "pas toi", et Patrick comprit subitement ; la fille le voulait ; c' était certain ; et afin de ne pas la rétorquer, il secoua sa tête positivement, très gentiment ; certes une prouesse qui entraîna la fille à le comprendre .
- C' est un tonic que tu as en main ?
Une question afin de chercher l' âme soeur ; la réciprocité de l' être ...
- Non c' est un gintonic !
Répondit – il, et comme la fille comptait toujours jouer, elle le regarda un moment afin de lui faire comprendre de ne pas avoir peur . La petite intellectuelle qui aimait tout le monde, et ses mains toujours baissées, elle reprit gentiment .
- Bon, ben ... avant qu' ils ferment le bar, je vais aller t' en chercher un autre . Il y a la file, je vais devoir attendre une bonne dizaine de minutes . Attends - moi là ; j' en ai pas pour long ...
Cela dit, elle le laissa et tenta de se faufiler jusqu' au bar . La dame au longs cheveux blonds et à la mine larvée . Le rêve révélé par des prouesses cachées, et la figure de Patrick, en la laissant s' éloigner, qui devint tout simplement heureuse . Un verre en main qu' il tenta ensuite de vider au plus vite, sans la regarder bien sûr, et en reposant le verre, la fille revint à ses pieds . Il faut dire qu' elle avait fait vite ; elle ne dut sûrement pas payer .
- C' est celui - là ! J' ai pris un tonic pour moi .
Sa main devant son visage, il la remercia gracieusement et accepta le verre . Deux mains qui se touchèrent fébrilement durant l' échange, et la fille reprit .
- Autrement tu t' appelle comment ?
- Patrick !
Une voix coincée ...
- Ah ! Et moi je m' appelle Ellie .
Une voix cherchant affection et tendresse ...
- Ben ... Enchanté alors ...
Lui répondit - il, et aussi une touche d' orgueil et de réciprocité, qui les amena à cet instant à se regarder dans le profond de leurs yeux . Une fille habillée simplement et un homme aussi habillé simplement . Presque deux simplets . Visage contre visage afin d' assurer les premiers échanges ; le premier instant de l' amour ... Puis, la fille continua en faisant mine de s' intéresser à sa personne . Des questions et des questions que Patrick dépeça sans pour autant s' en mordre les ongles . La voix du sang et de l' honneur qu' il appelait çà ; car la fille en valait la besogne . Des phrases à inscrire en lettre d' or dans son calepin, et vingt minutes plus tard ; les deux êtres toujours à la même place ; gracieusement, la fille interrompit tous discours et lui demanda .
- Il est quelle heure ?
Sans être offusqué, Patrick leva directement sa manche .
- Une heure et demie .
La fille, à la vue de l’ heure, baissa soudainement son regard .
- Bon ben ; je vais m' en aller alors .
Encore quelques secondes le nez baissé ; l' envie ; et elle revint à la charge en se relevant .
- Autrement, tu n' aurais pas par hasard envie de me raccompagner un bout . Je n' ai pas trop envie de rentrer seule à cette heure - ci .
L' écoutant presque se lamenter, le dos de Patrick se refroidit soudainement . A cet instant il ne put réfléchir ; la belle le cherchait certes, mais était - ce bien raisonnable ; un piège pouvait l' attendre dehors, et cette perspective n' était pas illusoire . Un de ces machins à la con ; organisé par quelques mécréants afin de le ridiculiser une seconde fois . Le genre de prises de positions irréprochables à l' encontre de son âme espiègle .
- Je suis venue seule tu sais ! Personne ne va t' attendre dehors .
La femme continua, car elle aperçut l' homme hésiter . Encore une réflexion assidue de sa part, et il se retourna à nouveau sur ses yeux .
- Non non, il n' y a pas de problème ! Ce n' est pas à cela que je pensais .
Certes une affirmation qui enveloppa la femme d' un sourire radieux .
- Et bien on peut y aller alors !

***

« 16 Janvier 1992 : Dehors nous avons très vite quitté l' avenue, et en marchant contre le sud, je me suis posé à ses côtés . Mais sans la toucher ! ... Après cinq cents mètres nous avons repris notre discussion . Des pas latents car la pluie avait cessé, et quelques détails concernant sa personne qui n' échappèrent pas à ma conscience ; car la femme m' informa de sa solitude ; de son ennui permanent ; et en l’écoutant attentivement je remarqua que c’était une femme à la recherche d’un homme studieux, à la réflexion approfondie, et non pas un de ces buveurs de bière comme mon copain de quartier qui pourrait en être l' apôtre . Une discussion qui imprégna ses sens, sa divine douceur, et son envie de dénicher un homme à sa mesure et à la hauteur de son intelligence .
Sans nous rendre vraiment compte nous avons ensuite franchi plusieurs kilomètres . Elle, se protégeant du froid et moi me protégeant de mes débats philosophiques … En arrivant dans mon quartier, elle s' arrêta et m' informa que maintenant elle pouvait faire le dernier bout seule . Une affirmation qui m' offusqua, car je n’y comptais pas trop . Je lui répondis que cela n' avait pas d' importance pour moi de la ramener chez elle, et de revenir ensuite sur mes pas . Une proposition qu’ elle refusa néanmoins, et afin d’adoucir l’atmosphère, nous parlâmes un moment, et contre toutes attentes, elle me proposa de marcher jusque chez moi . Un accompagnement, même une surprise, et comme je sentais le moment venir, j' acceptai . Nous repartions donc, et cinq cents mètres plus loin, je lui présentai ma maison . Devant, je lui proposai de venir boire un verre à l' intérieur, mais s' apercevant de mon jeune âge, c' est elle qui s' offusqua . Je l’ informai alors que j' habitais seul, mais elle n' osa pas s' exprimer . Une petite résistance fragile, un instant de sursis, et comme il me semblait que ce n' était pas son jour, elle refusa gentiment, même tendrement . Une volonté de ne pas brusquer les choses, et comme je n' y comptais pas, elle me salua, je lui dis au revoir, et la femme me quitta en me saluant de la main . »
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# Posté le vendredi 17 mars 2006 16:56

Bell Fast , roman (chapitre 2) Daniel Gindraux , 2001

CHAPITRE 2

En sortant de la discothèque une pluie fine décrocha l' espoir d' une température augmentante . Comme tous les pubs fermaient en même temps, une cohue sagace anima la place . Des cris de joie de toutes parts, presque des débuts de bagarres, et la police au premier rang, préservant les dignités sous le veto de plusieurs camionnettes maquillées comme des chars d' assauts, et des hommes en gilet par - balles devant . Enfin, la routine ... à Belfast .
Sur le trottoir, la fille revêtit sa veste et se mit à marcher vers la place . Une petite proie fragile se recouvrant afin de ne pas attraper froid . Le sang aux joues et l' envie de retrouver au plus vite une maison bien chauffée et un lit molletonné . Des petits pas crispés et rapides ; une direction qu' elle connaissait par cœur, et alors qu' elle ne comptait penser à rien, un homme la rattrapa et enveloppa ses épaules de sa main .
- Tu ne vas pas te vexer si je ne rentre pas avec toi ?
La femme semblait visiblement le connaître car elle ne le força pas à retirer sa main .
- Non ça ne me dérange pas . Mais saches qu' un de ces soirs je vais m' en faire un . Et avec ou sans ton consentement .
Alors qu' elle continuait à marcher, l' homme ralentit sa course .
- Ecoutes Ellie ! Je t' appelle Ellie parce que je te respecte . Je pourrais très bien t' appeler Lise ou Lisa , comme toutes les autres, mais je ne le fais pas ; donc respect de ta part aussi !
En continuant à le regarder, elle ne comptait surtout pas le laisser faire avec ses habituelles tournures d' esprits .
- Tu peux aussi m' appeler Beth ... ou Pet, çà rentre aussi dans les terminaisons de mon nom .
Pour le peu qu' il réagit, l' homme ne joua pas les prétendus, et comme il avait tendance à aimer ce genre de situation, il continua .
- Beth, d’ accord ... mais pas Pet .
Son bavardage l’ entraînait à frotter ses lèvres contre son oreille, et la fille en profita alors pour ne pas lui répondre . Une marche toujours assidue sous le feu d' un amour conquis gratuitement, et le temps d' arriver sur la place pour que l' homme ressorte de son décorum .
- Attends, je vais l' appeler pour toi ton taxi ... C' est la moindre des choses .
Sur ses mots, vaillamment, au bord de la route, il convia la fille à s' arrêter . Elle suivit, et il la laissa pour affronter seul le trottoir .
En ce qui concernait la place, elle brayait un peu moins que la rue, mais beaucoup de démarcheurs attendaient ; et aussi des taxis ... La fille, elle, arrêtée, le laissa aller au devant d' une voiture libre . Un grand homme, très large, un peu obèse, et qui avançait vers les taxis stationnés à une vingtaine de mètres d' elle .
En arrivant auprès de l' un d' eux, alors que celui - ci comptait prendre autres preneurs, l' homme décrocha un billet de sa poche et le lui donna . Le chauffeur, enraciné dans son cockpit, inspecta le billet pendant que l' homme montra la fille avec son doigt . Une petite conversation inaudible pour la fille, et le chauffeur accepta l’ offre . Il remonta ensuite sa vitre et accéléra gentiment à son encontre .
Devant ses pieds elle ouvrit la portière et pénétra, et avant qu' elle ne pût la refermer, l' homme l’ avait rejointe .
- Ce soir je ne peux pas . C' est compréhensible !
Dans son aigreur douloureuse, la fille fit alors un peu la moue .
- Je te demande juste de baiser avec moi, pas plus ...
Enfin ; une réponse en ballottage entre elle et une autre envie ...
- J' ai dit pas aujourd' hui, c' est tout !
Une envie, pour sa part, de lui faire comprendre clairement les choses, et afin d’ en finir, il ramena la portière contre elle . Elle, ne lui répondit pas ; elle le connaissait trop bien pour ne pas vouloir insister, et en la regardant maladroitement, il claqua la porte et le taxi démarra ...

***

Après cette terrible soirée, la narration de Patrick revint plus studieuse et ses explications retombèrent à une page par jour .
« 13 Janvier 1992 : Remis de mon terrible samedi, j' ai repris mon travail avec assiduité . Un travail pas très prenant, mais un travail au moins . Employé par une entreprise de nettoyage, depuis le mois de novembre j' ai la responsabilité du secteur F dans l' usine IBM . A savoir deux couloirs à récurer tous les jours, un office comprenant une vingtaine de tables ; là les poubelles, les tables et le sol ; une rangée de vitres intérieures à nettoyer tous les trois jours, les vitres extérieures toutes les deux semaines, le fumoir avec huit cendriers à vider trois fois par jour et les tables à nettoyer deux fois par jour, et comme bouquet final, deux toilettes à ripoliner deux fois par jours . Donc une responsabilité assez importante dans le carde d' une entreprise de pointe, et un chef, que je n' aime d' ailleurs pas . Un homme qui se prend au sérieux et qui me rend de temps à autre visite . Le genre qui n' a pas débuté comme moi, mais qui a décroché ce poste par pistonnage . Trente employés sous ses ordres, une voiture de service, et des livres qu' il a lu ; le genre "Effective power" ou "Power management" . Des livres qui expliquent comment se comporter face à des employés . Une grande stature pour de petits travailleurs, et une motivation à inculquer, qui d' ailleurs me fait souvent bien rire . Et surtout quand il a quelque chose à redire en inspectant les toilettes ; des phrases prévues d' avances, et pour la dernière, qui date de ce matin : Tu vois Patrick, la qualité commence par la base . Si la base n' est pas propre, la suite ne pourra pas être meilleur . »
Certains jours de longues explications et certains autres de tous petits détails ...
« 14 Janvier 1992 : Ce matin, en vidant les cendriers, j' ai surpris une discussion très intéressante . Trois managers parlaient de leurs acquis en bourse, et il est vrai que s' ils avaient acheté pour mille dollars d' actions Coca cola en 1946, à 0,35 dollars chacune ; avec cinq spits et l' action cotée maintenant à 50 dollars, la valeur de leurs acquis correspondrait à 4,5 millions de dollars . Une somme intéressante, mais vu qu' ils ne les ont pas achetées, ils ont oublié et sont retournés travailler . »
Des petits détails à noter, car Patrick, malgré sa position sociale, démontra déjà à cet âge une vivacité d' esprit surprenante . Des idées qu' il emmagasina, et reprit, comme tout le monde a pu le constater, plus tard ...

***

Le 15 Janvier, vers midi, une voiture de grandeur moyenne s' arrêta devant une entrée quelconques dans un quartier où toutes les maisons se ressemblaient et s' alignaient .
Tenant à ne pas perdre de temps, le chauffeur klaxonna trois fois d' affilées . Un ordre cent fois sonné afin d' invité la personne concernée à se dépêcher, et afin de se distraire, l' homme s' alluma une cigarette . L' homme, Duncan, grand et très large, et se préservant à une humeur de prétentieux . Il humecta ensuite sa cigarette en regardant un groupe d' adolescents jouant au football trente mètres plus loin . Une groupe de jeunes habillés tous de la même façon ; un training et des baskets, et de même pour les quatre filles à côté, qui les regardaient faire en discutant et en fumant aussi des cigarettes . Un emploi de saison pour des jeunes habitant le quartier .
Sa cigarette terminée, Duncan la balança sur la route, et, se retournant sur la porte d' entrée, celle - ci s' ouvrit . Derrière, une fille sortit . Habillée presque en tenue de soirée, elle marcha ensuite jusqu' à la voiture, pénétra, et en s' asseyant, l' homme la racola en la regardant avec un oeil figuratif .
- Prête pour le grand soir !
Ellie, qui s' était dépêchée afin de ne pas le faire attendre, ne lui répondit pas . Duncan n' en fit pas de mine et démarra . En embranchant sur l' autoroute de contournement de la ville, il prit ensuite contre le sud . Un arrêt pipi dans une station à essence pour ne rien se dire d' important, et il poursuivit en tournant sur l' autoroute du sud . Un travaille sérieux et la noblesse d’ une fille qui s' adonnait à jouer la femme d' honneur, et pour un homme, qui décida lui, de ne pas intervenir dans les pensées de cette déesse .
Trente minutes plus tard ils franchirent la frontière, et en République d' Irlande ils suivirent la voie de Dublin . Une route extrêmement fréquentée et assez sinueuse . Deux heures de route, et dans les faubourgs de la ville, Duncan s'engagea à prendre contre le centre . Une atmosphère de Dublin, au demeurant, qui drainait des routes pas assez larges ou trop fréquentées . Des files d' attentes à en perdre son humeur, mais au moins de la vie . Beaucoup de piétons et des magasins s' alignants et s' affichants . Des commerces de toutes sortes encastrés dans les vieilles demeures dont le charme reflétait encore le Dublin de Samuel Beckett . Une esquisse de la vie d' antan afin de ressentir encore cette envie de lire ou d' écrire .
Comme Duncan connaissait la ville et qu' il savait où il comptait se rendre, il tenta d' emprunter des rues moins fréquentées que les autres . Beaucoup d' arrêts, beaucoup de feux, et vint le canal afin de passer sur la partie sud . Proche de Trinity Collège, il bifurqua contre l' Est, une route, une avenue, et au pas du Jervis hôtel, il tourna, entra dans le parc et se parqua au milieu d' une enfilade de voitures quelconques .
Rangé, Duncan sortit, Ellie le suivit, et sur le pavé ils se racolèrent comme deux amoureux . Elle avec une robe rouge éclatante et lui avec costard vernis, très classe et très chic . Deux funambules habillés comme s' ils allaient assister à un mariage .
Sa compagne à ses pieds, Duncan, afin de la réconforter, lui offrit un baiser ; une petite douceur de courte durée, et les deux êtres se mirent à marcher vers l' entrée . Une trentaine de mètres et ils pénétrèrent dans le grand hall . Une réception de deux cents mètres carrés, décorées selon l' aisance la plus appréciée de la noblesse . Un large espace au centre, des fauteuils sur les côtés, et un comptoir de quinze mètres de long en bois de chêne beige . Derrière, trois secrétaires s' appliquaient à recevoir une clientèle limitée à une vingtaine de personnes . Des rentrés et des départs, et un garçon en uniforme s’ efforçant à porter les valises .
En jouant l' homme sûr de lui, Duncan, aux pas de l' entrée, laissa la fille et s' avança vers le comptoir . Une secrétaire, l' ayant vu rentrer, l' accueillit en bonne et due forme . Il lui répondit prudemment et lui demanda la clef de la chambre qu' il avait réservée . Elle contrôla son nom dans son registre, et sûr d' elle, elle revint affirmativement . L' homme acquiesça, et la femme se retourna pour ramasser la clef . Quelques secondes pour inviter l' homme à se retourner sur sa fille qui semblait jouer la muette, et la secrétaire lui remit la clef . En bons termes il la remercia, elle lui demanda s' ils avaient des bagages, il répondit que non, et il la laissa pour inviter Ellie à le suivre .
Comme elle comptait visiblement se laisser guider, elle répondit à son appelle et les deux êtres se dirigèrent vers l' ascenseur . Un couple n' ayant rien à se dire . L' ascenseur les emmena à leur étage, un couloir, et devant la porte, il l' ouvrit pendant qu' elle patientait derrière un silence inflexible .
Vint ensuite la chambre ; ils pénétrèrent ; l' appartement royal, un salon bien guindé, très large, et une seconde chambre à côté .
Comme tout avait été prévu à l' avance, elle fonça ensuite dans la chambre pendant que lui enleva son veston et alluma la télévision . La porte de la chambre refermée, son ambition ne s' arrêta pas là, il s' assit sur un fauteuil, souleva la bouteille de Whisky qui l' attendait, se servit, déposa aussi son paquet de cigarettes à côté de son verre, et avant d'y goûter, il empoigna son mobile et combina un numéro qu' il avait en tête .
- Oui, annonça – t - il, une fois le destinataire atteint .
Une voix de femme s' accommoda à l' intégrité de l' homme, et il reprit .
- La suite royale c' est exact ...
Un nouveau soupir de la femme avant de le laisser reprendre .
- Oui, deux représentants doivent venir me visiter . Ma femme est un peu souffrante, et je désirerais que vous les invitiez à monter dès leur arrivée .
Bien que timide, la fille lui répondit ensuite avec toute la noblesse désirée . L' homme lui, accorda cette grâce, et comme la discussion, pour lui, semblait terminée, il la remercia et raccrocha .

***

« 15 Janvier 1992 : Fin de la semaine . Ayant fait deux heures supplémentaires cette semaine afin de débarrasser une salle utilisée pour une conférence, j' ai terminé à trois heure . Dehors, j' ai retrouvé mon quartier natal et je me suis arrêté au pub . Dedans les fins de journée commencèrent à arriver . Deux groupes de personnes bien habillées et travaillant dans des offices, s' attardaient à discuter, et appuyé au bar, j' ai du attendre un quart d' heure avant de voir arriver le premier groupe de travailleurs . Trois hommes salis par la poussière ; et dès qu' ils affrontèrent le comptoir, il me sembla qu’ ils représentaient toute l’ Irlande . A savoir des visages bien en chair, des jeans et des maillots d' équipes de Football … En s' accoudant, un exemple pictural imprégna leurs renommées ; à savoir des hommes vivant en fonction de leurs tentations . Le frottement de leurs mains sur le bois âcre, des têtes cherchant comme des picotements de pouls, des gros rires rapides à chaques interprétations de blagues, la commande au serveur, et afin de se reconnaître, des abréviations de bières afin d' être à la page, comme guins pour Guiness, et smitix pour Smithwicks ; les paumes des mains déjà prêtes à recevoir leurs pints, encore des picotements de pouls afin de dénicher les chips, et dès leurs bières en main et les chips devant eux, la télévision les focalisa . »

***

Duncan eu le temps de vider un verre de Whisky avant d' entrevoir quelque chose arriver . La télévision allumée, il la regardait sans en retirer aucune plénitude, et quand l' on frappa à la porte, il se leva gentiment et alla l' ouvrir .
Derrière, deux hommes habillés comme des représentants l' attendaient . Ils le saluèrent en se présentant cordialement . Duncan lui, fît mine d' une fatigue prononcée, mais se présenta comme si cette fonction était une habitude . Aussi une poignée de mains, et il leur proposa d' entrer et de s' installer au salon ; ce que firent les deux hommes .
Le premier homme, peut - être cinquante ans et très sûr de lui, s' installa sur le premier fauteuil, et le second, un petit secrétaire de trente ans environ et portant une mallette, s' assît sur le second fauteuil . Duncan, derrière eux, allât baisser le son de la télévision et questionna :
- Vous prendrez quoi ?
- Un jus d' orange pour moi .
- Pour moi aussi .
Aux ordres, Duncan ouvrit le réfrigérateur, il empoigna deux bouteilles, les ouvrit, et revint s' asseoir à sa place, et certes face aux deux hommes .
En alignant deux verres devant eux, le premier homme entama .
- Monsieur le Duc, permettez - moi en premier lieu de vous souhaiter la bienvenue à Dublin . Notre boutique ; Peterson and co ; vous remercie par la même occasion de l’ intérêt que vous portez à nos produits, et espère vous satisfaire pleinement et dans la mesure de ses moyens . Sir Oliver Fitzgerald, notre secrétaire - comptable, et ainsi que moi - même, Don Doyles, expert - produit, espérons aussi vous satisfaire pleinement en vous présentant nos produits au mieux de nos capacités .
Une brève présentation de la part d' un homme habitué à ce genre de clientèle . Un homme tenant ses jambes droites et portant un costard d’ une marque très chic .
- Mais c' est moi messieurs . D' habitude je me déplace, mais ma femme ne se porte pas trop bien et ... vous connaissez les femmes ; elles exigent elles exigent ; et plus on est riche plus le travail est difficile afin de les satisfaire .
Une affirmation de Duncan afin de détendre l' atmosphère . Deux petits sourires de la part des deux hommes, et il reprit .
- Enfin, je n' ai aussi pas trop envie de vous faire perdre votre temps . Installez - vous seulement, le temps que j' aille la chercher .
Et afin d' interdire à l' un des deux hommes de répondre, il leur sourit gentiment et se leva . Il se déplaça tranquillement jusqu' à la porte, il l' ouvrit et appela sa femme .
- Tu peux venir chérie, ils sont arrivés .
Un murmure en forme d' excuses lui répondit, et Duncan revint s' asseoir tout en ayant laissé la porte ouverte … Pendant ses déboires, le secrétaire ouvrit sa mallette et étala soigneusement deux colliers en or sur la table . Des gestes de bijoutiers afin de satisfaire la clientèle . Deux colliers avec chacun une perle se valant dans leurs beautés, et alors qu’ il les alignait correctement sur leurs feutres, la fille pénétra dans la chambre .
La une fille, cheveux battants et le peignoir de l 'hôtel sur ses épaules . Elle s' avança gentiment auprès des messieurs, et du même coup les deux hommes se levèrent .
Une petit pêché mignon jouant la femme riche, insatisfaite, peu bien, et auprès de son feu mari, elle leur serra la main en se présentant et en écoutant aussi leurs présentations .
Une salutation de courte durée, et en s' asseyant, elle s' exalta péniblement devant les deux bijoux .
- C' est bien ces deux colliers que t' as aperçus hier dans la vitrine ?
Duncan jouait la décontenance . La fille elle, regardait toujours les deux bijoux .
- Oui c' est bien ses deux - là . Mais vu leurs prix tu pourrais néanmoins me les offrir tous les deux .
Son pouvoir en sursis, sa certitude se précisa .
- Non chérie, j' ai dit un des deux . C' est à toi de choisir .
Comme la discussion semblait s’ animer entre elle et lui, il jeta un petit regard futile au premier homme, qui avait reprit place .
La fille, elle, avant de lui répondre, leva sa tête sur le secrétaire .
- Je peux les soulever ?
- Bien entendu madame .
Et d' un geste souple, il souleva le premier collier et le lui tendit . La fille le déposa sur sa main gauche et l' inspecta sans que personne n' intervint . Une caresse sur la perle, et elle demanda l' autre . Là de même, un regard gracieux et assidu ; plus de trente secondes pour chaque pièce, et en le rendant à son propriétaire, elle se retourna sur Duncan .
- Tu as vraiment envie de m' en offrir qu' un seul ?
Duncan, le regard perspicace à l' encontre du vendeur, lui répondit .
- Oui, qu' un seul madame .
Et afin d' interpréter encore mieux son rôle, elle mugit son innocence . Son regard toujours sur celui de son mari .
- Bien ... C' est toi qui décide . Je me soumets .
Afin de satisfaire le couple, ils se regardèrent durant quelques secondes . Ellie fronça ensuite gentiment ses sourcils, et toujours en le regardant, elle se releva . Debout, elle dégagea le murmure de la femme pas contente, un sourire malvenu, et avant de retourner vers sa chambre, elle lui annonça .
- Et bien je prendrai le premier ... Si tel est ton désire .
Au devant de tel propos, les deux hommes n’ osaient point répondre, et sans même leur dire au revoir, elle retourna dans sa chambre, referma la porte pendant que Duncan se retourna pour la voir s' en aller, et clos, il revint vers le vendeur .
- Et bien, je crois que la situation est assez clair ... Je prendrai le premier .
Face à la situation, le vendeur n' osa pas trop s' exprimer . Un petit regard sur son collègue avant que Duncan ne reprenne .
- Il coûte combien ?
Une approche afin de sortir son chéquier, et une réponse sans tarder de la part du vendeur .
- Cinq milles pounds sir .
En déposant son chéquier sur sa table et en sortant un stylo laqué d' érable de sa veste, il lui répondit .
- Je le prends alors .
En ces termes le vendeur lui répondit positivement . Le secrétaire lui, reprit le second collier, sortit un acte de vente et le déposa sur la table, pendant que Duncan remplissait le chéquier .
Suivirent les procédures habituelles, les signatures, les explications, et moins de dix minutes plus tard, Duncan les invita à partir . Sur le perron, ils se saluèrent, et en refermant la porte, il justifia son exploit par un sourire enthousiaste .

***

« 15 Janvier 1992 : En buvant ma seconde bière, un copain me tapa dans le dos . Enfin un copain ! Un ancien camarade de classe qui habite dans la même rue que moi et qui ne se gêne jamais de se foutre de moi . Il s' appelle John, un pur - sang pur - souche ; assez grand . Il gagne son pain en travaillant pour une entreprise de peinture .
Je n' ai jamais de plaisir à le voir, mais je sais pertinemment que son lieu de prédilection est ici . Il est un peu fluet mais se prend pour un solide . Il vote orange, est orange, il aime la bière, la bagarre, repeindre les murs peints par les Républicains, l' Angleterre, et comme tous coriaces de son espèce, il n' aime pas les Français . D' ailleurs il a une excuse ; son grand - père est mort en France durant la seconde guerre mondiale . Une excuse certes convainquante, mais je n' ai jamais osé lui expliquer le fond des choses . D' ailleurs je n’ y compte pas ! Il est comme tous les Irlandais ; il cause mais n' écoute pas ; le Joks qu' on appelle cela ici . Parler pour ne rien dire, pour faire rire, et s' entretenir . Une allégation que j' aime bien regarder, car il a le trois quart de ses dents noires ; le chocolat ; et c' est dailleurs en riant qu' il donne le meilleur de lui - même . »

***

Rhabillée, Ellie rejoignit Duncan qui s’ impatientait dans le salon . Il la prit ensuite par le bras et sortie de la suite . Dans le couloir, il marchèrent jusqu' à l' escalier de secours et l' empruntèrent . En bas ils sortirent de l' hôtel par une porte de service, marchèrent jusqu' à la voiture, et en place, il démarra .
Sur la route, l' ambition nerveuse, sans causer bien sûr, il reprit l' avenue, et trois cents mètres plus loin, alors qu’ il bifurquait vers le Nord, la fille s' offusqua presque .
- Mais ... t' as pas envie d' aller faire une petite fête à Temple Bar afin de fêter ta réussite ?
Il est visible que l' homme n' avait en aucun cas la psychologie facile . Aucune tendresse ne s' échappait de ses yeux . L' ambition avide d' argent et de femmes dévouées à sa beauté .
- Pas aujourd' hui, tu le sais très bien . Ils pourraient aussi finir là les deux .
Une réflexion qui marqua le coeur de la fille .
- Mais ... qu' est ce que tu racontes là ... tu ne vas me dire qu' on ne pourra plus jamais revenir à Dublin ?
La vigueur de l’ homme était très forte . La puissance du vol organisé .
- Réfléchis Ellie ... Cinq mille pounds ça s' oublie vite . Quelques mois et ils auront oublié nos visages . Une enquête à la mort - moi - le - nœud et l 'affaire est close . Simple comme bonjour .
Grâce à ce réconfort, la fille se soulagea un peu . La voiture elle, commençait à croiser la banlieue, et après avoir laissé Duncan bifurquer, elle reprit .
- Et pour mon travail, tu vas commencer à me baiser ?
Duncan, qui ne s' était jamais retourné sur la fille, attendit un bon moment avant de répondre . Ses mains vinrent même se crisper sur le volant . Il en voulait plus ... il comptait l’ envoyer là où elle ne comptait jamais aller . Percer son amour jusqu' à son paroxysme . La briser afin de la faire jouir ... Ce qu' elle recherchait peut - être ...
En s' engageant sur une double voie, il accéléra vaillament, dépassa même dangereusement une voiture ; ce qui fit frémir la fille ; et en engageant sa cinquième, il reprit .
- Tu m' as dit que tu étais prête à baiser avec un autre ?
Face cette question, la fille rougit presque . Que cherchait - il ? Son homme ...
- Pourquoi tu me demandes ça ?
L’ homme animait toujours un sourire protubérant ...
- Baise avec un autre, je te l' autorise ... Mais c' est moi qui tu le choisis .
Après sa réflexion, la fille savait qu' il comptait encore jouer . Son incertitude la poussait aussi à avoir à nouveau peur . Mais elle répondit .
- Pourquoi ? T' as envie de me voir me faire baiser par un vieux, un gros, un moche, ou un cochon ... ?
Sa devise était précise . L' homme avait déjà tout prévu ; son idée se lisait sur son visage . Un petit sourire risible, et en jouant toujours les hommes intouchables, ils lui répondit .
- Tu verras bien ... Il n' est pas si moche que cela . Ton travail sera très facile ...
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# Posté le samedi 04 mars 2006 13:29

Bell Fast , roman (chapitre 1) Daniel Gindraux , 2001

Bell Fast , roman (chapitre 1) Daniel Gindraux , 2001
CHAPITRE 1

Bien de descendances se valant à des égards verbeux, le petit Patrick est né à Belfast le 10 mars 1975 . Un petit presbytérien comme tant d' autres, mais certes avec une tête de moins que tous les autres . Une naissance sans problème, une école entourée d' autres presbytériens dans l' un des quartiers sud sans problème, et dès l' âge de la raison, le petit homme remarqua bien vite que sa taille et sa tête difformes ne correspondaient pas trop à la marge d' erreur autorisée par les lois naturelles, et en particulier par les lois des hommes bien plus balèzes que lui . Une loi figurative certes, même fictive, mais qui imprégna sa mémoire à compter, et à se remettre sans cesse en question . Des petits ennuis et des petites bricoles journalières perpétrés par ses camarades de classes, l' emmenant jours après jours, et surtout après l' école, à s' imaginer et à se fabriquer un monde particulièrement à lui . Un monde risible où tous les faits les plus flamboyants lui appartiendraient . Des événements hors du commun inventés par lui afin d' enfoncer sa personne dans le cœur d' un Belfast lui appartenant . Des rues bien à lui, un port entretenu tel un hôpital privé, des plages de sable face à une mer écarlate, un soleil brillant à longueur de journée, et aussi, à retenir, les communautés presbytériennes et catholiques en adoration devant sa personne . Même en fabulations ; un mythe inaccessible et impénétrable pour toutes les personnes ne comprenant rien à la vie et à l' amour . Une histoire à compter et un homme se voyant déjà riche un jour, alors que ses desseins, écrit sur un calepin retrouvé bien des années plus tard après sa mort, révélèrent déjà une impétuosité tacite envers la coexistence humaine l' entourant .
« 1 Janvier 1992 : Il est neuf heure et il fait froid . Les rues sont vides ; ce qui est tout à fait normal car nous sommes le matin du premier jour de l' An . En ce moment je suis assis devant l' écran ressemblant à celui de Manhattan, à New - York . L' écran se situe en plein coeur du quartier chaud, et même avec l' heure, des publicités traversent son paysage . Une petite animation afin de soulever la tête, et rien d' autre ; et alors que les rues, elles, sont assiégées de débris et de bouteilles de toutes variétés . Des débris flottants parfois face au vent, et surtout interprétant une guerre dont le déroulement atteignit son paroxisme maximum aux douze coups de
minuit . »
Une première phrase afin de se représenter parmi les choses . Le premier jour de l' An . Mais c’ est aux suivantes que le narrateur dut mieux détailler sa dissertation, afin d’assurer sa notoriété et afin de mieux se définir lui - même .
« 8 Janvier 1992 : Je n' ai pas de voiture mais un jour cette fortune viendra . D' ailleurs tout me viendra !
En ce qui concerne ma journée, ce matin j' ai pris le bus et il m' a conduit à Dublin . Mon premier voyage hors de mon pays .
En me déposant à Eden Quai, j' ai directement attaqué Trinité Collège . Dans la cour, peut - être un millier de filles prenaient leur pause . Toutes la même robe, le même pull en laine bleu foncée, et autant bizarrement qu' il soit, leurs visages paraissaient à toutes se ressembler . Telles mille jumelles rousses ressemblant à Nicole Kidman . Les cœurs en liesses . La rougeur de leurs cheveux . Mille visages pour n' en faire qu' un ; unitaire et impénétrable ; et en ressortant, devant l' entrée Nord, trois italiens avaient prit positions face à deux petites universitaires . Une petite drague bien gentille pour avoir compris à ce moment - là pourquoi tant de Latins visitent l' Irlande chaque année ... Une visite de courtoisie dont tout le monde peut imaginer le genre ; à savoir le bouche à oreilles de Paris à Naples via Madrid, et hop, des charters à n' en plus compter . On prend le même avion que les vacanciers irlandais à leurs retours . A l' aéroport on se dépêche de passer devant les indigènes . On grimpe dans le bus ; si possible par groupe ; à savoir Français et Français, Italiens et Italiens, et Espagnoles et Espagnoles . De l' intérieur, on mâte tout ce qui bouge, et arrivé à Eden Quai, tout le groupe se précipite au bar Temple Bar . Une ruée vers l' or à travers les rues vides, et devant l' entrée, cette petite foule se compresse afin de s' engouffrer . Une bousculade comme au stade, et pour se rendre compte quelques minutes plus tard que l' heure n' y est pas encore . Le décalage horaire a fait ses siennes, et en se rendant compte qu' il n' est que neuf heure du matin, le groupe revient à lui, se retourne en sa demeure et s' empresse d' attaquer la première venue ... »
Malgré ses seize ans, ses sentiments prouvaient déjà ses envies à vouloir parler des femmes . Les disséquer, les fragmenter et les exposer comme dans un musée . Une perception qui ramifiait déjà sa destinée à se voir un jour très grand . Un écrivain qu’ on n’ oubliera pas, car son sens de l' humour commençait aussi et déjà à prendre forme .
« 9 Janvier 1992 : Retour à Belfast . Le soir j' ai fait une petite virée dans le quartier chaud . En passant devant l' écran, j' ai eu l' impression d' être à New - York . Les néons des voitures éclairaient la place et les restaurants illuminaient les immeubles . Un petit Piccadilly Circus, comme à Londres . Au premier pub, j' ai réussi à entrer en me faisant passer pour plus de dix - huit ans . Une ambiance chaleureuse m' accueillit, et sur la scène un groupe de country interprétait des classiques . Enfin, un premier bar afin d' entamer la soirée ; avec un long comptoir remplit à craquer et des tables pleines elles aussi . Une atmosphère de groupes s' adonnant à discuter et à boire un maximum . Des bières et des gins . Des hommes bien habillés et des femmes cherchant déjà, et accoutrées afin de plaire le mieux au monde . Des mini - jupes sous des vestes mi - longues et des regards feutrés en rapports avec l’ existence ; ou voire à la coexistence entre les mini - jupes républicaines et royalistes . Des petits regards cherchants mais aussi de gros rires d' alcooliques . Enfin des Irlandais ! »
Bien que l' homme comptait en rajouter, il s' abstint et tourna la page .
« 9 Janvier 1992 ( suite ) : En regardant le groupe se produire et en tentant d' interpréter les émulations des personnes m' entourant, je suis resté environ deux heures dans ce pub . J' y ai aussi bu quatre bières, fumé mes dix premières cigarettes, et avant de me décider à partir, j' ai assisté à une petite bagarre . Une échaudée entre deux hommes bien lancés, une empoignade désordonnée, et avant les coups de poings, trois costauds les ont rattrapés par le collet et les ont traînés dehors vite fait . Trois carrures bien valides, prévenues à l' avance, et en écrasant l' émeute en moins d' une minute, le bal reprit son droit ; et en ce qui me concerne, tout de suite après, je suis sorti . »
« Dehors, malgré le froid, les deux hommes continuaient à s' insulter . Des langages verbeux pour des personnes, ennemies ou amies, qui durent accepter cette palissade de mots comme seules raisons d' orgueils . Une friture devenue habituelle en ce lieu . Des passants qui ne les regardèrent même pas et des potes s' éreintant à retenir leurs frères de soirée à ne pas s' échauffer pour la chaise que l' un ou l' autre avait volé à l' un ou l' autre auparavant . Une guerre sans nom pour une petite bousculade sans gravité, et afin de les oublier un peu, quand un semblant de calme revint, je me suis éloigné du lieu . J' ai emprunté la rue principale et cent mètres plus loin je me suis arrêté devant le Manhattan . Une discothèque de deux étages dont la bâtisse ressemble étrangement à un building . Mais un de trois étages . Un bloque de béton avec de grosses fenêtres encastrées, un jeu énorme de lumières éclairant l' intérieur, et sur le toit, un projecteur illuminant la nuit . »
« Devant la porte, une file d' une trentaine de personnes s' érigeait . Des groupes de filles pour la plupart et quelques jeunes hommes apeurés et un peu perdus accordaient l' audience . Un froid les enfonçant à ne rien dire et à attendre . Les jambes tremblantes et les mains recouvrées contre elles afin de ne pas voir leurs poitrines se refroidir. »
La suite sur la page suivante .
« 9 Janvier 1992 ( suite 2 ) : Etant donné que mes ambitions consistaient à entrer à l' intérieur, je n' ai pas hésité et je me suis ensuite enfilé derrière le dernier groupe . Un groupe de petites filles de moins de seize ans tentant à volonté de passer pour des filles de dix - huit ans . Trois petits corps mûrs et tremblotants comme des feuilles mortes et avançant parcimonieusement . »
« L’ attente dura plus de dix minutes . Un pas cadencé en fonction des goûts et des couleurs des videurs, et au tour des filles, les deux gros boy-scouts les mitonnèrent . Une garde à vue pour des petites gamines mugissants l' envie de pénétrer . Deux regards assidus afin de les figer des mollets aux cheveux, et le plus gros, d' une voix grave mais pas embusquée, leur dit ensuite volontiers non . »
« Comptant ne pas se résigner face à cet échec, elles tentèrent ensuite de les persuader . Quelques mots doux et gentils, mais les deux gorilles ne changèrent pas d’ avis . Ils les invitèrent même à s' enlever du passage ; ce qu' elles firent avec beaucoup de nonchalance ; et vint mon tour . Face à ma gueule, en premiers lieux ils contemplèrent mes godasses . Les chaussures en cuir appartenant à mon père qu' ils accordèrent comme marques de respect . Vint mon ensemble en Nylon ; aussi accordé, et devant mon visage de tendre cul - terreux endimanché pour l' occasion, ils hésitèrent quelques secondes, et le plus fort, d' un geste moins grave que tout à l' heure, m' offrit le passage . »
Son journal passant à un roman, on retient là sa volonté d' expliquer une soirée particulière .
« 9 Janvier 1992 ( suite 3 ) : Dans le vestibule vitré, un troisième gardien surveillait . J' ai enlevé ma veste et l' ai donnée à une fille qui d' ailleurs m' attendait . Trois pas plus loin, une jolie demoiselle m' accueillit au guichet . Je l' ai payée cash, sans en rajouter, ni de ma voix ni de mon argent, et en me retournant la fille revint avec un ticket . Elle me le remit et en contre - patrie je lui offris le double de ce qu' elle demandait . De l’ argent durement acquis, et en remarquant qu’ il y en avait en trop, elle me remercia en m' accordant un petit sourire de gamine, et sans attendre elle attaqua le prochain client . Une petite jeune fille de moins de seize ans et déjà formée pour aller à la pêche . Un petit corps aux filaments rigides qui me prit part quand elle accueillit le prochain groupe, et comme le videur lui, me regardait, j' ai évité tous propos, détourné ensuite ma tête sans me disculper, et monté l' escalier s' affirmant comme étant la voie unique afin d' atteindre les pistes de danses . »
« En haut j' ai directement pénétré dans la grande salle . Une très grande salle de quinze mètres de haut, extrêmement large et feutrés par une bonne cinquantaine de projecteurs . Au centre une piste de danse dont l' empiété se voyait déjà à être remplie, et sur trois côtés, des comptoirs bien remplis récoltaient Bizance à être bien garnis par des énergumènes buvant et fumant à pleine haleine . Donc un centre illuminé selon le tempo et des comptoirs plus ou moins sombres . Une fumée à peine transgressante et une température agréable . »
« Avant de me mettre à regarder les filles les plus aptes à improviser le soir même et à oublier l' élu le lendemain, je me suis dirigé contre le bar du fond . Accoudé, j' ai commandé un gintonic à une serveuse profilée selon les goûts de tout le monde . Là aussi aucun sourire, mais j' ai oublié et en dégustant mon verre, je me suis retourné sur la piste de danse . Une piste selon les remparts des discordances lésineuses, car une majorité de filles avaient pris besogne . Une petite partie tranquille, et d' autres, plutôt des cas, s' adonnaient à rechercher leurs corps en s' agitant fébrilement . Des petites robes, des petits collets, et la danse du ventre à pleins pieds . Une extase qu' elles recherchaient et au demeurant de leurs consciences, plusieurs, comme par mode, se trémoussaient, et frottaient leurs derrières contre les barres et les piliers entourant la piste . Des mugissements de bas en haut afin de se frotter, ou chercher convoitises . De beaux gestes très révélateurs, et en les apercevant ainsi se produire, j' ai ri en revoyant les poteaux électriques aux abords des champs . Des poteaux remplis de laine et laisser par les moutons . Le même genre de frottements . Peut - être nos racines ! »
En rajoutant une pointe d' humour à son écriture, rien ne le destinait à une grande notoriété, mais ses ambitions devenaient de plus en plus conséquentes .
« 10 Janvier 1992 ( suite 4 ) : A minuit j' ai commandé un second gintonic . La même serveuse m' a servi, et en me retournant, quatre videurs s' apitoyaient à sortir trois jeunes gens visiblement éméchés . Le troisième groupe depuis mon arrivé, et une bonne surprise se précisa ensuite, car la salle commençait gentiment à n' être abordée que par des filles . Donc une opportunité pour moi et pour le peu d' hommes pouvant encore tenir debout . Un bras de manchette, une bourrade jusqu' à la sortie, et c' est en revenant sur la piste que j' ai eu le souffle coupé . En fait, une fille, jolie, très blonde et légèrement habillée, dansait seule sur le côté, et de temps à autre elle tournait ses yeux sur moi . Une fille recherchant visiblement quelque chose et qui m' a directement tapé à l' oeil . »
« Bien entendu, d' abord je n' ai pas cherché à comprendre . Elle a continué à danser, et en la laissant se produire j' ai examiné ses alentours et me suis aperçu qu' elle n' était pas accompagnée . Donc une opportunité, et afin de m' échauffer un peu plus, j' ai rapidement vidé mon verre et recommandé un autre . Le temps de payer, puis de chansons en chansons elle a maintenu sa cadence . De petits gestes fins et capricieux . La petite blonde cherchant l' homme . Peut - être complexé ; allez savoir ... »
« Tout en ne la perdant pas de vue, je l' ai laissée ensuite se produire durant bien cinq minutes . Elle, si mes souvenirs son exacts, s' est retournée six fois sur moi . Un petit regard de trois secondes et un retour à la danse, et après la commande d' un nouveau gintonic, j' ai empoigné mon verre virilement et je me suis approché de sa stature . Une dizaine de mètres afin de n' être qu’à cinq à la prochaine étape ... Son regard à elle m' a alors deviné comme un homme avançant, mais elle a néanmoins préservé son envie, et ne m’a dès lors plus fixée clairement . Une touche d' orgueil certes, et pour ma part, j' ai commencé un peu à m' agiter en regardant du même côté que sa vision . Un enivrement pour mes seize ans que je tentais à ce moment là de ne pas dévoiler …»
Sa narration devenue un roman à l' eau de rose, ni le F.B.I. et ni la police locale ne remarquèrent à ce moment - là son envie certaine de s' attaquer à plus fort que soi . Donc une page qui devait immanquablement se tourner ...
« 10 Janvier 1992 ( suite 5 ) : Après plus de dix minutes sans vraiment oser la regarder, j' ai terminé mon verre, l' ai posé, et en remarquant qu' elle dansait toujours, j' ai ravalé ma salive . Une profonde froideur trépassa sur ma peau, et comme j' en avais envie, les mains tremblantes, je me suis retourné et l' ai regardée un peu plus franchement . Vint alors une douleur pour ma carcasse car une épine semblait me piquer dans le dos . Une peur certaine ... Quelques secondes sans que la musique marquât mes songes, et je me suis mis à marcher . Deux pas tanguants, un troisième afin de mieux apercevoir son faciès, et quand ma corpulence n’ était qu' à un mètre, subitement et de derrière, un homme l' aborda . Elle se retourna alors pendant que je m' arrêtais directement . Un balèze qui, dès qu' il la salua, vint se frotter à son corps . Elle, en le pressentant mieux venir que moi, rigola légèrement . Deux regards yeux dans les yeux pendant que je n' osais me reprendre, et sans attendre il l' embrassa . Une embrassade de courte durée, et alors que j' étais toujours là à attendre, l' homme ramena ensuite sa bouche à son oreille . Un petit mot que je ne compris pas, et directement après, elle se retourna sur moi et me regarda en me dévisageant franchement . La honte à tous les niveaux pour ce que valait ma personne, et devant le son de son regard bleuté, je ramenai mes yeux au sol afin d' éviter le pire . Quelques secondes sans rien de nouveau, et soudainement, la fille piqua un fou rire presque interdit . Un beau gros rire qui obligea toutes les têtes à se retourner contre moi, et une gêne qui souleva directement mon cœur à ne voir plus que moi . Une femme heureuse de son acte, et l' homme, derrière, en profita aussi pour en rire . Une imitation indubitablement incongrue, et alors que tout le monde semblait s' être retourné sur ma personne, d’ un coup, je me rebutais un peu . Je reculais aussi . Les rires encore et toujours, et afin de ne pas m' effondrer face à cette ignoble insulte, je me retournai vers la sortie et me mis à marcher . Une résolution compréhensible car à ce moment - là, j' eus vraiment l' impression que toute la planète me regardait, m' épiait, et m' enfonçait même, à la résolution la plus précaire . Le retour à la case départ . Une dizaine de mètres sans me retourner, et en ressentant une nouvelle atmosphère se morfondre, je ne m' arrêtai pas et n' hésitai pas en continuant tout droit contre l’escalier ... »
Bien ... en analysant cette situation qui lui valut la honte, la police locale remarqua clairement la démence d' un homme épié de toutes parts . Des regards sans cesse sur lui et un éloignement obligatoire par rapport aux réalités qui le concernaient . Donc une personne recherchant sa conscience et un alibi irréprochable marquant l' origine de son malaise ; donc une preuve ...
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# Posté le vendredi 17 février 2006 17:59