Bell Fast

Après Génération 2000 et Columbarium.

Je présente Bell Fast, un roman policier simple de kiosque écrit en l’an 2000. Une petite histoire de dix chapitres. Je le pense, très rapidement lu.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 11 février 2006 10:17

Columbarium, Daniel Gindraux, 2000

Préface

" Humanum paucis vivit genus "
( Le genre humain vit grâce à quelques hommes )
Lucain.


Pour tout ceux qui, éventuellement on lut le roman, merci.
Dans les premières pages, j’ai posté « Génération 2000 », un essai écrit en 1999.

Pour vous simplifier la lecture : vous pouvez printer, pour économiser sur votre forfais, vous pouvez travailler hors connexion et enregistrer sous…

Merci.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 28 janvier 2006 07:14

Columbarium (chapître 17) Daniel Gindraux , 2000

Columbarium (chapître 17) Daniel Gindraux , 2000
CHAPITRE 17

Ma mission en poche ; je ne réfléchis pas ; et même si mon affaire n' est pas encore terminée . Et pour m' offrir, je me mets même à trottiner ; et avec l' adresse en tête, dont je connais la rue pour l' avoir déjà fréquentée . Pas trop loin encore . Peut - être à un quart d' heure à pied, voire moins si j' active mon pas et influence les feux à passer au vert .
Ayant pris sur ma gauche dès ma sortie, j' arrive sur l' avenue Sebastopole, qui elle n' était trop loin de l' office . Peut - être à deux cents mètres . Là, le feu est au rouge, mais je m' apitoie . Un groupe de voitures venant du nord s' apprêtent à arriver, mais je ne trébuche pas et pique un pas de course . Un souffle affalé . Une transpiration aussi ; et des aisselles !
De l' autre côté, je ralentis un peu mon pas . De l' asservissement que j' appelle ça ! Et pour continuer tout droit en direction de l' est en prenant une rue de taille moyenne, et dont une explication serait en démesure par rapport au stress que je plaide à m' offrir .
Je marche ensuite sur cinq - cent mètres, facile . Et en évitant tout arrêts inutiles . Une douloureuse, car je me vois à chaque fois en train de passer entre deux voitures ; dont plusieurs klaxons me sont destinés . Et au but, je tourne sur ma gauche, pour planifier une rue à nouveau dans les cordes de Paris . Sans trop d' importance ; et que j' évite d' observer tel un touriste sans prétention . Le coeur cognant à battre la mort ; et le préjugé d' un homme qui venait de quitter le couple maudit, avant de remonter les rues et finir dans son bureau . Et un cri à la morte ; car c' est pour l' instant la seule explication que j' arrive à formuler, et mon espérance est même à vouloir qu' il la baise avant de la finir, ce qui me laisserait encore du temps afin d' arriver à l' heure .
Au bout de la rue, je tourne sur ma gauche . Un croisement assez mouvementé ; avec des bouches de métro dans chaque coins . Une petite ambiance . Deux restaurants et un monde ; assez calme ; ne relatant pas les Champs - Elysées, mais bloqué par des feux qui, non sans doute, vont bientôt passer au vert .
Ayant bifurqué tout juste avant, je contourne le coin de l' immeuble . Petite bousculade sans précision . Puis, les pieds noués sur une nouvelle rue ; peut - être une avenue, je m' empresse même à courir . Un petit jogging sans conséquentces pour mes poumons . Et avec l' odeur de ma chemise, qui renifle l' étouffement ; la salissure emmagasinée sur mes bancs .
Je la longe alors sur quatre ou cinq cents mètres, et m' arrête à un feu . Là j' attends quelques secondes car beaucoup de voitures empruntent la route . Et vient le vert et je traverse la voie que je viens de longer . Et à l' autre bout, je marche jusqu' à la prochaine bifurcation, et consulte le nom de la rue . Le temps de m' essouffler un peu . Une bouffée d' air pour toutes les cigarettes que j' ai fumées ces derniers jours .
Quant à l' affiche, je la repère en moindre raccourcie . Et le nom écrit dessus est bien la rue que je prétendais . Pour une joie ; sûr ! Un soulagement qui m' allègue de plus en plus à croire qu' un destin m' attend dans l' un des immeubles appartenant à celle - ci . Et qui n' est pas moindre ; car je repars direct, et en accélérant rapidement, afin de m' aligner au plus vite à ma même vitesse que tout à l' heure .
Et pour la rue ; elle semble très calme . Un minimum de magasins et des passants qui ne se courent pas après . Avec un style traditionnel ; des années vingt, et des balcons à n' en plus compter, dont les bordures laissent apparaître quelques linges et quelques bacs à fleurs . Mais rien de bien méchant ; juste de quoi aérer l' atmosphère .
Le numéro en tête, je m' efforce d' additionner les baraques . Un travail pas bien difficile, et qui m' invite à presser mon pas de plus en plus . Et pour une allure bien riante ; avec mon arme et mon dossier ; tel le plus grand des détectives ! ... Et vient enfin le numéro à proprement dit ; sur une façade d' un immeuble à six ou sept étages . Un peu plus jeune que les autres ; avec des balcons en pierre, très dure ; prouvant la protubérance du béton armé . Et avec une porte d' entrée en bois ; verte foncée, et des noms de personnes placardées juste à côté . Des noms d' habitants ; et non de compagnies ; comme que je ne prétendais pas revoir .
Très vite, je m' approche de la porte . Je pose ma main sur la poignée . Je ferme les yeux, et d' un coup, je presse dessus . Et si le rêve existe vraiment, la porte me suit et s' ouvre alors . Ce que je ne pensais au moins pas . Et ce qui est même très difficile pour moi, de voir une porte non fermée dans un Paris qui sent le cambriolage dans toute sa texture et qui me reprend même à me dire que c' est la troisième porte d' ouverte depuis mon départ . De quoi me fragiliser !
Mais celle - ci lapidée, je continue sans crainte . Un couloir béant m' oppose avec des boites à lettres sur l' un des murs . Easy quoi ! Comme à l' accoutumée ... Je m' approche d' elles et contrôle que le nom y soit . Quelques secondes encore, et au troisième rang, je le trouve . Et avec dessus, l' étage indiqué . Le troisième . Comme à l' accoutumée il me semble aussi . Mais je ne me freine pas pour autant et fonce ensuite sur l' ascenseur . Celui - ci mural, neuf, et taillé dans la pierre juste à côté de l' escalier de service ... Devant, je presse sur le bouton d' appel et attends . Une bonne dizaine de secondes qui me crispent plus que tout et qui me préparent même à prendre l' arme . Car, maintenant, pour moi , le stress est total . La nervosité à son comble ; et pour plus que j' en descende à nouveau un . Le crime facile ; pour ma démence . Et mon amour ; encore et toujours, mais qui cette fois doit arriver à bout .
Le temps écoulé, l' ascenseur approche . J' entre alors à l' intérieur, et me laisse guider jusqu' au troisième . Et ni vu ni connu, car comme d' habitude, personne ne se montre . Une nouvelle maison vide on dirait . Et aussi ; apercevant les étages défiler, je me mets même à allumer ma grandeur : l' heure de la vengeance . Borsalino and Co . Et m' envoyer : mais tient donc, j' aurais du m' acheter un chapeau afin de faire plus vrai !
L' ascenseur s' arrête ensuite . J' en sors pour retrouver deux portes d' appartements en bois dur, mais fermées . J' en prends une au hasard ; celle de droite ; comme d' habitude ; et devant, je lis bien vite le nom . Celui de mon acolyte . En grandeur nature et en puissance . Tapé à la machine ; rien de nouveau ... Alors, je tire mon arme et la poigne très fortement dans ma main . Une belle sueur froide ! Et, avant de faire quoi que se soit, je colle mon oreille dessus . Un silence . Le coeur en friction ; quelques battements . Et pour ne rien n' entendre car la porte semble trop épaisse . Mais une ouïe dans la fibre des pages ; celle de ma femme en train de se faire torturer derrière . Et moi ; de l' autre côté ; tout proche ; qu' à deux pas, voire qu' à un
mètre .
La dépression en tout état d' âmes, je recule alors mon oreille . Me refaisant vite . Et, avec l' autre main, je prends la poignée . Un dur acier trempé qui me refroidit ... J' attends quelques secondes . Le coeur à nouveau . Et enfin, avec délicatesse, je presse dessus et pousse ...
Dans toute ma phobie, la porte s' ouvre alors . Les grands cris . Une de libre à nouveau . Je la pousse complètement et tends ensuite mon arme contre l' avant . Et, un salon m' apparaît ; assez grand ; avec deux sofas à moins de deux mètres et une cuisine américaine sur le côté gauche . Et ... silence . Au bord de la fenêtre, juste en face de moi, deux corps se distinguent . Un homme et ... ma femme . Portant des jeans et une chemise blanche ; très claire ; avec des cheveux tirés en arrière . Et lui, portant des pantalons de travail et une chemise mauve ; pas trop dans mes cordes .
Les deux m' ayant entendu, se retournent alors sur moi . De grands yeux à l' étonnement . Et une figure m' attaquant directement ; la sienne ; avec des sourcils noirs remontant jusqu' à ses cheveux et un regard, magnifique, mais exploité par la surprise de me voir proche d' elle .
Avant de prononcer quoi que se soit, je referme la porte . Elle claque . Je contrôle ensuite que personne ne se cache dans les alentours . J' y remarque deux portes closes, ce qui me rassure et qui me font revenir sur l' homme . Un jeune garçon . La trentaine . De grandeur moyenne et sûrement très attirant ... Et sa distance par rapport à ma belle est à moins d' un mètre, mais ses mains sont bien vides . Aucune arme et aucune main baladeuse pour me rassurer un petit peu .
Le regard en plein milieu de sa rétine dure ensuite quelques secondes . Un brin coriace et scléreux . Et vu que je ne m' annonce toujours pas ; timide ; l' homme me lance gentiment .
- Mais ... qu' est ce que vous faites ici ?
Flegmatique, avant de répondre, je me détourne et me fixe sur les yeux de la belle .
- Vous le savez très bien !
- Comment ça, me répond - t - il ?
Là ; je n' en fais pas mine et absorbe .
- Pourquoi comment ça ? Je me prétendrais être fou si vous me répondez que vous ne savez pas qui je suis ? ... Vous êtes d' accord !
Burlesque ; et presque dans sa barbe ; l' homme me répond par un oui presque inaudible . Et juste le temps pour moi de ravaler ma salive et repartir .
- Alors ... Ce qui m' oblige à me retourner contre vous et vous demandez à vous, qui vous êtes ? ... Ou non ! Car moi je peux vous répondre vous savez ... Vous êtes le numéro 3 et mademoiselle le numéro 18 ; et qui pense être en train de fêter son ascension au poste numéro 10 . Fantastique, hein ! ... Que d' honneur ! Après cinq meurtres sous les bras, ça se mérite ...
Presque en jouant à Columbo quant il s' apprête à terminer la série, je pointe alors franchement mon arme contre lui . On ne sait jamais que je me dis ! L' homme peut être armé ; et elle aussi ; pourquoi pas . Ce qui m' allumerait vraiment à une gafferie si elle oserait me porter en deuil .
" ... Mais le seul problème, c' est que j' ai sous mes bras un autre dossier celui de mademoiselle . Et celui - ci ne termine pas de la même manière . Et je dirais même plutôt mal pour elle . Plutôt dans une marre de sang que dans un fauteuil de manager ; si vous voyez ce que je veux dire ! "
Quand je termine, je laisse respirer un bon coup la demoiselle . Elle ouvre légèrement la bouche . Une tendance concentrée et intelligente . Pas le genre à se laisser mourir, mais le regard surpris . L' esprit à la confusion . Et l' hésitation en ton prenant ... Puis, elle se retourne même sur l' homme ; qui lui n' inspire à rien . Le regard toujours ferme ; aux lèvres tendues de voir une arme tendue contre son ventre .
- Vous confirmez le no 3 !
Ses yeux se tournent alors vers la fille ; qui recule même d' un pas . Le type vraiment sûr . Et fier en plus de ça ; fier de se faire de belles bonnes femmes ; à tout avouer .
- Il ment, tu le sais bien !
Sur ce ton, la fille continue à le regarder . Mais tranquille, pas trop sérieux ; le genre copine copine dont l' envie est d' étaler les deux le même mec ... Et elle se décale un petit peu contre le premier sofa . Mais gentille ; pas de quoi ameuter le quartier . Juste du copinage afin de laisser échapper du leste ... Et ; quand sa première cuisse frôle le cuir noir, elle s' arrête . L' oeil toujours dans la ligne de mire de l' homme, et avec des mains, à peines crispées et mêmes pas trop nerveuses .
- Et s' il dit vrai , répond - t - elle ! Et pour la première fois que je l' entends .
L' homme s' offusque alors . Une hésitation à lacets et une main mise gentiment dans l' étreinte . Le genre touche pas à ça ; ce n' est pas pour les enfants ... Mais la fille semble s' en foutre et se met encore à reculer . Ses yeux donnent l' impression de suspicion . D' hésitation . De surprise . Et d' incompréhension ; pour se demander franchement ; mais qu' est ce qui vient foutre ici lui ; pour me surprendre à baiser et me dire que je pourrais être en danger . Un suspect ; le pauvre type, encore et toujours dans mes pattes à me regarder et m' épier ; comme si dix ans d' études ne suffisait pas .
- T' as tout de même pas envie de commencer à le croire, lui racole - t - il encore ?
Sans vraiment l' écouter, elle poursuit . Elle contourne alors le sofa et s' approche de moi, et avec une voix qui en dit long .
- Tu sais ; je le connais encore mieux que toi, lui . Alors pourquoi pas ...
A ce niveau là, les deux se taisent, et en apercevant sa ligne foncer sur moi, mon dos se met alors à frissonner . Des grelots . Car il me semble me la reconnaître complètement ; des jambes, une bouche, des yeux et un parfum . Le pied à quatre mètres au - dessus du sol . Et pour la voir arriver contre moi ; toutes belle, toute gentille, toute chaleureuse ; et la caresse aux cheveux, tel un mannequin photographié sur une plage déserte .
Bien - sûr, face à tout ce dénouement, je m' efforce de ne pas perdre le nord et garde en vue, l' homme, et avec sa tête qui s' est aussi un peu refroidie . Mais qui elle tient encore debout ; tel un sadisme . Un militaire de carrière . Sans pitié et sans reproche . Et le devoir à l' horizon .
La femme arrive alors sur moi . Un parfum de bonté en vient alors . Presque une parrano pour mes pommes ... Sans trop rigoler, elle m' arrache le dossier des mains et se l' ouvre, et tout en reculant contre la porte . Et un air de malentendu pour sa fierté, et à voir sa concentration . Dont je remarque une réminiscence, car elle s' amuse à se frotter le coin des ses lèvres, dont le rouge commence à déteindre sur certaine partie de la lèvre inférieure . Et aussi une part très stricte de conscience ; de la femme mature qu' on n' oserait pas remettre en place, de peur de passer pour le complexé du village .
Elle ne met pas long à chercher, et quand elle semble avoir trouvé la page - il faut dire qu' elle s' est décalée de deux mètres, et contre mon dos, ce qui ne m' encourage pas à la lecture - , elle relève sa tête et me
reprend .
- Demande - lui de lever les bras ; il est très malin tu sais !
Et pour ce terme, l' homme la contrecarre .
- N' écoutes - les pas je te dis, ils veulent te faire marcher, et ils ont de nouveau prit le même .
Et écoutant cela, je me retourne alors sur le mec ; l' arme bien pointée, et afin ne pas vouloir passer à nouveau pour l' imbécile du village en face à la fille que j' aime, je lui racole .
- Mais attends toi ; c' est moi qui ai l' arme en ce moment ! Et c' est moi qui en ai déjà descendu un . Et pour le peu que je veuille m' arrêter un jour, c' est toi que ........
Je m' arrête subitement ; des termes très difficiles, car un grand bruit vient de se dissoudre dans mes tympans . Très aiguë . Très puissant . Et très violent ... Je me retourne alors sur la fille afin de voir ce qui se passe . Mais elle, ne bouge pas . Son visage me regarde . Tendrement ... Alors, je laisse mes bras s' en aller un peu ; et avec mes doigts, devenant à nouveau de plus en plus souples . Et tout cela face à ses yeux, encore et toujours ; me regardant ; me cherchant . Et me terrifiant . Un décor sans sens . Inaudible . Implacable ...
- Qu' est ce qui se passe, que j' ose lui demander !
Mais elle n' ose me répondre, car une douleur terrible m' enfonce alors . Et elle se situe au niveau de mon dos . Une brûlure atroce . Terrifiante . Difficile à expliquer, et qui, d' un coup, m' empoigne à l' allégresse . Plie mes genoux . Mes membres . Les cassent . Les démolissent . Les assomment jusqu' à ne plus sentir mon corps ; et qui ensuite, m' amène même à m' agenouiller . Et à en pleurer, devant ma belle ; dont son regard semble éclater à la lumière . Une touche précise sur l' existence de la beauté . Et de la guerre . Terrible ! Dont mes souvenirs n' en prennent qu' à des films de torpeurs et de tueries .
Mais rassurez - vous ; malgré mes circonstances, je me rends très bien compte de ce qui m' arrive . Alors, je m' efforce de ramener l 'arme à mon poignet . Douleur terrible . J' y arriverai ou pas, telle est la question . Tel est mon monde de maintenant . Ignoble . Irrespirable . Et dont la souffrance semble rechercher du côté de l' autre âme . Le sixième sens . L' odyssée de l' espace . Dont ma belle me voie encore à la pâlisse ; remuant dans tous les sens ; pour mes dix - huit ou mes vingt ans ; le diable dans l' estomac et rien d' intéressant derrière qui puisse jouir la tendresse d' une fille .
Après une tentative inutile, une autre souffrance se ressent alors . Inhumaine . Comme des boyaux qui ressortirait de ma chair . Et une lumière qui commence de plus à plus à briller ; sous le rouge de mon sang que je commence gentiment à voir ressortir par - devant . Et des bruits, horribles, qui se laissent vendre . Des spasmes . Une respiration . Encore une . Et jusqu' à quand ? ... Et vient enfin la libération de mon arme ; facile ; avec moi et ma bouche ouverte à l' agonie, et elle, toujours aussi belle . Et qui, du coup, m' inspire même ; à vouloir causer .
- C' était le bon plan alors ?
Mes jambes se rebiffent pendant que je cause ; ce qui fait que je me retrouve quasiment assis . Les bras à terre ; à la recherche de rien du tout . Ou du néant !
- Oui c' était le bon, et tu m' as même rendu service, me répond - t - elle !
- Ah oui, que je m' exprime !
A terre, mon corps semble complètement dilaté . Telle une éponge . Spongieux . Inutile . Et mon dos ; je ne pourrais plus dire s' il existe encore, mais je constate qu' il se retient au sofa . Une tentative même difficile . Dans l' oeuvre . A savoir celle de mourir normalement . Avec bravoure comme disent les militaires . La nation dans le coeur .
Et vu mon orgueil, je redemande encore .
- Alors, si j' ai tout bien compris ... l' assassinat du président n' était qu' un substitut ... et le principal but était que lui devienne no 1 et toi no 3, sans que personne ne se doute de rien .
Pendant que je cause, du sang me remonte . Un goût affreux . Amer . Et qui ne se gêne pas à ressortir par la bouche et commencer à ruisseler le long de mon menton . Et en face de lumières, maintenant devenues blanches . Lointaines . Mais laissant, heureusement, la forme de ma belle me venir pendant quelques instants . Le temps d' un ange . D' une fleur ...
- Voilà ; t' as enfin tout compris .
Sa présence me gave même ; que d' effors afin d' accéder son image au plus haut sommet d' un office . Dont la richesse fera des enthousiastes . Et des petites ; à ne pas oublier . Et pour qu' on puisse dire un jour ; mais non, le pauvre type n' est pas mort pour rien .
J' en souffle encore une, le temps de n' apercevoir que du blanc, et afin de vite en profiter pour encore déranger la demoiselle .
- Et ... au fait ... pour mon roman ... vous êtes au courant !
Une tâche me regarde alors ; juste au - dessus de ma tête .
- Oui bien sûr . Et je te promets même d' écrire la préface !
Puis ce blanc se transforme en noir . Et plus rien ...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 27 janvier 2006 14:52

Columbarium (chapître 16) Daniel Gindraux , 2000

CHAPITRE 16

Le seizième . Le quatorzième . Le premier . L' histoire sans fin ... Après les avoir quitté, pendant qu' eux aussi se quittaient ; dans l' atrophie des quartiers et des arrondissements ; je me suis bien empoté . Une géométrie sans faille pour une leçon de piano . A l' irrésistible arithmétique, au français et aux devoirs d' histoire . Pour une plagiaire et des vacances sans compter ; et après vingt ans d' écolage . Qu' une frustration à même les diplômes . Si je puis les appeler ainsi ; les miens ; qui ne sentent même plus l' odeur d' une capacité intellectuelle . Pour m' en tenir à cette cité d' étudiants ; que j' abhorre maintenant, même comme une culture générale . Bien lointaine . Et qui me dit que ce ne serait pas, par hasard, mon infante ou ma finesse ; de me disgracier ainsi . A trente ans ; l' âge où l' on cherche à se marier et non plus à penser . A s' agrandir . Pour qu' un jour, on me reconnaisse comme loyal et bon . Homme heureux au plasma synthétique . Au silence éternel ; pour en avoir trop dit et qui me contribue à avoir déjà tout entendu, tout vécu . A l' impasse d' une séparation entre le monde qui apprend et le monde qui donne la leçon . D' une foi à s' en donner le coeur net ; d' une nourriture terrestre ; pour ne lire que le journal, les news, et passer ses dimanches à table, la famille au grand complet, à se raconter des maximes bien de chez nous . Le travail du vivant ; sans trouble ; sans infortune ; sans femme qui s' en va, sans fille qui s' aligne tous les mecs du village et sans fils de trente ans toujours
puceau .

Maintenant nous sommes le matin . Hier soir ; devinez ; je me suis pris une chambre une étoile . Presque le Ritz . J' y ai déposé tout mon argent . Tout mon oseille pour y perdre ma tête dans une baignoire où j' y ai joué les héros . Plus de deux heures dans un saloon à boire sans compter et à fumer à ne plus sentir ma cervelle . A débiter des conneries devant la télé et devant la fenêtre . Un festival du mensonge . Une nuit de plus seul ; mais libre . Sans accent . Sans ponctuation . Et avec la sérieuse compassion de n' être plus poursuivi . De n' être plus regardé . Et dans les yeux ; comme elle le faisait si bien . Il y a des années, alors que je recherchais réconfort et commodité avec la féminité . Pour m' y plonger ensuite dans une estime à tout lui raconter : à savoir mes victuailles et mes présomptions . Qu' un bel amour que c' était et à m' en souvenir pour toujours ; de part ces beaux temps et ces jours de pluies . Au bord des rivières où nous ne faisions qu' un . Elle avec ses belles robes et moi qui pleurais, après avoir trop bu ; de ce tourment de n' avoir rien à aimer . Pour une vie ridicule ; au sens large . Et à la configuration latente qu' est un produit de beauté , conçu afin d' attirer l' homme . Afin d' attirer sa monture à la perception . Au contentement qu' est l' attirance, sur mon imagination riante, et pour un je ne sais quoi ; qui deviendra un jour ma femme .
Je me suis alors réveillé . J' ai descendu les trois étages, rendu ma clé, et me voilà à nouveau dehors ... Un beau ciel bleu . Tout neuf ; tout propre . Avec quelques lignes tracées par le Paris - Nice, le Paris - Ibiza, et le Paris - Izmir . Une belle rue aussi ; qui ne sent plus le renflouement . L' apitoiement . Et mes flatteries . Mais qui sent maintenant les roses du printemps . Les roses de l' évasion ; d' une main tendue que je pourrai prétendre au bord du périphérique afin de me faire embarquer en direction du sud . Du soleil . Des péages . Des aires d' autoroutes . Afin de finir en tente au camping des flots bleus ; à ... je l' ai déjà dit deux fois ...
SAINT - TROPEZ !
Vu que la rue n' active aucun troquet, je me bouge un peu . Je prends contre le sud . Un traité d' économie bien tranquille . Au bout, une seconde, une troisième, ou une quatrième avenue, depuis mon départ, s' effile jusqu' à l' horizon . Des voitures à n' en plus compter . Des phares qui clignotent dans tous les sens . Et un monde ; pour sûr ; un monde . Qui s' attarde . S' agenouille . S' arrête par groupes . Et qui n' en finit pas . Pour transiter ; au pied du mur ; comme toutes les autres fois où je me suis tonitrué la tronche afin de paraphraser une ambiance que le tout à chacun connaît ; comme une vie moderne et à l' intérieur de villes modernes .
Quant à mon asthme ; rien de nouveau . Il se cherche, comme moi ; à trouver le calme . Et me dire ; ça va venir . Car dans ce couffin, les offices publics ne manquent pas . Je peux en apercevoir même une dizaine . Presque à s' aligner . A se vendre au plus offrant . Un diminutif qui ne me prend pas et qui même, m' oblige à continuer . Pour avancer, comme je le fais en ce moment ... Et quand j' arrive au bord du prochain passage pour piéton, je le traverse . Au bout, je marche une bonne vingtaine de mètres . Je passe aussi - et sans m' arrêter - devant une librairie biblique complètement vide . Et, arrivé devant un restaurant normal ; soutenu par une brasserie et un bar en bois ; je ralentis et pousse contre l' intérieur .
Dedans, les cafés sont servis tranquillement . La majeure partie aux tables . Entre un style boiserie à l' ancienne et une marbrerie d' après guerre . Une trentaine de tables en tout et pour tout . Habité par des gens simples . Des salariés et des retraités . Des honnêtes par purs principes . Et servis par un long maigre , s' effilant par caprice à ne pas s' énerver . A pas tempérés ; d' un matin gris . Comme le barman ; qui bâille de temps à autre en profitant de son accent parisien à tout faire craquer . Et pour causer à deux autres parisiens, accoudés au comptoir et buvant chacun un café .
Pour ne pas faire d' histoire, je m' approche du bar et m' accoude . Là, un autre homme prend peine à lire le journal . Un petit moustachu avec une calvitie bien avancée ; portant un costard vert foncé des années cinquante . Sa lecture se distingue de par des trépignements avancés ; des sourcils qui froncent à chaque changement de grosseurs de lettres . Et des parties qu' il délaisse, pour passer à la suite en changeant de pages ... Pendant que je le regarde sans en vouloir à mon tempérament . Le barman s' avance vers moi . Je lui commande un café . Il me l' amène ensuite, et, avec la quittance, qu' il dépose à côté de la sous - tasse . Puis il se retire pour redonner coeur à sa discussion .
Avant de le boire, je consulte la quittance . J' enfourche ensuite mon pantalon . Tire mon reste de monnaie, trie les pièces et dépose le montant correct sur le ticket ... Et quand le compte y est, j' avale une rasade ; bien noire .
La tasse reposée, je repense à moi . Et je remarque que je ne sens plus trop ; que mon bain m' a fait du bien, et a, pour le peu, lavé ce costard . Rétrécissant ; et qui, d' un côté, me va très bien . Vu le changement de niveau qui m' a amené . Ma progression parmi les hommes . Et ma soif de vivre ; qu' est maintenant, bien quatre fois plus grande que celle que j' avais il y a trois jours . Avec mes amours ; ma prétention de ne plus être un pauvre type . De jouir de mon orgueil ; pour la tête que j' ai et pour les conneries que je raconte . Et à m' en déplaire si elle en choisi un autre ; pour sa puissance morale . Que je ne dénigrerai pas ; de sûr ; pour aimer à raison d' être . Et pour surprendre en bien . Faire plaisir à une petite des îles ; une crève - faim ; qui serait plus qu' heureuse de voir arriver un européen la ramener dans son hiver . La présenter à ses amis ; pour qu' ils puissent dire : Ah le pauvre type ! Avec ferveur, comme une juxtaposition moribonde entre eux et ma tête . Mon honneur de lancer des phrases ; sur le mont des nantis ; à me faire publier ; pour qu' on dise un jour : Le pauvre, il s' est auto - édité ! Dans le sens contraire de mes capacités ; pour éventuellement me lire et n' en penser rien qui vaille . Juste le regard de ma belle dame ; qui peut - être, comprendra tout ; tel que mes poèmes, mes recopiages et le désastre d' une vie . Le trou noir ; dénaturé ; comme mes incorrections . Et comme un poème que j' aime bien ; écrit par Jim Morrison : " You must in to me . Into my womb garden where I peer out . Where I can construct a universe within the skull to rival the real . "

Autrement, il ne serait pas m' enfoncer si j' affirmais que lui était bien plus beau que moi . Et en anglais ! ... Mais là n' est pas la question . Car, à côté de moi, l' homme dépose son journal sur le comptoir . Il a fini de lire . Alors, avec courtoisie, je m' octrois à lui demander si je puis l' emprunter . Il me fige d' un regard illustre . Et accepte . Je le tire alors contre moi . Le bloc replié . Je le retourne ; et, en demi - lune, je me fige sans conscription . Une belle peur ! Car la page d' avant garde parle d' un nouveau massacre . Cinq personnes en tout . Assassinées dans un appartement ; et à Barbès . Et avec, comme image, le corps étalé du barbu, baignant dans une marre de sang de quatre mètres carrés . Le crâne presque arraché . Par des balles . De gros calibres . Sous un décor de charogne qui hume à même la page . Avec son bureau derrière, écrasé au sol . Et ses livres, éparpillés partout et tout autour de la seconde personne morte . Griffée à deux mètres de lui, dans le visage a déjà été recouvert . Sur un effroyable corps, complètement mou, effacé par des traces de tortures et de désapprobations . Jugé pour l' inutilité de sa vie . Pour l' inutilité de sa lecture ; de son roman inachevé . Et pour inutilité de son appartement ; trop dégouttant . Trop puéril . A l' instar d' une mort à compte d' argent et d' honneur . Pour finir troué sans raison qui puisse valoir sa terre . Ses immondices . Sa cruauté . Et son emploi du temps, engorgé par une fumée mystifiant les ténèbres, à joyaux apocalyptiques .
En lisant cela, mon ventre se remet à nouveau a gargouiller . A grelotter comme quand je skiais en montagne sans gants . La frayeur ! Qu' à me demander pourquoi ils ont fait cela . Et qui ? Par bon sens : qui ? Par pur préjudice qu' ils m' ont suivi et me suivent encore . Ou de par le coup de téléphone envoyé par le fonctionnaire . Le trip à cent à l' heure . Le suicide collectif ou le règlement de compte . La table ronde . Les jours sans fin . Ou le malheur des uns peut - être . Pour finir où ? Dans l' appendice des pages de gardes . Ou sur la première des pages . Comme c' est le cas aujourd' hui ; afin de m' empêcher de survivre . Et m' inciter à la mort ; au camping peut - être . Celui des flots bleus ; pendant que j' achèverai ma dernière page . Une balle dans le ventre . Une autre dans la bouche qui ressortira par la nuque . Afin de laisser jaillir un pur sang de Suisse . Ma banque de données . Esclaffé contre un mur et noircit par l' explosion qui s' en suivra .
La gorge sèche, je finis ma tasse en contrôlant que personne ne m' observe . Les yeux ratatinés, j' ouvre ensuite le journal en grand . Un pressentiment pour sûr, car l' article part comme cela : " Règlement de compte à Barbès " . Avec, ensuite : " A six heures du soir, hier, une bonne vingtaine de coups de feux ont retenti dans un appartement . Cinq cadavres ont été retrouvés par la suite . Le propriétaire du lieu, deux hommes, un ancien commissaire de la criminelle et une jeune femme de dix - huit ans . "
Ô que bien mal lotis, je continue . Ils expliquent ensuite que plusieurs sortes de cartouches ont été retrouvées . Tirées à bout portant . Pour qu' ils finissent en racontant que la police n' a toujours pas donné de précisions . Qu' une enquête a été ouverte . Et que plusieurs pistes sont à prendre compte ; comme celle de la drogue, du trafique d' armes et celle du ripoux à la solde du grand banditisme . Avec des explications bien aléatoires . Convainquantes à trente pour-cent . Et des configurations, en troisième page ; montrant deux autres photos de la chambre ; en expliquant en gros de quoi vivait le gros et le trafiquant ; la carrière du fonctionnaire ; d' où venait le pauvre type ; et qui était réellement la fille . Et à savoir, pour celle - ci ; que cela faisait deux ans que ses parents la recherchaient . Une fugue sans retour . De son Dijon natal . Un petit bled trop loin du centre ; là où l' ennui règne . Et où ; comme le dit si bien le journaliste ; là où l' on ne trouve pas d' âmes assez attractives pour satisfaire son savoir dans l' esprit, pour l' amour de l' essence qui se trouve ailleurs .

Placardé à mon sort, je me retourne alors sur l' homme, qui lui s' en va . La tremblote en tous sens . Et la transpiration qui dégouline . De partout . Pour me dire que c' est à nouveau la fin ; la fin du monde qui recommence . La fin d' une épopée ; du ridicule ; à l' instar de mon cher, qui lui a préféré délaisser son journal à mon insu . Un espion bien entendu . Pour me rendre obligeance à me fragiliser ; à mon sort . Mon sortilège ; et à une survie dans un Hollywood rempli de femmes et de gangsters . La mafia par tous les moyens ; qui remonte . S' en ressort . Pour en arriver à se demander à quel niveau se situe l' art ; la renaissance ; d' une guerre ; qui jubile entre quatre murs et devant une loupiote de photographe .
Délaissé, je le regarde sortir . Son pas gît ; la mouche ; comme pour me faire croire qu' il est pressé ... Dans sa vertu, il referme ensuite la porte derrière lui . Peut - être pour les courant - d' air . Et il s' en va contre la route ; et à s' y méprendre, en arborant un spasme qui relate clairement l' épreuve du temps .
Je le regarde jusqu' à le perdre de vue, et me retourne face à mon journal . Et devant ; rien n' a bougé et rien ne bouge . Mes mains tremblent . Ne se sentent plus . Mes ongles ; noirs ; trépident . Je sais que j' empeste ; les gens se détournent ; me prennent pour un nouveau . Sans issue . Et face à des nouvelles qui n' en disent pas long . A me bruire des vérités ; comme celle de l' existence de la jeune fille . Que j' ai imaginé au mont le plus aigu de ma pensée et détourné dans sa stricte réalité, pour me croire maintenant devin . Ou apôtre ! Ou au détriment d' autre chose ; afin de me pavoiser à une croyance . Car pour sûr que je rêve ; je l' ai déchiffrée la fille avant que le crime se fasse . Elle ; dans son pieux ; s' allumant chaque nuit avec la barbe jusqu' au matin . Et bravant l' invincible pour ces regards d' hommes déprimants ; qui jouissent ; dans leurs mondes à n' en plus finir, pour se voir la pousser dans le cloître d' une église quelconque, afin qu' ils puissent dire un jour : OUI, j' ai été marié ! Deux enfants . Avec une soucieuse que j' ai sortie de la merde . De la drogue . Et qui m' a quitté il y a déjà dix ans .
Brimé ; je continue ; je tourne encore une page . A l' autre, le sujet change et je remarque qu' ils n' ont pas fait l' allusion entre cette affaire et celle du président des Etats - Unis . Une considération affligeante certes . Pour qu' elle puisse rester en première page . Sur des faits ; qui ne tourne pas ; à s' en dire ; et pour imaginer qu' une constitution se serait mise en place afin de dérouter tous les propos et toutes les mauvaises langues . Une avanie, dans son enveloppe ; qui me rappelle à nouveau la petite histoire du brave pauvre type, dont l' imagination s' est fertilisée à vaincre une peur, et un nom, sans augure, que personne ne connaît, mais qui relate l' amnistié, ou le vendu d' une nation . Et quand je parle de nation, presque tout me revient ; de mon enfance à mon armée ; pour me dire : maintenant, ça y est ! La main noire va me prendre ; m' épouser au plus haut de mon sort . Et me dire ; mais brave gens ; c' est toi le coupable et pas les autres . Pas le gros . Pas le commissaire . Et ni le jeune pigeon ; que t' as bien volontiers voulu livrer au plus malséant . Non mon cher, le pigeon ; c' est toi ; et toi seul, et qu' on va pendre afin de faire connaître aux autres le sortilège qui les attend s' ils essaient de chercher une autre issue à leurs vies déjà pourfendues, et déjà condamné aux devoirs primaires qu' on leur consent à dire : mais c' est la vie !
Le nez en bas ; presque au sol ; je m' efforce de me contenir . Je résiste à ma façon . Des gouttes en viennent même à tomber ; pour s' écraser contre des sous - titres . Sur mes côtés, je ne ressens aucune présence m' apprivoiser . La vie s' active normalement . Les gens circulent ; causent bruyamment ; et sans se soucier de mes problèmes factices . Le barman lui, n' en dit pas long ; il reste à causer avec ses deux camarades, qui s' obstinent par à - coups de virulence, à hausser de temps à autre la voix . Et derrière, aux tables, rien ne bouge non plus ; le monde bois ; je les entends ; respire, à s' y méprendre ; et dans le feu d' une atmosphère, quoique, bien tranquille pour la saison .
La transition passe alors . Quelques minutes de silence . Pour moi - même . Mes yeux crissent ; pleurent aussi . Je referme le journal . Le replis pour le prochain et le dépose à côté de ma tasse . Je me regarde ensuite, en travers les fonds de bouteilles vides, alignées sur un monticule en bois qui longe le mur qui m' oppose . Et là je dis ; mais ! Il est temps ; temps de s' envoyer . De se rendre à l' évidence . Aller dire au revoir à ma mère . Dire au revoir aux personnes qui m' ont tant détesté . Et prendre la première personne qui me mate ; pour lui dire : O. K. , je me rends ; assez joué ; amène - moi chez ton chef ; qu' on me guillotine vite fait ? Allez ; faits - le ; pour moi ; fonctionnaire ; j' ai assez donné ; et je crois que je le mérite !
Dans son sens ; ce raccourci est la première chose qui me vient . Le vent de la confusion . Ma tasse vidée plus de trois fois ; je me reprends néanmoins un peu . Je regarde l' heure . Et, comme d' un grand comble, je me soulève . Le sol craque . Ma circulation se vocifère . Puis, exténué par la noblesse de leurs plans, je m' active . Je me retourne . Sur la route . Je me remets à marcher . Mes pas ; virulents ; me virent à la situation qui ne tue pas . Ma salive ; je la ravale . Et quelques secondes plus tard, j' arrive à la porte . Je l' ouvre . Sors du bistrot . Referme la porte derrière moi ; pour les courants d' air . Et ; quand le vent me retombe dessus ; je pique une grande démangeaison et envoie en travers toute l' assemblée une criée au mémorial à ma jeunesse .
- Mais allez - vous faire mettre !

***

Au pinacle de cet état d' esprit, je reste ensuite quelques secondes à me faire regarder de par tous les bords qu' il soit . Des petits yeux de sournois, qui en disent, que bref ; le mec doit en avoir reçu une sur la tronche . L' homme qui a tourné ; pour être plus clair . L' homme maintenant sale ; perdu à des causes sociales et que le monde distingue comme une nouvelle forme d' appareil à mendier, à voler et se rendre intéressant sur les bordures des couloirs de métro ... Et si j' en dis long, c' est qu' une vingtaine de personnes ; surtout en terrasse ; se prélassent à ausculter l' individu de plus près . Une rigolade discrète ; tout à fait compréhensible, vu la connerie que je viens d' omettre . Et quand je parle de connerie, j' entends par - là ; que mes faits, hier soir, ont été d' un ridicule quasi inadmissible . L' idiot même ; pour m' être enfui, dès que les deux se sont séparés ; alors que quelque chose d' autre allait se passer . Le dingo ; pour m' être décidé de m' offrir une bonne nuit d' hôtel ; alors que tout allait commencer . Et qui me laisse maintenant ; et à nouveau ; dans le noir total . Dans la totalité de mes citations ; du grotesque que je suis ; du nul . Ô oui ; du nul ; et à cent à l' heure !
Afin de ne pas rester sur la ligne de mire de ces infidèles, je me déplace néanmoins un petit peu . Un petit layon à ma vocation . Une route, une avenue et des palmiers ; pour, arrivé au coin de l' immeuble, tourner sur ma gauche et suivre mon itinéraire sur un nouveau dallage ; gris foncé .
Là ; je m' obstine à nouveau . Et il en vient que j' ai fait une belle connerie, hier . Car, s' ils m' attendaient ; eux : ils ne les ont en tout cas pas ratés . Et en plein dans le mille . Dans le milieu, surtout . Afin de ne laisser aucune trace au niveau de je ne sais quoi ; peut - être pour moi ; afin de me voir pendre sans témoin qui oserait relater l' histoire dans trente ans . Ou pour le commissaire ; la fille ; le barbu ; ou autre ; à qui, tout reste dans l' illusoire . Pour m' avoir suivi ; ou suivi le fonctionnaire . Et pénétrer ensuite dans l' appartement afin de tous les flinguer . Ou aussi ; comme je le pense ; les descendre les uns après les autres, pour les transborder ensuite sur le parchemin d' un simulacre . Le coupé - coutre . Parfait . Et à la chaîne . Comme à l' usine ... Ou encore, la feinte toute bête ; pendant que tout le monde est sorti, on entre, on kidnappe la fille, les deux autres reviennent et on les flingue tous les trois . On attend ensuite ; le loubard s' énerve, ne voit pas revenir le jeune, s' inquiète, se demande, et pour finir, se bouge du côté de l' appartement, tandis que plus loin, le fonctionnaire, à vue d' oeil, l' aperçoit ; le suit alors, monte les marches, et tombe sur les bandits qu' ont fait le carnage . Et keep out, le travaille traité de manière professionnelle .
Comme j' avance, ma drague s' ourdit . Mes pattes ; en longueur d' onde ; me font de moins en moins mal . Et c' est plutôt le bide et la tête qui sont en train de ramasser . Surtout le foie . La rétine ; celle qui démange ; qui créer le mouron et la déprime . Car, dans mon audace, j' en suis encore à me demander si on me suit
réellement . Si on m' oppose à cela ; et si réellement, mon histoire ne ferait pas partie de mon imagination la plus claire ; et avec, maintenant, cinq innocents morts à cause de mes feuilles de choux . Dont deux jeunes ; pas encore mariés ; et qui auraient pu se rencontrer dans d' autres circonstances que celle -ci . Comme un beau mariage et non pas un beau carnage ; que j' ai rendu public, et à l' instar d' un homme qui buvait son canon tous les jours à la même place, d' une fille qui cherchait quelque chose, d' un écrivain sans éditeur, d' un revendeur à quatre sous de l' heure et d' un jeune homme, comme moi ; qui aurait du passer son chemin au lieu de se faire ramasser, là ; alors qu' il comptait trouver autre chose afin de ramifier sa gloire à ne pas être lu et entendu .
Quand j' arrive au bout de la rue, je me retourne, afin de les apercevoir ... Mais rien ! Que du vent . Que de l' air . Pas une seule marque . Je soulève alors ma tête afin de m' y figurer ; sur les toits ; ou en hélico . Je passe pour cela, en revue, tous les coins et toutes les cheminées . Un travail d' équilibriste qui me prend pas mal de temps . Et de courage ; car ; après une bonne dizaine de secondes, je me rabaisse et repointe mon faciès sur la rue ... Le temps passe à nouveau ; mais personne . Que du silence . Et quelques personnes . Inaudibles . Qui n' ont pas l' air de se soucier de moi ; pour que je morfonde à tout leur raconter . Et à leur dire qui je suis vraiment ; dans mon instance, pour avoir imaginé une belle connerie qui a fait cinq morts .
Ma transpiration dégoulinante, je continue ensuite . Le trip a vraiment commencé, que je me dis . Alors que je m' étais imaginé de m' en sortir, me voilà à nouveau entre les mains du méchant . Dans le noir complet . La déroute . L' abreuvoir du médiocre . Le néant ; et à cent - quinze pour-cent . Pour ne plus quoi trouver à dire . A penser . A me démystifier face au contenu des autres personnes . Et à imaginer ; pour mon moi - même, qui ne doit sûrement pas exister et qui doit vivre à longueur d' année dans le mensonge . Dans l' oubli d' un idéal, et d' une réponse ; qui m' en vient à me l' offrir tout seul . Pour ma parlote ; et jusqu' à me vendre, dans un lointain irrésolu . Exponentiel . Et qui me dit parfois : mais où est le rêve et la réalité ; car, très humblement, je me suis mis à parler tout seul . A gravir ma pensée sans aide et dans l' hypnose d' un copinage me criant le silence des impies ; des ingrats qui ne servent à rien .
En arrivant sur la prochaine rue, je prends sur ma gauche . Pour la suivre, qui elle, est encore bien calme . Une tranquillité à l' habit de star ; dont sa pâlisse est de n' avoir pas de magasin dans ses environs . Que des immeubles à appartements . Chics ! Grands et perspicaces .
Je me laisse alors aller . Et dans ma torpeur ; après une bonne centaine de pas, je me retourne à nouveau ... Et là, comme tout à l' heure ; rien . Que du vent . Que du bide ; à l' air . Pour des passants . Et des habitués du lieu ... Alors je continue . Je marche encore sur une centaine de mètre et me retourne . Et de nouveau, le néant complet . Le silence en grande marge . La bifurcation à droite . Pour ne pas dire je t' aime ; à ma belle
destinée .
Dans mon aspérité, mon déclin s' achemine ensuite . Une autre rue . Un peu plus grande . Peut - être une avenue ; avec des voitures qui rembarrent l' espace dans tous les sens . Et des femmes ; à n' en plus compter, qui portent toutes des mini - jupes à couper le souffle . Et à couper le coeur ; pour moi, qui pour l' instant hésite entre le suicide collectif et me rendre tout simplement, et sans hésitation . Car ; je vous le dis ; à me trouver au plus mal, ben je m' y trouve . Et en plein dans le mille ; car à force d' hésiter, mon sang s' est durci ; s' est flagellé de façon irrémédiable . Pour en arriver à en primer ma gloire, sur ce que j' appelle : de la trahison envers mon devoir de libre penseur et de révolutionnaire .
Quand j' arrive au tournant du prochain carrefour, sans même visionner ce qui se passe autour de moi ; je la traverse sans rien dire et repense à cette chose . Cette araignée qui ne vit peut - être que dans ma tête . Et qu' à l' intérieur de toutes ces histoires que je m' étais inventées . Une oeuvre pour en parler plus longtemps ; à ce livre qui ne tarde d' arriver et qui me ronge . Les tympans . Pour aboutir à ce fait et pour ne plus penser qu' à cela . Qu' à cette perte de jouissance . A cette époque où je m' étais averti de ne plus tomber amoureux afin de ne pas voir mes cendres s' effondrer pour des agates en velours ; satinées ; pendues à des lèvres rouges, cristallisé ; dont l' enveloppe d' émeraude s' ouvre à une présence nocturne trop insignifiante pour m' attarder aux plagiats d' un regard à l' auge fragile .
Et à en venir à bout ; moi, l' homme, je m' efforce . Le petit être ; dont l' envie serait de devenir quelqu' un . Pour une histoire, une mélodie et non pas pour une utilité quelconque, dans les entrailles d' une succursale . Ou sur le pavé ; à casser du caillou à longueur de journée afin de nourrir une famille . Un semblant . Et à une femme ; que j' arracherai dès la fin de ses études . Dans l' oubli d' une fabulation ; sur la vie que je comptais m' offrir . Telle une toison d' or ; d' orgueil et d' argent ; pour me retrouver comme à l' accoutumée, sur le tapis . Sur ce sol noir ; ingrat, sans pitié, sans faveur et sans pourboire . Dans l' avènement d' une géographie prospérant qu' aux endroits les plus froids . Comme ma déambule, se pourvoyant d' aucune adresse, aux mourons qui vit en moi ; et sur le parchemin qui dessine ma vie ; pour être né Suisse, à Paris, et pauvre de
soi .

Sur ce conte, ma marche se confirme . Qu' une droiture . Pour m' affirmer . Me vendre à moi - même et pour arriver sur un nouveau boulevard, qui lui, me donne des idées . Et très claires ! Nettes ! Jusqu' aux endroits les plus sombres de l' infini ... Et oui, que je me dis soudainement : et pourquoi pas ! Pourquoi pas tenter le diable ; affronter le néant . En tentant le tout pour le tout . En tentant d' aller voir ce qui s' y passe vraiment dans cette mansarde à coups fourrés . De là où l' homme est parti ; pour se faire ensuite abattre . Car, de sûr, maintenant que j' y repense ; tout doit venir de là . Et quand je dis tout, c' est tout : de l' assassinat aux cinq meurtres, en passant par ma personne . Car je m' affirme, pour sûr ; et confirme ce boute - en - entrain . Cette association de malfaiteurs, qui me suit, me dirige, me convulse et me force à rester fidèle . Et les raisons ? Toujours inconnus . Peut - être cherchent - ils un héros . Ou une statistique . Car, pour quelles raisons leurs droits sur moi ne me seraient pas confinés ? Je ne suis rien ; ils ont tout ; ce qui résulte à un schéma bien trop facile . Et autant pour moi que pour eux ; pour qu' ils puissent se dire, mais on le garde ; et avec, comme seule raison apparente ; l' aspérité . La justesse des leurres . L' exactitude des faits . Qu' une résolution à plusieurs étages puissent perdre son temps pour ma personne . Puisse perdre leur argents ; de sûr ; pour qu' un jour, leurs volontés puissent organiser quelque chose de plus grand . Voire une révolution . Ou la quatrième guerre mondiale ; avec comme tête d' appuie : la mienne ! Et en grand état de cause . Avec à mes genoux ; deux cents millions de personnes qui ne jugeront que sur moi, pour en faire ce que j' en voudrais . Les mener . Au plus mal . Et jusqu' au gouffre qui m' a été imposé par eux - même . Rien que ; pour qu' un jour ; je me dise, mais voilà la cause à rallier pour le reste de la planète : la mienne .
Sûrement un peu trop sûr de moi ; je continue à songer . Je m' arrête au croisement . Attends que le petit bonhomme passe au vert et traverse .
De l' autre côté, en me reprenant, je remarque l' état de siège qui m' ânonne . La victoire ! Qui soudainement me grise à ma prédestinée . Alors je continue et toujours avec ma petite idée en tête . Ce qui brillamment, m' active un peu plus et redresse ma contraction . Redresse la froideur de mes muscles, jusqu' alors, tendus par des nerfs d' argiles . Une convulsion ; sur ma prédilection en fonction de mon imaginaire, dont son malheur est d' avoir emprunté un cul - de - sac . Et une rêverie ; qui m' a enfoncé jusqu' aux plus profond de mon état d' âme, pour devoir, maintenant, prendre une décision . Le fléau de ma vie face à des experts, des diplomates du travail appliqué, voulant me reconnaître à tous les niveaux . Du consensus aux satires, et en prenant compte de mes notes, de mon tempérament, de ma sociabilité et de mon comportement envers des exercices, du genre le pavé dans la marre, l' arbre, ou les huit carrés qui ne se ressemblent pas, afin d' y dénicher le neuvième . Pour que je leur dise, mais venez ; testez - moi aux dix erreurs ou aux mots cachés, que l' on entoure, insérés dans une grille de lettres . Là ; j' aposte mon sens du devoir . Mon intelligence à la réflexion, sur de convulsives narrations au renom de mon savoir faire . A savoir diriger une entreprise ou un empire, les pieds sur la table ; pour finir sérieux et téméraire, assit à un siège de député, à Paris ou à Berne . Comme fussent ces grands temples, opérant à l' instar de leurs économies et de leurs peuples ; savoureux, pâlissant dans un grand hôtel ou dans une ambassade ; pour l' honneur et la gloire, sur des thèmes comme l' égalité, la liberté et la fraternité, dont la pâlisse serait d' y coller son nom sur une rue chaude de Barbès .
Sans crier vengeance, je poursuis ; mes convictions bien réparties . Et connaissant mon chemin, j' aligne mon devoir sur cinq cents mètres . Et avec des habitants du lieu tout autour de moi, insouciants du regard terrible de mes poursuivants, qui doivent se dire et trotter comme des fous derrière l' inéligible furieux .

***

En un quart d' heure, j' arrive devant l' office . Essoufflé ... La bâtisse ; elle, n' a pas changé . Toujours la même dégaine : livide . Sans un chat, alors qu' un de leur membre est mort . Ce qui pourtant, devrait leur vendre des raisons afin d' y fouiller l' endroit de fond en comble . Et pour y placer un gendarme devant ; voire des barrières et une camionnette de C.R.S. . Enfin ; pour qu' ils puissent entamer une enquête sur le meurtre et la relation qu' aurait pu avoir l' office sur l' hégémonie de cette affaire .
Mais malheureusement, ce n' est pas le cas . Ce qui m' amène vraiment à croire qu' ils m' attendent . Ou qu' ils m' ont oublié, ou voire jamais penser à moi . A la structure d' une histoire complètement informelle ; réalisée et vécue que par moi - même . Alors qu' un président est mort, et à moins de cent mètres de moi . Face à un silence placardé ; d 'où un homme en est sorti intact, libre pour le moins, mais plafonné à des fanfaronnades poussées à la démesure . Au rebut de soi - même, dont la dérive l' a poussé à structurer l' irréparable . Ou l' erreur de jeunesse . Le mépris . La toison . Le mur de la haine, pour y instaurer une loi précise ; concrète ; à l' encontre de l' indifférence .
Pour le peu que je m' arrête ; je ne tarde pas . Ma pointure déjà sur le même trottoir que la baraque, je ralentis au niveau des premières fenêtres . Là ; je prends garde et laisse aller mes yeux, se brimant à tournoyer dans tous les sens afin de bifurquer rapidos, si un mauvais pressentiment me viendrait à l' esprit . Et ; pour ne pas voir, mais observer d' éventuelles remue - ménages au niveau du rez-de-chaussée, qui lui se hausse pas mal, vu qu' il doit se situer à deux mètres du sol ; et rembarré par de gros barreaux en acier noir, dans son soutient se confirme par un mur, pour sûr, colossal, gris mats, voire noir à certains endroits .
Dans ma contraction, je marche vingt pas, et arrivé auprès de la porte, je constate une structure en bois, d' un brun très foncé, dont le moulage se respecte par des ornements larges, grossiers ; comme des tubes profilés, fraisés ; et qui rend son aspect très lourd . Très large ; pour une porte à deux battants, soutenant une serrure moderne, en acier trempé, et insérée dans la masse sur plus d' un centimètre, et qui exhale l' apparence générale, à rester correctement installée sur un style architectural non moins artistique et agréable à regarder .
Avant de m' aventurer à quoi que se soit, je jette un coup d' oeil sur la boite . Sa masse doit mesurer aux environs des dix centimètres sur dix et placardée à même le mur, avec comme couche de fond, une dizaine de fraisures parallèles, dont l' admittance générale laisse comprendre qu' un micro et un haut-parleur s' y trouvent derrière . Et avec, à côté, une sonnette en plastique de couleur noir, juste au - dessus du nom : " L' office ... ", gravé à même la boîte .
La porte est fermée . Still close ! J' avance dessus et pose ma main sur la poignée . Là, avant de pousser ; je laisse mon coeur battre et me retourne un peu ; pas de quoi souffrir ; sur le trottoir, afin d' y percevoir d' éventuels mouvements de foules . Rien que quelques secondes ; pour ensuite, ne rien sentir et ne rien voir d' anormal . Et qui, pour ceux, me fait revenir sur l' entrée, dont le métal me donne quelques frissons à faire blêmir mes veines, du blanc pâle de ma peau, et celle, suave, et bleuté comme un athlète en exercice .
Ensuite, fiévreux mais concentré, je pousse gentiment . La porte s' ouvre . Je l' écarte et pénètre rapidement à l' intérieur ; comme pour ne pas confier de places à la tentation rebutante de revenir sur mes pas . Un spasme tendancieux . Pour m' y filtrer et apercevoir un couloir de cinq mètres de larges et d' une dizaine de mètres de long . Un aspect assez vieux, mais pas dédaignant, sur un sol en grosses pierres granitées et entourées de deux murs peints en beige clair ; propres, sans tâches, et aussi, sans boîtes à lettres ou autres substances de la même nature .
Au fond, à l' encontre de mes illusions ; aucun secrétariat ne s' y trouve . Aucun gardien afin d' y manier une apparence suspecte . Et afin d' y marquer une présence presque normalle ; vu l' ensemble de la stature . De l' officiel que cela représente ... Et si sûr de moi, je n' y trouve rien qui me semble impropre . Comme des caméras vidéos ou des capacités sensorielles . Devant un petit hall ; rassemblé par trois portes, un ascenseur ouvert et un escalier tournant autour de celui - ci .
Allant vers ma fougue ; et face à ce silence ; j' attends quelques secondes ; bredouillant ma mémoire pour ne rien dire, et m' avance ... Quand j' arrive dans le hall, la même combustion règne ; une petite idée qui me dit qu' ils doivent m' attendre . Mais je n' y prends pas garde ; les trois portes closes ne m' intéressent pas, alors je m' enjambe doucement ; une amenée corrompue ; et décide de monter les marches . Pour ensuite, ressentir une irrésistible sensation ; claire et obstinante . La sensation scabreuse de la douleur ; des poils qui frises à se tonitruer et une peau : grimée telle une poule . La réelle émotion du premier brigandage ; ou de l' acte
sexuel !
Quand mes premiers pas s' affichent, je ne perds pas de temps à observer de quoi le premier étage a l' air . Et pour apercevoir une lumière confuse, entourée par ce grillage ; définitivement sans mouvements, et devant le côté opposé des secondes marches ; revêtu d' un granit gris clair et rugueux ... Un fief bizarre . Un silence éternel ; à se demander si c' est pareil au Pentagone et à Matignon . Dans les salons des grands gouvernements, et jusqu' à la salle remplie de boutons, réservée aux tirs des missiles nucléaires intercontinentaux .
La montée, je la pratique presque collé contre le mur . Au second pilier, j' aperçois une porte vitrée ; à l' ancienne . Rien de bien précis ... Je continue alors et au bout, un petit étage conforme se confirme . La porte, avec une seconde ; pareille ; à trois mètres de l' autre . Et celle - ci, bizarrement, est entrouverte ; devant un grand fond noir . Vide ! ... Je m' en approche alors . Collé sur sa vitre, un papier me laisse à l' enthousiasme . Une petite griffure sans apparence . A la main ; et scotché rapidement, par une personne, de sûr, pressée au jugé de vouloir faire autre chose .
Et dans ma témérité, je peux y lire : " Enterrement de Monsieur ... , au cimetière de Montmartre, aujourd' hui à dix heures . "
Devant l' avenue, je reste quelques secondes pantois . La grande illusion . Et le rêve ! Car, s' ils ont fait les choses en ordre ; tout l' immeuble doit être à l' enterrement . Afin d' un sacrifice pour une personne qu' ils ont connue durant les pauses ; au café . Le sans visage ; sans nom ; travaillant sur des sujets que personne ne connaissait et que personne ne voulait connaître . Mais qui est néanmoins mort à l' inssu d' un attentat ; et non dans sa baignoire ou dans sa bagnole . Et avec le mystère que trois balles dans le ventre peut représenter . Peut se mystifier ; pour que nos trois belles, plus tard, en reparleront comme d' une égnigme insolvable ; à laisser au dépendu ; au reservoir des secrets les plus comfirmés d' une vie de labeur .
Comme si aucun inconvénient me venait en tête ; je passe ensuite à la suite . Le devoir en poche . La convulsion . Et pour m' y faire, je pose ma main sur la poignée et ouvre la porte . La lumière sombre m' ayant indiqué que personne ne s' y trouvait ; je déguste cette joie ; quitte à m' excuser si quelqu' un s' y trouverait ... Derrière, me vient alors une salle de trente mètres carrés, avec deux grandes vitres en bois donnant sur la rue et une quinzaine de bureaux, éparpillés de la manière la plus utilitaire qu' il soit . Et sur chacun, un rangement normal ; habituel ; avec des machines à écrire et des ustensiles subsidiaires rapportant la rhétorique de chacun ; la personnalité de chaque employé .
Me démystifiant, j' y pénètre et referme la porte doucement derrière moi . Je m' avance ensuite et en m' approchant des premiers bureaux, je peux y lire leurs adresses . Des photos de familles, d' enfants et des gadgets à dix balles ; presque des porte - bonheur ; et entourés par des classeurs, des agendas et des feuilles de calcule ou de rapports ... Je regarde tout cela sans rien toucher ; presque le moral cafardeux du chômeur voulant bien travailler là ; afin de n' avoir que des hôtesses comme collègues de travail . Et je continue aussi à marcher ; doucement ; comme dans un musée ; comme dans une salle de classe que j' ai fréquentée il y a vingt ans de cela . Afin de me définir ; la nostalgie du rien qui vaille, dans l' euphorie des poses questions ; comme celle de vouloir revenir en arrière .
Passé le premier bloc, je continue jusqu' au second . Là, sur le premier, une photo d' une femme mature y est posée . Avec ses enfants et son mari ; photographiés dans un salon moderne . Le sourire aux lèvres ; afin d' y inspirer la joie de vivre, sous un plafond d' un appartement à trois mille balles le mois ... Je regarde l' image un bref instant et passe au bureau d' en face . Une panoplie signifiant une autre femme, et avec ; à nouveau ; une photo . Dont l' éperon est qu' elle soit très jeune ; assit sur un linge . La caresse de deux jambes misent en évidences, et ... Je m' arrête du coup ; net . Flagellé . Crispé . Je ravale aussi ma salive ; et avant de faire quoi que se soit, je me retourne afin d' être bien sûr de ne pas rêver . Mais je reviens très vite ; la sueur suave sur mes deux tympans et la même sensation que celle des autres fois . Je prends ensuite la photo en mains ; des deux mains même et disserte ma froideur ; car je n' y crois toujours pas . Son visage doux et capricieux . Ses lèvres fines et ses yeux en écharpe ; qu' une beauté ; indéniable ; car c' est elle ... Ô oui c' est elle ! Et elle travaille là ; la beauté de toutes mes fois . Celle dont je parle tout le temps . La pauvre ; qui me ravive à chaque fois . A en pleurer mes amis . Et même pour y laisser couler une goutte de mes irréductibilités .
N' en revenant pas, je serre la photo très fortement et m' inspire au crève coeur . Le vide ; dans ma tête ; et à en devenir fou ; car je m' y crois vraiment . Après une hallucination pas possible, me revoilà à côté d' elle . Puant comme un chien ; mais bien là . Et afin de vraiment m' y croire, je m' approche de son siège et y colle ensuite mon nez . Une odeur me vient alors ; la sienne ! Un parfum français ; du Guerlain ; l' eau d' Eden ... sûr ! Et une touche de bonté ; rangée à même les dossiers . Qu' un caprice pour une agréable sophistication . Une petite fleur que tout le monde adore . Gentille avec n' importe qui ; et même avec les nantis comme moi . Que tout le monde drague, invite à manger et se lie amitié dès les premiers instants . Les premiers regards du casse - tête chinois . Insolvable . Insoluble . Aux expressions trop divines pour être réels et pour y simplifier le moratoire . Du love - story à la promiscuité ; afin d' aimer la forme qui nous semble la plus proche de nôtre coeur .
Jugeant cette étreinte trop convenante, je m' assois même . L' horreur ! ... Qu' elle soit assise là toute la journée me terrifie l' esprit . Convulse mon ventre pour un petit cul . Une précarité blafarde, dénouée sur ma jouissance . Et à l' intérieur de mon âme ; en plus ; afin de revenir sans cesse ; tel un monstre sans visage et ne laissant qu' une forme d' apparat afin de relater l' envie du néant . La foi du perdu ; dans l' innocence d' une jeunesse s' étant basée sur le principe de la liberté ; à s' en aller vers le mensonge ; de surcroît ; et sur l' obligeance d' aimer afin de ne pas se perdre dans d' irréductibles organismes pourfendus, telle qu' une secte ; ou une femme qu' on s' efforce d' aimer . Le chaos ; dans l' ogive du fléau que certain appelle la tentation ; la pomme ou le serpent ; le dessein à conjurer, et dans le regard et dans nos phrases, afin de ne pas conjurer nos sorts sur une parodie qui nous obligerait à nous dévier de notre route .

Las, je reste une bonne vingtaine de secondes aux désarrois . Je repose ensuite, et malgré tout, la photo et allume un semblant d' intéressement ; pour y ouvrir un dossier placé à côté de sa machine à écrire ; mais que je repose bien vite . Inintéressant ! ... Puis ; afin de ne pas rester là, à attendre ; j' ouvre le premier tiroir, et sans gêne, j' y consulte le contenu . Et là ; surprise ! Un flingue ; de calibre moyen ; est disposé en plein centre d' une pile de dossier . Un noir effrayant ; peut - être chargé ; et lui appartement . Une arme que je ne pensais pas lui convenir et que je ne voyais pas sur elle ; pour me soumettre à ce que cette fille soit flic . Non - point secrétaire ; comme toutes les autres ; mais bien agent, et au service de l' état ; des contribuables ; afin de passer au plagiat envers nos concitoyens . La bonté cachée ou la fille aux doubles visages ; qui me dit soudainement, mais ou est le mari ? Respirant tel l' amour de la veuve noire .
En soufflant ma risible tentation, je n' hésite toujours pas et empoigne l' arme . La consulte alors, et bien vite, je me rends compte que celle - ci est chargée . De petites balles ; toutes fines ; avec des manchons en tungstène afin d' enfoncer la matière plus rapidement . Afin d' y marquer la douleur ; méprisante et que je porte en moi en toute méconnaissance de cause .
Jouissant de certaines tentations, je consulte l' arme un moment . La pose même sur mon tympan de droite ; afin d' y respirer l' envie . Puis je la repose à sa place et tire le premier dossier de la pile . Un beau paquet de feuilles ; entourées d' une fourre en carton ; rigide . Et dans mon empressement, je n' attends pas et l' ouvre . Quelques secondes se laissent alors ressentir . Je me tonitrue ; à en mourir . Car ; dès la page de garde ouverte à mon devoir, le mot " dossier ", anime toute la structure, pour que dessous, un nom et un prénom y soit inscrit . Et si je n' arrive point à me confier pour ce sujet si délicat ; c' est que tout simplement, ce nom précaire n' est que le mien ... Et oui ... le mien !

***

Je reste ensuite une bonne trentaine de secondes dans un effarement pas possible . Et me vante ; à quoi bon ; car un dossier pareil, entre ses mains, se prétend à l' apologie du genre humain . Car si ce dossier se trouve là, c' est qu' elle s' intéresse à moi, et de surcroît s' est renseignée au niveau de mon identité, pour en arriver à ramasser mon dossier aux archives et se l' enfiler dans son tiroir, tel un jardin secret bien gardé . Pourfendu . Et au niveau d' un homme . Qu' un ! Et que visiblement, elle aussi tente de faire connaissance . Afin de se morfondre ; sur l' amitié d' une tête qu' elle a aperçue il y a bien des années . A l' école ou en boite ; mais très loin ; pour me revoir il y quelques jours et vouloir connaître ma profession ; et mon lieu de travail, de surcroît . Et pour quelle raison ? Le mystère reste ; et si dieu le sait, je crois vraiment que les voies ont été conçues afin de revenir sans cesse sur les lieux que l' on a manqués . Afin d' une hystérique situation . Et pour souffrir le martyre ; avoir la haine en soi ; et même en étant classe ; sophistiqué . Et se causer à la vie ; du monde pourchassé ; pour finir dans la drogue et dans l' alcool . Et pour finir irradié ; jusqu' à vouloir connaître la situation de l' autre ; s' il n' est pas mieux tombé que vous ; et rien que pour se dire : mais non, je suis meilleur que lui .
Le sourire presque aux lèvres de pouvoir connaître enfin ce qu' ils savent sur moi, je tourne alors la page . Et la seconde me représente direct . Je peux y lire les noms de mes grands - parents et de mes parents . Mes origines . Mon acte de naissance, avec son lieu et le nom des infirmières qui m' ont tendu la main . Et aussi le nom de mon médecin traitant, avec une photocopie des problèmes physiques signalés après l' accouchement . Avec le rapport ; quelques cotations ; et plus que bizarrement, avec une photo de moi, couché, une paire de lange sur mes parties et mon immatriculation attachée sur ma main gauche .
Tout en sachant que cette photo a été prise à l' insu de mes parents, cela ne me surprend pas et je ne m' en inquiète même pas . Je tourne même la page ; et avec la forte envie de me reconnaître encore plus profondément . Et la prochaine page me vient dans l' euphorie d' un bébé à qui l' on apprend à marcher . Avec deux photos ; moi avec mes parents ; les années septante ; pattes d' éléphants et un nombre minimum de bagnoles . Et avec ; des analyses ; encore et toujours ; dont celui de mon médecin, indiquant mon état de santé ; mon asthme et une écriture ; extrêmement importante pour toutes personnes voulant réellement me connaître ; qui indique le mois où j' ai réellement commencé à marcher tout seul et le mois où j' ai définitivement arrêté de sucer mon pouce .
En me revoyant sur des photos personnelles appartement à ma mère, j' en rigole même ; pour une période que je n' ai pas connu . Enfin ; dont je ne puis me rappeler et m' en inventer un caractère . Car trop loin ; la vie ; la belle période où une année durait bien dix ans, et non - pas quatre semaines, dont trois semaines en été, une en hiver et cinq jours à Noël .
Et ce m' amène à continuer ; pour passer à une autre page ; qui celle - ci relate le début de mes souvenirs . Avec une photo de moi en culotte courte, s' apprêtant à aller pour la première fois à l' école . Le sac dans le dos et le sourire aux lèvres . L' année 80 ; dont je m' émerveille encore à revoir quelques têtes de femmes, maintenant mariées, et avec deux enfants sur leurs dos . Alors que notre époque était bien là ; et proche . A juste seulement 35 ans de la seconde guerre mondiale et à 21 ans du premier pas sur la lune . Pour m' en souvenir comme si moi les avais vécus ; et en culotte courte ; devant un professeur nous expliquant le français et les mathématiques . Et avec ; comme rajout sur la page de gauche ; mes notes, dont les détails expliquent mon bavardage . Rien que ça ! Avec ce qu' ils appellent ; des appréciations fondées sur une vigilance de personnes matures, sortant d' école normale, après un bac et un certificat m' abreuvant des insuffisances aux branches les plus réfléchis .
Et rien que ça ; certes ! Avec, sur la page suivante, une photo de classe . La troisième je crois . Assis tous en ronds ; avec le prof au milieu . Et la bêtise d' abord et le reste ensuite .
Afin de ne pas décamper sur ce milieu, je tourne encore . Et là me vient la secondaire ; avec mes boutons et ma première cigarette . Et des filles ; déjà matures . Belles à croquer ; qu' on revoit comme de petites satires perverses que j' ai, en tous sens, ratées . De petites fées qui sortaient déjà et qui décryptaient déjà tous les regards ; pour des hommes, ou un . Dans le silence des fugues ; des entrées de club ; dont l' allure de leurs caprices amenait les videurs à les prendre pour des filles de dix - huit ans . Carrossées jusqu' aux bout des seins ; les jambes longues et fines ; et déjà, sous le regard bleuté des premiers traits de maquillage .
Une belle époque certes ; pour beaucoup . Je la regarde avec attendrissement ; puis, vu que celle - ci ne m' a pas été en tout point tendre, je la laisse tomber et tourne la page . Pour passer à l' apprentissage . Sans photo, mais avec des prestations de personnes m' ayant connu . Des profs ayant travaillé avec moi ; et avec leurs bons consentements sur mon apologie ; mon sens à la réflexion ; au devoir ; presque au sacrifice . Afin d' y vaincre toutes les humeurs de ma personne et afin d' y relater ma passion ; indicible ; pour des personnes plus tard, qui n' auront qu' à choisir ma place dans le flot d' une entreprise . Et à savoir ; pour un travail précaire ou perspicace ; intelligent ou dédaigneux ; et pour une vie future ; sur des principes tels que le pistonnage ou le travail en sens précis .
Presque dans la haine, je tourne la page . Mon armée passe alors . Le troufion : dans mon habit ridicule et avec ma bouille, que la jeune belle a du trouver marrante . Le petit rire pour une tronche de vioque ; silencieux ; les boutons encore pleins les joues . Et je l' imagine aussi rire sur les rapports que mes officiers d' alors ont écrit sur moi . Des rapports précis en sortant des termes tel que : " homme sournois, asocial, prépondérant, manquant à ses devoirs, lunatique " . Et tout cela sans gêne ; avec des annotations . Des notes pour les marches et pour les tirs . Afin d' arriver à des conclusions interprétées par différents soldats, me bravant sur mes humeurs ; et à savoir : " peut être bon, mais trop pervers ; et se prêtant à une intelligence confuse, dont la psychologie relate des manques de confidences certaines ; et de surcroît, emmagasinant en soi la majeure partie des insultes ; ce qui relate sa grande faiblesse et ses tendances dépressives ."
Et point à la ligne que je me dis . Si elle a lu cela ; son coeur a dût balancer ; tel le petit devenant grand . Alexandre le grand ! Car ses amours ; le sont - ils ; à me réconforter ? Pour lire des anti - anarchistes utiliser la plume à des fins de jugements ; à des fins de perversité ; des poings à la gueule . Dans ma bouche et dans mon estomac . Ou si je ne me trompe pas ; à se prétendre au même niveau qu' elle ; flic par nature et par bonté . Meneurs d' hommes, donneurs d' ordres, receveurs de séants et rectificateurs d' états . Et dans l' entremise d' un pouvoir ; pour en arriver à être ses vassaux les plus assidus et les moins perplexes ; et sous l' influence d' une magistrature à l' étalage, qu' on ne connaît pas ; mais qu' on précise être la meilleure jamais existée .

M' interprétant cette supposition dans tous les sens qu' ils soient ; je m' essaie alors d' imaginer la fille . Une école commerciale, une période de chômage et un enrôlement ; point . Aucune raison en plus pour la coroner à d' autres idées, car si je ne l' ai pas observée durant toute ma jeunesse, je ne manquerais pas de la protéger . Une assurance certaine à l' inventaire d' une aide sociale . Et une jeunesse ; Ô sûr, ouvrière, pour que je m' attache à elle et m' attire au bien d' autrui, dans la moralité de sa vie . Et aux dépens de ma bourse, comme un devoir d' une situation morale, dans mon honneur ridicule, à l' amour d' une dépendante d' argent et de bon soin . Dans la fertilité d' une phobie, à pilier le rose d' un pétale, au chagrin d' amour et à l' éternelle sauvagerie . Et lui instaurer l' ivresse puérile du soldat de feu, à la chaste robe et à l' idylle au manteau sapinière . Et à l' oracle ! La fée ! Jusqu' au jour où il faut en finir et dire merde à tout cela .
Brimé mais debout, je me reprends . Je m' investis et tourne la page . Le temps d' une respiration et je me rends compte qu' aucune photo n' y est placardée . Juste une longue texture aussi compliquée que mon roman, prend suite . Presque sans analyse . Et un début fracassant qui me tape direct dans le mille et m' aspire à entamer l' aventure ; et rien que pour savoir si ceci a été écrit par elle .
" Des annonces dans les journaux jusqu' à ce que le pigeon s' approche . La location du local . Le rendez - vous une journée avant . Prendre le no 28 comme intermédiaire . Lui informer de la procédure à suivre . Son rendez - vous du lendemain . La préparation du matériel . Le rendez - vous du lendemain . L' homme viendra à l' heure . Il entrera . Il prendra l' arme : 98 % . "
Sur ce chiffre, je m' arrête . D' un côté surpris, mais de l' autre soulagé . Heureux de savoir que je n' avais pas tout tors . Heureux ; au final ; même si je meurs ensuite ; d' être au courant de bien avoir été pigeonné et d' avoir compris directement l' astuce, pour me la concorder à mes avantages jusqu' au point d' avoir pu leur dire : bye bye ! Au revoir ; moi je m' en vais et je passe pour cela, par la sortie de secours ; se sera plus
court pour tout le monde .
Et une histoire à la con que je ne m' étais pas inventé . Lu de sûr, par ma belle, qui a dût se demander ; mais tout le monde lui en veut à celui - là . Tout le monde le cherche ; pour s' en être sorti tel le prince et avoir trouvé de surcroît un autre pigeon à abattre, afin de faire plaisir à tout le monde : et plus particulièrement à l' armée et la C.I.A., et bâclé l' affaire vite fait bien fait, ni vu ni connu . Cinq pauvres à l' emballage . Cinq sacs en plastique, pour terminer sans contre - sens, sans impasse ne pouvant prouver le contraire . Et des mots ; surprenants ; me prenant néanmoins en flagrant délit, comme les 98 % . Un taux de change pas possible pour des statisticiens qui ne se sont pas trompés sur ma personne et ma loi ; et à mon infortune de m' être épris par le no 28, choisi pour son 100 % . Elle la convive, sur la procédure à suivre, même trop facile et trop évident pour y prouver le contraire .
La suite donne quelques détails d' apparences . Je les oublie afin de poursuivre sur l' autre page, dont une texture m' apparaît sous une liqueur de chiffres ; des statistiques et des comptes rendus concernant le monde à employer afin d' arriver à un 100 % de réussite .
" L' attente dans l' appartement . Une demi - heure . Le départ . Il prendra l' arme : 94 % . La sortie dans la rue . Il ira regarder ce qui se passe : 3 % . Il marchera . Il entrera dans le cinéma : 95 % "
Le documentaire s' arrête là . Pour la page . Et quelques explications, avec des courbes, des analyses sur ma personne et dans l' arborescence des terminologies, je peux y lire anxiété, maladresse, et un nombre ; représentant les cognements de mon coeur ; d' un bon cent - quarante devant la porte, à un cent - nonante le flingue en main . Pour en arriver à une description presque parfaite de mes sentiments . Des mes peurs . Ma parrano notifiée ; étalée sur une échelle de cent et à la lecture du tout Paris qui sonne la gloire . Et à elle, qui maintenant me connaît comme ma mère ; mon adulation, pour une pioche ; afin de m' apprivoiser à un semblant de respect et à une touche, sinon moins est, pour l' orgueil, et que je me la coupe en deux, si, à raison de notes, l' amour se relate en bons termes .
M' imaginant maintenant, à mort, le rire de la femme ; je me hante un peu ; mais pas de quoi en mourir, et je poursuis, à la fois la haine et la fois l' impatience au ventre ...
Et direct ; la page tournée, je me remets à lire à la suite .
" Il ira s' asseoir . Regardera une partie du film . Se rendra compte : 96 % . Sortira par la sortie de secours : 94 % ... "
Le texte continue, mais je m' arrête . Pourchassé ; je n' en reviens pas . Une grosse cicatrice vient de se rouvrir et je la ressens comme une lettre ouverte à mon tempérament . Car ces troublares ; comment ont - ils fait pour deviner que j' allais me casser, alors que j' ai pensé à cela qu' à l' intérieur du cinéma . Et à n' en pas en revenir ; car si cette histoire tient du mensonge, c' est que mes fesses ont passé pour le beau des bois dormant de la législature . L' idiot à l' état pur ; pour en arriver à conclure que j' allais marcher dans leurs histoires aux 95 pour-cent de mes intentions . Et pour que je les félicite aussi ; à cette gloire des devinettes qu' est ma personne, dont le symbolisme est d' en faire ce que le l' on veut et à n' importe quel moment, n' importe où ; et dans n' importe quelle situation qu' il soit .
Troublé à n' en plus finir, je relève ma tête . Dans le couloir ; toujours aucun mouvement . Le silence règne et j' y mettrais facilement ma main au feu s' ils ne sont pas entrain de m' écouter . Une idée flexible et qui tient debout . Mais qui me force néanmoins à reprendre, et dans l' envie de ne jamais lire le nom de ma belle au confluent des pages .
" Il gardera l' arme : 98 % . S' éloignera du site . Se dirigera vers la gare . Fermeture de la gare . Ressortira de la gare : 93 % . Longera la Seine . Dormira sous un pont . Longera la rue Saint - Denis . Trouvera le bâtiment : 95 % . Longera la rue Pigale . Trouvera l' immeuble : 91 % ... "
En lisant cela, je m' arrête net ; et dans l' étonnement et dans la peur . Et dans l' éffarement de voir ma vie de dessiner ainsi, et si facilement . Et pour plus, je repose alors le dossier sur le bureau et respire un bon coup . Car pourquoi ? Ces 90 % à longueur du temps . Qui me défend sur un objet immaculé . Et l' office ! L' immeuble ! Ils ne vont pas me dire que tout cela a été écrit de toutes pièces . Comme au théâtre ! Comme à la vie ! Afin de m' éliminer complètement . Me bouffer par l' intérieur ; par la racine . Et me laisser mûrir ensuite afin de conclure à un 100 % de je ne sais pas quoi . Pour une préhistoire ajoutée ; ou aussi, peut - être écrite après coup . Après la conclusion des rapports de service . Pour ces agents doubles qui ont bien fait leurs boulots et qui me laissent maintenant, entre moi et mon sort . Entre ma phobie et ma réalité ; et dans un doute, pour sûr ; terrible !
Quant à me relater, je me la donne à fond . Et je repense aux existentialistes ; à savoir si ça leur est arrivé . Pour plus de leurres et à m' imaginer si le trip de l' artiste est de passer par là, et non pas par l' alcool ou par la drogue ; ou encore le sexe . Malicieux ! Aux vertèbres satiriques . Aux déhanchements, à l' intérieur d' une ville, afin de faire souffrir le pauvre type . La honte en puissance ! Et au pouvoir m' ayant abattu de plein fouet avec l' aide d' une arme aussi pire que la guillotine . Aussi terrible que moi et mon histoire à deux sous .
Je reste quelques minutes sans rien dire ; acculé ; me disant que ce n' est pas vrai du tout ; toutes ces histoires . Qu' un cauchemar . Et qu' ils déconnent ou que je déconne à mort ! ... Mais, finalement, ce temps écoulé, je me reprends à me rapeller que plus rien ne vaut, et continue de là où je m' étais arrêté .
" Se rendra à Barbès . Trouvera le négociateur : 92 % . Rencontrera la barbe : 98 % . Vendra L' arme : 94 % . Se rendra au Supermarché : 94 % . Posera l' annonce . Se rendra à la cabine téléphonique . Le pigeon no 2 trouvera l' annonce . "
Puis ça s' arrête là . Et ma mort ! ... Et à m' en vouloir autant ; car c' est dire s' ils ont vraiment présenti que je portais une sale gueule . Et pour évaluer : Ô sûr, un petit 94 % pour le supermarché . Car ces cons ; vous n' aller pas me dire que tout était écrit ! Sur l' inexplicable . La dimension . Et le rêve ! ... Car ; de sûr ; que je rêve les yeux ouverts !
La suite explique la vie du second . Un peu la même que la mienne . Une naissance, une école, un lycée, un apprentissage et une armée . Très dissipé, avec quelques perspectives prouvant mon homonyme . Mon second dans toutes les disciplines ; cherchant un travail et se promenant dans Paris ; et point à la ligne .
Je lis tout même les explications à propos du type mais je ne m' attarde pas trop et passe à la feuille suivante . Là, ils s' affirment sur la location de l' appartement et sur la recrudescence des deux types . Deux malheureux sans grandes importances, dénichés dans les bas fonds du dix - huitième . Et disposés là afin de m' attendre et se payer ma tête ; et pour finir sur un nouveau texte ; dont je prends très vite essence .
" Se téléphoneront . Le no 2 se rendra à barbès . Se rendra de l' office : 96 % . Suivra le no 182 : 93 % . Se téléphoneront à nouveau . Racontera l' histoire de la fille : 92 % . Retournera à l' office . Téléphonera au no 182 . "
Le chapitre s' arrête là . Et moi ; presque devenant fou ; j' ai l' impression que le monde me tombe dessus . La terre entière ! Car vous imaginez le topo ; ils ont réussi à trouver ce que j' allais lui dire . Telle une pure fiction . Un roman universel . Un monde retourné sur ma vie et mes pensées ; l' histoire du temps . Telle une galaxie interposée qui me donne même l' envie de prendre le flingue et de m' en envoyer une dans la bouche . Et que plus vite sera l' éloge . La prodigieuse épopée du fou . L' histoire sans fin ; que de sûr, ma petite dame n' a pas dût trouver cela dans le sens du rire commun . Et qui ne va pas, pour tout dire, passer dans le cadre des coquetteries de fins d' après - midi en présence de ses petites collègues de boulot .
Tout en pensant encore que tout cela aurait pu avoir été écrit après ; je me garde à rester dans cette voie . Mais très capricieusement ; la lèvre aux dents . Et tout en fermant les yeux, je tourne gentiment la page ... Un large soupir me prend alors et je continue, précis dans ma tourmente .
" Retournera à Barbès . Le pigeon no 2 vendra l' arme : 98 % . Partira très vite : 94 % . Le négociateur se rendra dans l' appartmement : 97 % . Le no 182 se rendra dans l' appartement . Le travail sera effectué par le no 18 . "
Et bang ! Le texte s' arrête là ; mais ça reste la mort . Car sur la page suivante, des photographies des différentes personnes y sont affichées . Et devinez ; mon malheur est tombé sur le no 18 . Et ce chiffre correspond à ma belle . Une image de son faciès prit à même le bureau . Et dans un sérieux comme ce n' est pas permis . Une déprime impossible ; alors que Paris contient dix millions d' habitants, la France cinquante - six millions et la terre six milliards, il aura fallu dans tout cela, que je retombe sur elle et de surcroît, entrer dans un office quelconque, prendre la première salle ouverte et tomber pile sur son siège . Comme quelque chose qui m' a poussé dans le dos . Comme une parodie me ramenant à chaque fois au même endroit . Et c' est tout bizarrement surprise ; qu' on me l' invente ; ma petite, afin de la faire passer devant moi . Afin de m' immiscer sur ma réflexion et afin de me conduire au but défini . Car les satires ; comment ont - ils pu imaginer mon amour pour cette fille . L' engager ensuite, et de sûr, me forcer à entrer ici . Afin d' arrimer le travail de toute une vie, sur des principes va

# Posté le lundi 23 janvier 2006 21:31

Columbarium (chapître 15) Daniel Gindraux , 2000

CHAPITRE 15

Un jour de plus vient de passer . Nous sommes mercredi . Le cinquième jour . Et hier soir, j' ai dormi comme un prince . Je me suis en effet prit une chambre dans un petit hôtel sur la rue d' Aboukire . Un sans - nom bien sûr, mais qui m' a emmené à imaginer plein de choses . Des rêves de connivence, au fin fond d' une pièce de quinze mètres carrés . Avec une douche, des toilettes et un lavabo . Propres comme ma chambre ; et avec ma mère derrière qui doit se faire du soucis concernant mon absence . Mon intolérance à propos de sa gentillesse . Du mouron qu' elle peut se faire pour un pauvre type qui finira pauvre type, mais qu' est pourtant né bébé .
Maintenant il est midi . Ce matin, je n' ai pas acheté de journal . Car de sûr, ils en disent long, mais n' en savent rien quand même ... Je me suis plutôt, juste acheté un petit rancart en plaisantant sur ma personne, et sur celle de l' autre . Ce beau pitre ; qu' a sûrement du raconter ma belle histoire à ses potes hier soir au pub . La narration du nanti ; avec la belle épopée de la fille aux cheveux d' or, s' advenant avec des trafiquants de narcotique . Cette tombée du ciel ; dont sa réflexion s' est abstenue à voir une fille qui écarte les jambes à tout bout de champs . A bout de bras ; dont sa seule issue est de se trouver un mari qu' elle va aimer rien que parce qu' il la bat . Qu' il la flagelle en lui faisant comprendre qui est le maître de maison . Et qui, bien - sûr, a réussi à l' avoir, rien qu' à cause de sa réputation d' irrésistible, sur un pénis qui peut atteindre les trente centimètres et faire tournoyer des filles plus de dix heures à la suite .

Comme mon horloge sonne, je m' ajuste comme hier, sur la porte . Car, il est clair que l' autre va bientôt sortir . Comme à son accoutumée, pour ensuite aller manger à sa place habituelle, et retourner à son travail . Une situation simple ; j' en suis sûr . Une partition précise à la note près . Au Fa et au Sol qu' on ne change pas pour deux sous . Qu' on ne modifie pas, comme la dame que j' ai à nouveau vue sortir à moins quart et aux trois femmes que j' ai vues sortir à moins trois . A ce refrain ; qu' est l' heure de manger ; de dormir et de boire son coup ; qu' une destinée qui doit rester sans heures supplémentaires, sans leurres et sans entraves au niveau des tâches quotidiennes qui lui ont été attribuées quand il a signé son contrat de travail .
Le regard toujours à l' affût, je mate encore ma montre . Et huit . Sa klaxonne . D' un peu partout . Un bruit d' enfer ... Sans anxiété, je regarde encore . Et neuf . Puis, la porte s' ouvre gentiment et l' homme sort, son paletot toujours sur lui et son cigarillo qu' il s' apprête à allumer .
Posé sur le trottoir, il pratique ensuite sa coutume et repart contre le bistrot . Je me mets à le suivre . Il fait ses pas et arrive à la porte du bistrot . Il entre pendant que je le laisse s' installer ; posé à côté du magasin de jouets qui se situe juste en face .
Tel un espion à cent balles, je simule ensuite l' intéressé qu' à envie d' acheter un jouet pour son fils . Et de temps à autre, je me retourne sur lui en me concentrant afin de ne pas passer pour le con de service . Ou me faire repérer dès la première heure . Le petit détail à ne pas montrer, si vous voyez le genre .
De l' autre côté, l' homme commande son repas . Il le reçoit quand je change de position, en entrant dans le magasin et en me posant au bord de la fenêtre . Un endroit qui m' imprègne car je me revois encore dans mon enfance . Mes jouets ; qui sont encore bien trop proches de ma vie d' aujourd' hui . Mes légos . Les circuits . Un monde pour les faux - semblants, qu' on évite tous d' oublier à l' âge de la puberté . Mais qu' on ne préfère pas non plus y retourner . Ou plutôt, pour y voir des choses et refaire ma vie ; différemment, et tout en connaissant ce que je connais en ce moment .
Pendant que je me lasse à revoir des choses, et à oublier qui je suis, un peu de temps passe . L' homme a le temps de manger, de boire son coup, boire son café et payer . Et quand il s' apprête à sortir, je sors aussi de la boutique ; et avec dans mon dos, une petite dame qui m' a demandé deux fois si je n' aurais pas par hasard besoin d' aide . La dédaignant, quand j' arrive dehors, l' homme sort aussi ... Et là, il rallume un mégot, fait son tour d' horizon, et retourne travailler ...
Alors, le voyant repartir de bon gré, je l' oublie un peu ; dans ma tête ; car je me dis que c' est bien lui ; mon homme . Ma figure animale qui va me servir ; au service de la France ; et m' envoyer ailleurs ; là où je désire aller ; dans cette contrée lointaine qui n' a pas encore été couverte par les hommes .

***

La guerre ! La guérilla dans tous les sens que j' ai proclamé ; moi le guérillero ... Il est maintenant cinq heures, une journée de vendue . Et de nouveau, après n' avoir rien fabriqué de la journée, je suis pendu à la porte de l' office . Mais cette fois - ci, le coeur à la tremblote et les falots dans les jambes . La dérobade ! La perception occulte de reproduire un élément parmi les choses . D' écrire un livre . Participer à un attentat . A une embuscade . A une révolution . Et pour avoir la possibilité de dire un jour : j' y étais . Et non pas bosser toute sa vie pour remplir un classeur ou une fiche de salaire . Ou encore pour payer un appartement en trente ans, que mes enfants revendront ; afin de boucler les closes d' héritage et pour rembourser le dû perçu par l' office des perceptions .
Autrement, pour le temps, rien n' a changé . Une petite douceur tranquille . Printanière . Et autour, les gens en profitent . Ils vont et viennent telles des fourmis à la recherche de nourriture et de quoi construire . De quoi améliorer leurs situations sociales et bancaires . Afin d' en profiter plus tard . Et quand est - ce ? Peut - être pour leurs enfants ou pour le jour où leurs enfants seront partis de la baraque . Et si ça se trouve, mes parents y pensent déjà . A la fugue de leur bambin majeur ; qu' a peut - être, enfin compris qu' il était temps . De voir le jour . Se trouver une femme . Faire des enfants . Travailler . Vieillir . Et s' assurer pour une retraite à cinquante - cinq ans .

Enfoncé dans mon pouvoir lunatique, j' ai failli oublier la porte . Car, une secrétaire vient de sortir . Et la fierté au ventre, elle dissipe sa fin de journée en s' en allant direct contre l' ouest . Contre, sûrement, la bouche de métro se situant à trois cents mètres du lieu ... Et si je peux préciser sa tenue ; il me semble l' avoir déjà vue avec les deux autres garces . Contre un visage plutôt à charme . La trentaine . Mariée . Un enfant à charge . Et une robe lui taillant des jambes, pour le peu, bien préservées .
Et voilà ce que je peux dire pour elle . Mais je reviens car la porte vient à nouveau de s' ouvrir . A cinq heures trois précis . Et comme si le saint des minables venait de frapper, c' est mon homme qui en sort . Avec son éternelle gabardine . Son air sauvage d' homme que la goutte a piqué . Et sa puissance d' homme de la rue, venant directement des investitures de quartiers ... Afin de préserver ses habitudes, dès sorti, il allume son mégot, jette au coup d' oeil par - ci par - là, et se bouge dans sa direction habituelle . Le voyant s' en aller, je me mets à le suivre, la peur au ventre, et me disant que tout semble marcher trop bien ; car avec ma gueule, on aurait pu parier que l' autre allait traverser la route et m' aborder ensuite en grande fortune . Le style : " Alors, qu' est ce que t' as à me suivre comme ça mon petit ? "
Mais comme rien n' y est, il marche jusqu' au troquet pendant que j' en profite pour traverser, moi, la route . Et arrivé devant les tables, pleines à craquer, il se justifie d' une petite soif de fin de journée et pénètre à l' intérieur ... Et pendant qu' il va s' installer au bar, je passe devant comme si de rien n' était . Je continue ensuite jusqu' au coin de la route . Traverse la petite ruelle adjacente à la rue et fonce sur la cabine téléphonique posée juste au coin de l' immeuble, qui lui abrite un fleuriste assez ridicule, vu qu' une centaine de fleurs à peine, parsèment un espace de quarante mètres carrés .
A la cabine, je me colle sur le jambage en plastique circulaire qui entoure l' appareil . Je prends ensuite en main, mon calepin . Pousse jusqu' à la page trois et aligne mon doigt sur le numéro de téléphone du bistrot, pris le jour même dans une poste de quartier . Le numéro à moitié remémoré, j' arrache alors le combiné . Le pose entre mon oreille et ma clavicule . Enfile ma carte achetée aussi le jour même, et tape les chiffres de convenances .
Le travail effectué, je rembarque mon calepin de là où il est parti, et attends ... La sonnerie retentit alors ... Deux fois ... Et un homme répond, et avec, derrière sa voix, un bruit dissipe de café dans son effervescence habituelle .
Il ne dit qu' allô, mais je comprends direct que je ne me suis pas foiré . Alors j' active mon talent, et tout en jouant l' homme grippé à son travail de bureau .
- Bonjour ; François à l' appareil ; puis - je parler à l' inspecteur qui vient manger tous les jours dans votre restaurant et qui est en ce moment même en train de boire un verre au bar .
Mon répondant ; trop pressé ; ne joue pas la moue . Il me répond même direct .
- Vous parlez de Charlie ?
- Oui, tout à fait !
- Il est bien là ; je vous le passe !
Sans hésitation, il dépose le répondeur ; que j' entends . Et s' en va ... Des bruits de verres me viennent alors . Des discutions obstinées que je perçois à peine ; au loin ; au bar . Et une femme s' exprimant tout proche ; avec des " c' est pour qui le Ricard ... ", " encore une bière ... ", " oui, bien sûr ... " . La femme sûrement, jeune galoche, que tout le monde racole pour passer le temps ; pour draguer un peu ; et pour vivre sans se morfondre . La femme sans ambitions précises, fumant de temps à autre une cigarette quand son temps lui est permis . Discutant volontiers avec les clients et acceptant volontiers les pistonnades des serveurs, qui aimeraient bien, de temps à autre, finir dans son pieu .
Plusieurs dizaines des secondes passent . Moi ; je ne me démolis pas et attends . Un peu coincé . Des fesses ! Mais avec la certitude de ne pas bafouiller plus tard ... Et enfin, j' entends le répondeur bouger et une voix presque dans l' étonnement ; dans l' effarement ; arrive à moi .
- Allô ?
Une petite question normale . Compréhensible . Et qui m' ajuste . Le temps de ravaler ma salive et mieux approcher le sujet .
- Vous travaillez bien à l' office se situant à deux cents mètres d' ici ?
- Oui pourquoi ?
Fluide, je continue ...
- Bien ... voilà ; dans une demi - heure, les deux hommes qui affichent leurs portraits - robots dans tous les journaux vont se rencontrer ... Vous voyez de qui je parle ?
L' homme ; en tout état d' âme ; se surprend lui - même .
- Oui oui ... mais vous êtes qui vous ?
Lancé tel un missile sur un hangar irakien abandonné, je continue .
- Vous voulez l' adresse ou pas ?
- Mais ... pourquoi moi ?
Un discours superlatif que m' envoie l' autre . Je ne vais pas lui annoncer ; moi ; l' espion . Ma philosophie . Mon puritanisme de banlieue . D' un je ne sais où . D' un monde à part . D' un monde à l' autre . Celui qu' est bien le mien . Dans mon infortune d' imaginer tous les hommes comme étant des flics ou des truands, et toutes les femmes comme étant des putes ou des salopes .
Je poursuis sans autre ...
- A cinq heures trente, les deux ont rendez - vous sur le boulevard ... , à l' angle de la rue ... ; et vous ne pourrez pas les manquer, ils ressemblent comme deux gouttes d' eau aux portraits .
L' homme se fige alors .
- Mais vous tenez d' où ces informations ?
Sans répondre, je ne dis plus rien . Le laisse mijoter . Ruminer dans son devoir de policier . Sur un indique sans nom, sans adresse et sans famille .
Quelques secondes passent alors, et je le reprends en toute impertinence .
- C' est à vous de décider !
Et je raccroche sans attendre ...

***

Maintenant cinq minutes ont passé . Rien que d' attendre le type me donne la chiasse . Et dieu que j' ai peur . Il va se ramener, c' est inaudible . Car il se doit ; de jouer sa paire de manche . D' aller vérifier mes dires par lui même . Afin de ne pas tomber dans le mensonge ; pour aller le raconter à la police et se faire insulter plus tard, par ses supérieurs, qui vont le traiter une fois de plus d' alcoolique ; si l' histoire n' était pas vaine ... Et aussi, sa rumination doit tourner en ce moment, car il pense à sa carrière ; à sa réputation . Pour pouvoir enfin revenir de la pêche avec quelque chose d' intéressant . De plausible ; pour sa fierté . Son honneur . Et pour sa foi envers ses confrères ; qui vont devoir à nouveau s' incliner face à sa grandeur . Face à son témoignage universel d' héros de la nation . De sauveur du monde libre ... Parce que ; c' est lui ; et bien lui qui va réussir à dénicher les deux mécréants ; dans un Paris qu' il connaît comme sa poche . Et non pas un autre ; non pas un minable ; mais bien lui, et lui tout seul, et avec l' aide d' un indique anonyme que lui seul connaît . Que lui seul à le pouvoir de connaître, car lui il est, et personne d' autre ne peut le pâlir ; à des cruautés ; qu' est devenue sa vie .
Pour le peu, je regarde ma montre . Et huit . Mais toujours personne . L' homme doit finir son coup, le contraire serait ridicule . Même pas pensable . De se tonitruer la cervelle ne devrait pas être son sort . Car il cherche ; de sûr ; sa redevance .
Dans cette eau claire, je me retourne même sur la foule . Sur les gens qui traversent la route . Les sacs à commissions en mains . La mallette au poignet . Et les bagnoles qui s' arrêtent pour les laisser passer . Et pour ne pas dire qu' il va venir . Afin d' accomplir son sort . Et pour ne pas voir les choses autrement que toutes ces excuses qu' on m' envoie chaque jour au fin fond de ma contrée, rien que pour acquérir un poste de nettoyeur dans une succursale de multinationale américaine .

Sans trop vouloir me laisser aller, je reprends rêne . Regarde ma montre . Et onze . Mon souffle commence à couper court . La migraine . Dans tous ses états . Et ses états de droit ... Et je n' y pense même pas, mais l' homme a peut - être déjà passé . Au milieu de la foule ; pendant que j' étais ailleurs . Un court - circuit encore plausible, vu mon état lunatique permanent . Mon état foireux ! Ma rétine en moins ; qui m' oblige à rester pauvre - type auprès de n' importe qui . Même n' importe quoi . Et n' importe où .
Vu que je réfléchis toujours, je laisse encore passer quelques secondes, et, obstiné, tendu, je repose l' oeil . Et douze . Puis je me dis qu' il est temps . Car j' ai sûrement loupé une coche . De sûr ! ... Alors, je m' avance sur le bord du trottoir . Contrôle que rien ne vient, et traverse la ruelle aux pas de course ... Arrivé au bout, je contourne le coin de l' immeuble . Et de préférence, en recommençant à longer la rue, je m' habilite à ne pas viser les gens droit dans les yeux . Car se serait trop bête ; d' en arriver là . De me faire repérer à ce niveau - là . Alors que je commence gentiment à comprendre le scénario . Les petites feintes de l' espionnage russe . Les trompes - oeil ; que j' arrive déjà à accomplir après seulement quatre jours de métier .
Je marche jusqu' aux premières tables sans à devoir le croiser . Le coeur brimé ... Je continue encore un peu . Jusqu' à l' entrée . Et quand ma vue me permet d' apercevoir le bar ; et ses gens en surface ; je ne le distingue pas . Aucune trace de sa part . Disparu . Dieu sait où ? ... Ou peut - être s' est - t - il caché ? Le héros . Afin de mieux m' attraper . Derrière un montant de renforcement ; telle la grande classe ; afin de me démystifier, dès que ma tronche de perdant s' enfilera à l' intérieur afin de reconnaître le frelon parmi la foule .
Mais vu quand ce moment je ne pense plus trop à ce que je dis . Et aussi pour ne pas à devoir stagner trop longtemps au passage, je m' avance sans attendre vers l' entrée, et entre ...
A l' intérieur, je me presse de laisser passer un serveur . Je lui tiens même la porte . Je contrôle ensuite que personne ne se cache derrière un montant . Une grisaille ; car l' endroit est rempli à cinquante pour cent de sa capacité maximum ... Ensuite, comme personne ne se montre, je m' avance vers le bar . Pose mon coude sur un espace inoccupé . En face du téléphone, étalé entre les verres à blanc et une pile de cendriers . Et aussi, auprès d' une serveuse en pleine activité . Soulevant un torse de quarante ans . Facile ! Et avec, comme souche de travail, le remplissage des verres à bière, en tirant sur la pression .
Je regarde la petite quelques fractions de secondes ; comme tous les autres ; et me repasse à l' évidence . Car ; le sait - il, ou s' est - il enfuit ? La question m' obstine . Je me la ferais bien ; mais mon problème reste suspendu . Le fil de la gloire . Une question de plus à résoudre . La réponse à trouver . Et mes moyens ; où sont - ils ? Et lui ; où est - il ? Peut - être est - il allé faire un tour aux toilettes ; afin de se distraire un peu . Ou peut - être ; est - il déjà sorti ? A - t - il prit côté est ? En direction de son bureau . Pour aller téléphoner à qui il faut . Ou se rendre à l' évidence ... ?
Durant mes recherches, la femme termine sa tâche . Elle dépose ensuite les quatre verres sur un plateau destiné à un serveur, tape le dû et s' approche de moi .
- Pour monsieur ?
Pour ne pas dire, je me retourne sans crainte sur elle . Et aussi sur son grain de beauté ; posé sur sa joue droite . Une petite marque qui ne là défigure en aucune sorte ; mais qui cultive plutôt l' intérêt de sa personnalité .
Vu que ses bras sont fixés sur ses hanches . Dans l' attente de ma commande, je m' appuie sur ce principe et réponds .
- Excusez - moi ; j' attends quelqu' un . Je commanderai plus tard . Si cela ne vous dérange pas .
La femme ne s' offusque pas et me racole en se retirant déjà .
- Il n' y a pas de problème .
Je la laisse alors s' en aller et reviens . Je regarde encore une fois ma montre et me dis que peut - être que si . Un ridicule si, qui m' octroie soudainement à croire que l' autre aurait prit par la gauche . Sans me le dire . Une tentative encore plausible . Pour aller chercher sa bagnole . Parquée dans l' angle d' une rue ou dans la cour de l' office . Une incitation . Une tentation . Qui me laisse tout droit à penser . A réfléchir . A réfléchir sur le fétichisme de sa personne ; qui doit sûrement avoir plusieurs tours dans sa poche . Et être plus intelligent . Plus malin que moi et tout ceux qui m' entourent en ce moment . Et dont l' astuce doit lui valoir tout de même le regard des connaisseurs ; afin ne pas dénigrer tous ses atouts à n' importe qui . Et à qui qu' il soit .
Pour ne pas dire, je me remémore encore cette idée en tête . Je la laisse tournoyer . Quelques secondes passent encore, et finalement, je relève mon coude et me remets à avancer ...
De nouveau dehors ; le regard ingrat ; je m' affirme qu' il est définitivement parti . He' s gone ! Loin ! Et dieu seul sait où . Alors, sans avoir oublié qu' il me reste à observer la réunion entre mes trois comparses, je reprends très vite la voie qui m' est destinée . A me feindre dans la foule . Me noyer ... Et pour m' y faire, je marche jusqu' au prochain boulevard qui part sur le nord . Un pessimisme sur le pied de ma vertu . Entre les angles morts . Sur les gens ; que je dois sans cesse contourner ; de peur qu' il me pressent ; me reconnaissent .
Au boulevard, un grand bruit de voitures s' écrase . Un monde fou ! Je dois me torturer pour me faire ma place . Dans ce monde . Inaudible . Et avec l' obligeance de cette présence surtout, contrecarrée sur chaque coin de rues ; dans l' attente de pouvoir traverser . Dans l' attente de pouvoir continuer . De marcher ...
Je traverse encore plusieurs rues . Dans ma chevauchée . Au firmament . Je croise aussi plusieurs personnes, autant pressées que moi . Mais n' en fais pas mine . C' est clair ! ... Et, parvenu à une petite rue que je connais depuis des paies ; de par sa voie concave qui mène plus rapidement à mon point de rencontre ; je l' emprunte sans accent ... Une course contre la montre aussi ; vue l' heure ; et vingt - cinq . Un coeur battant . Mais quoique plus vivant que ces autres jours . Sur le parchemin de l' académie ; des sciences ; de l' art ; et des lettres . Pour une jouissance qu' évince mon absolu ; qu' est cette sortie de secours ; et qui représente la voie la plus rapide de mes excuses . Et qui sont aussi peut - être que des idées que je m' invente de depuis le début . Le début de tout . Dans mon paroxysme à imaginer les choses ; qu' est mon vivant ; ma rétine fluviale, qui pour sûr, a déjà commencé à refaire le monde dix fois ; cent fois ; et même plus ...

Au bout de la rue je tourne sur la droite ; une nouvelle rue . Des voitures parquées des deux côtés ; je passe en travers afin de gagner du temps . En face, un supermarché s' éprend sur le long de toute la baraque . Il est livide, mais impressionnant . Des habits en action sont vendus à même le trottoir . Avec un vendeur en grande pompe ; tournoyant dans tous les sens pour satisfaire une clientèle qui semble avoir trouvé dans ce fourbi, la perle rare vendue à la moitié de son prix .
A ce niveau, je m' accentue, tourne autour de l' immeuble et continue sur la nord . Je marche alors, encore cinq cents mètres . Une rue contiguë . Habitée . Pas trop vivante . Et j' arrive finalement sur le boulevard et avec, sur ma montre, deux minutes de retard ... Je la longe alors . Elle est embourbée . Une panoplie de gens aux idées mal conçues ; ou trop pauvres . Trop fainéants pour aller travailler en usine . Pour se vendre à qui que se soit . Et se faire politesse à un plus grand que soi .
De questions en réponses, je continue . Un bon cru . Un bon vin . J' arriverai à l' heure ; c' est sûr ! ... Sur mon chemin, je croise pas mal de monde . Des personnages des toutes origines ; sociales . De tous points aussi . De tous horizons ... Durant ma vertu en étalage, j' évite de me contourner . De perdre mon temps . De m' arrêter un laps de temps, rien que pour me rafraîchir le thorax . Je m' évince même ; ce qui m' amène alors, à arriver, avec cinq minutes de retard, au point précis .
Là, quand ma posture se pointe à l' horizon du lieu, je m' arrête et mate . Et devant, de l' autre côté du boulevard, je ne le distingue pas, mais me figure . Je passe pour cela toutes les têtes en revue . Une bonne minute de travail . Surtout qu' un bon nombre de ces garnements ne bougent pas ; qu' ils stagnent là comme des statues de pailles . A attendre . A fumer des cigarettes . Et à discuter de temps à autre avec des acolytes ou des virtuels clients . Des anonymes de surcroît . Et une ribambelle de jeunes ados ; étudiants ; cherchant un petit quelque chose afin de bien passer le week - end .
De long en large, ma vision me trouble . Une existence . Et enfin, caché derrière un poteau pour panneaux indicatifs, j' aperçois mon homme . Il porte sur lui ; sa même veste en jeans, et pour ne pas faire discret, il a installé sur son crâne, une casquette des Rockets de Houston . Et aussi, un bel emballage qu' est ce type ; car sa main droite est posée sur sa bouche . A se demander s' il suce son pouce ou s' il se ronge les ongles . Qu' à n' en voir que lui . Mais je le plains tout de même ; car il se retourne toutes les dix secondes sur la ruelle, pour, de sûr, voir revenir les deux méchants . Une idée qu' il a en tête ; qu' il se fabrique . Le pauvre jeune . A savoir ce qui l' attend ne m' en serait pas dupe . Et que je le plains . Le frelôt . Car il s' y croit déjà ; le cul dans une mélasse à l' Hercule Poirot . Et s' il compte batir grande fortune, je préfère le laisser dans ses idées . Ses illusions lointaines, qui vont le faire partir du Sud au Nord ; des plages magnifiques aux océans de neige, en passant par la grande muraille et la cordillère des Andes .
Vu je l' ai attrapé lui, et non pas un autre ; je ne le perds pas de vue . Des yeux . La vision intime et troublante qu' est mon jeu en ce moment ... Une bonne minute passe sans que rien ne bouge . Lui en profite pour se remémorer les phrases qu' il devra débiter ; sans accroc ; afin de ne pas se faire repérer . Une démystification prescrite pour sa personne ; à son jour de gloire ; qui est peut - être aujourd' hui . Et que je le vois déjà dans mon songe ; le julôt ; à se ramener dans mon office en m' affirmant qu' il a vu la fille ; qu' elle est directement tombée amoureuse de lui ; pour trouver mille excuses, afin de la prendre avec lui . De la vendre à son plus beau sentiment . Qu' une rose ; qu' une bague ; et qu' un mariage ; pour que je lui dise par la suite : " Bien joué mon brave ! Mais ce n' est pas le tout . On n' a pas le temps de traînasser . Et on a même beaucoup de pain sur la planche . Car, durant ton absence, une bande de méchants garçons ont pillé vingt missiles atomiques dans un sous - marin français pendant que l' équipage roupillait . Et devine qui, le ministère de l' intérieur, a mit sur coup ? Ben toi . Et sans attendre . Parce que je ne te dis pas, mais du côté de Matignon ça grouille de partout . Pour les militaires, c' est déjà la guerre . Et la troisième ! ... Pour l' instant, la presse n' est pas au courant ; le secret doit rester total . Et pour aller plus vite, je t' ai déjà réservé une place dans l' avion en partance pour Acapulco, qui part dans une heure ; ce qui te donne le temps d' aller ramasser tes affaires et prendre ton nouveau coéquipier au passage . "
Et qui ça va être mon nouveau coéquipier ? Qu' il va me répondre ... Mais ce n' est pas le cas pour l' instant, car il s' est retourné sur la ruelle . Le souffle court . La patience du non-être . De l' intégrité ... Il médite encore ; quelques secondes . Puis, le moment tant attendu arrive . Les deux hommes reviennent de la ruelle en tendant la même démarche qu' ils ont offerte à ma personne . Le gros est grincheux . Sourd de l' oreille . La tête dans le sac . Et pour l' autre, c' est déjà Noël . Les vacances à Morzine ; qui le prétend d' un oeil heureux, d' avoir trouvé un beau canard . Une argenterie du seizième . A s' en mettre plein la tête .
Les deux marchent une vingtaine de mètres et arrivent à son niveau . Ils s' arrêtent . Le racoleur de rue prend ensuite la parole pendant que mon brave le regarde, les yeux écarquillés ; le challenge du brave contre le truand ... Dans sa mine, il lui fait discours pendant quelques secondes . Il présente ensuite le Barbu ; qui lui n' affirme rien . Le suspens reste . Des blablablas inaudibles . Incompréhensibles . Qui durent encore ... Et soudainement, le narrateur s' arrête . Il tend le bras contre la ruelle . Fluide ; comme le pape quand il salut la foule . Les deux autres se regardent alors . Le temps d' un baiser . Les doux yeux de ma future femme . Ce qui arrime ; pour qu' enfin, le gros en dise une . De courte durée . Pour se taire ensuite, se décaler et repartir d' où il est venu . Et dans un reproche tendancieux ; capricieux ; car le petit jeune se met alors à le suivre, en s' excusant presque auprès du voleur, afin qu' il le laisse passer .
La discussion coupée court . Le partage se fait alors . L' un reste, pendant que les deux autres se retirent . Qu' un bon voyant, car il les regarde s' en aller de bon droit . Le coin de l' oeil de l' homme de rue . Et joufflu, car le petit n' en dit pas plus et suit la barbe ; qui lui s' avance contre la ruelle sans la moindre idée . Sans le moindre sentiment . Qu' autant profond qu' il soit ... Le pied d' esclandre qui sent la morgue, car les deux s' enfoncent ; pour que quelques secondes après, leurs corps disparaissent dans le noir total ; et pour qu' enfin, une minute de silence se relate ensuite, car plus rien ne bouge . Ni moi, ni l' autre ; comme pour s' en remettre d' une histoire qui n' a pas duré le temps qu' il fallait pour laisser le suspens latent, à l' honneur d' un beau et grand film d' aventure américain .

D' une rasade, je respire ensuite un bon coup . Dans un éternel pressentiment d' avoir réussi, pour une fois, quelque chose de valable . Et je me déplace alors un peu , pour me préciser contre la droiture de la ruelle . Afin d' en voir plus . Afin de vérifier que mes deux canailles ne se sont pas arrêtées en route . Un instant de surcroît aussi, mais que je ne me dénigre pas à ne pas perdre de vue l' homme restant ; qui lui se retire gentiment . Une enfilade ; faux - fouillante, car il ne se bouscule pas . Il ne pratique que quelques mètres pour se remettre à l' endroit qui lui fait tant d' orgueil . Et à dire, au coin du mur . Le dos collé . Et le pied gauche plié, tel le cow - boys .
Il se tire ensuite une cigarette . Le regard à l' affût d' autres clients . Il embourbe son briquet . Et pendant qu' il se l' allume, un homme vient à lui pour lui demander du feu . Un gros bonnet . Un paletot . Un cigarillo . Une merveille de la nature aussi ; parce que je me dis soudainement, mais c' est bien lui ! Mon être ! Mon génie ! Qu' à tout observer . Tout analyser . Comme moi ... et sans que je ne l' aperçoive . Tel le mystère des Oracles . Des jardins suspendus . De la rupture avec la société . Et qui m' envenime alors ; de le voir ici ; par ce beau temps . Dans les combles de l' apocalypse . Au fin fond du Québec . Là où le blé ne pousse pas . Mais qui transgresse le mérite ; pour ce brave, qu' a finalement, tout compris au mystère de l' espionnage contemporain . Aux filatures de l' an deux mille . Et au coup de coeur qu' il m' envoie ; pour moi, qui ne me suis pas trompé sur sa personne . Et sur son honneur . Pour sûr ; son honneur ...

# Posté le vendredi 20 janvier 2006 13:26